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Cuivre et brebis : quel risque d’intoxication ?

Le cuivre reste un des principaux traitements de la vigne et un des rares homologués en agriculture biologique. Attention à l’exposition des brebis à cet élément, qui s’avère très toxique une fois les seuils de tolérance dépassés.

<em class="placeholder">Ovins pâturant dans les vignes</em>
Les échanges réguliers entre éleveur et vigneron permettent de connaître les dates de traitement des vignes et éviter ainsi d'éventuelles contaminations des brebis par le cuivre.
© J.-B. Roubinet

En agriculture biologique, le cuivre est une des seules substances homologuées et efficaces pour lutter contre le mildiou en viticulture. Le cuivre est essentiel à la santé des brebis, il constitue un élément important pour l’intégrité du système nerveux, le bon fonctionnement du système immunitaire et la synthèse de la laine. Il faut donc s’assurer que l’alimentation des brebis en fournisse suffisamment mais pas en excès.

Bien que les cas d’intoxication au cuivre relatés dans les troupeaux soient peu fréquents, les ovins sont particulièrement sensibles à l’excès de cet élément chimique et la prudence reste de mise. Leur organisme absorbe le cuivre en fonction de la quantité offerte dans l’alimentation et non en fonction des besoins du corps comme c’est le cas pour d’autres minéraux.

Ainsi, le cuivre ingéré en excès est stocké dans le foie et au fil des années, cette accumulation peut atteindre des seuils toxiques. À la suite d’un stress ou d’un dommage au foie, le cuivre excédentaire peut être libéré dans la circulation sanguine. Ce phénomène entraîne généralement une crise hémolytique (destruction des globules rouges), qui aboutit généralement à la mort de l’animal en quelques jours.

Diagnostiquer une intoxication au cuivre

<em class="placeholder">Vignes</em>
Le cuivre est fréquemment utilisé en viticulture, il reste le seul traitement autorisé en bio pour lutter contre le mildiou mais s'avère toxique pour les ovins. © J.-B. Roubinet
La valeur d’ingestion minimale de cuivre est de l’ordre de 5 milligrammes par kilo de matière sèche, seuil en dessous duquel des problématiques de déficience en cuivre peuvent se produire. Concernant la limite haute, il est question de 15 à 21 milligrammes par kilo de matière sèche. Ces chiffres dépendent de la durée d’exposition et des taux de molybdène, soufre et zinc ingérés au même moment. En effet, ces minéraux sont antagonistes vis-à-vis de l’assimilation du cuivre et peuvent aider à détoxifier les animaux. La sensibilité à l’intoxication au cuivre est également variable d’un individu à l’autre et d’une race à une autre.

L’une des difficultés réside dans le fait que l’intoxication au cuivre se déroule sans symptôme clinique apparent. La crise hémolytique et la mortalité peuvent survenir plusieurs semaines après l’exposition. Cela limite la possibilité qu’une attention soutenue de la part des éleveurs puisse contribuer à la prévention, et diminue également les diagnostics de l’intoxication puisque le lien n’est pas toujours fait. Le cas échéant, une autopsie et une analyse de foie et de reins ne laissent pas de doute.

Principales recommandations

Recourir raisonnablement aux traitements cupriques afin de limiter les apports et donc les risques d’intoxications. Ne pas appliquer de traitement cuprique à moins de quatre semaines de l’arrivée des brebis dans les parcelles. Réaliser des analyses de fourrages et de sol permet d’avoir une idée des doses de cuivre présentes dans l’environnement des brebis, ainsi que celles de molybdène et de soufre, qui limitent ou accentuent le risque. Communiquer entre vigneron et éleveur au sujet des traitements afin d’adapter le circuit de pâturage le cas échéant.

Un troupeau bio dans des vignes bio

L’alimentation d’un cheptel en bio doit être en bio. Dans le cas d’une transhumance uniquement, les animaux peuvent paître sur des terres non biologiques lorsqu’ils sont menés à pied d’une zone de pâturage à une autre. L’aliment non bio consommé, sous forme d’herbe et d’autres végétaux que broutent les animaux, ne peut excéder 10 % de la ration alimentaire annuelle totale (en équivalent matière sèche), et la période ne peut excéder trente-cinq jours couvrant le trajet aller-retour.

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