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Comment les coopératives peuvent-elles produire 500 000 agneaux de plus ?

Pour répondre à la demande du marché et renforcer la souveraineté alimentaire française, les coopératives ovines visent 500 000 agneaux supplémentaires d’ici 2035. Pour François Monge, éleveur dans la Drôme et président de la section ovine de La Coopération agricole depuis 2006, cet objectif passera avant tout par un accompagnement technique renforcé des éleveurs, le renouvellement des générations et une anticipation des problèmes sanitaires.

« Dans la lignée des conférences de la souveraineté alimentaire, les coopératives ovines se sont donné l’ambition de produire 500 000 agneaux de plus d’ici 2035. Nous ne pourrons atteindre cet objectif qu’en renforçant l’accompagnement technique. Les coopératives ont un rôle central parce qu’elles sont au plus près du terrain et des producteurs. Dans ma coopérative, comme dans beaucoup d’autres, nous accompagnons les éleveurs sur la génétique, l’alimentation, la reproduction, le sanitaire, le suivi technique des troupeaux et l’amélioration des performances. On sait qu’il existe encore des marges de progrès importantes sur la productivité : gagner quelques points sur la fertilité, réduire la mortalité des agneaux, augmenter le nombre d’agneaux produits par brebis, tout cela permet rapidement de retrouver du volume sans forcément augmenter énormément la taille des troupeaux. Les coopératives investissent déjà dans des outils très concrets, comme les échographies, les suivis techniques renforcés ou l’accompagnement des jeunes installés. Les techniciens apportent un regard extérieur qui permet aux éleveurs de se comparer entre eux et de s’améliorer. Cette mobilisation collective s’est récemment structurée autour d’une Charte d’engagement des coopératives ovines, officialisée lors du Salon de l’agriculture 2026. Cette charte a déjà été signée par la moitié des coopératives ovines françaises. Pour amplifier cette dynamique, un soutien des pouvoirs publics est indispensable.

Anticiper les plans de lutte

À mon sens, la prochaine PAC [politique agricole commune] devra garder des critères de productivité : ceux qui produisent plus d’agneaux doivent recevoir davantage d’aides couplées. L’enjeu, c’est aussi le renouvellement des générations, parce qu’on a besoin de jeunes qui aient envie de s’installer et qui aient confiance dans l’avenir de la filière. Le collectif est important pour ça : quand un éleveur rejoint une coopérative, il sait qu’il ne sera pas seul, qu’il aura un appui technique, économique et commercial.

Aujourd’hui, les prix sont plutôt favorables et il y a une vraie demande du marché pour des agneaux de qualité, à Pâques mais aussi tout au long de l’année. Pour y parvenir, les éleveurs ont besoin de visibilité et de stabilité réglementaire. Nous demandons ainsi que toute évolution réglementaire soit précédée d’une étude d’impact complète. Enfin, la question sanitaire est cruciale et nous devons anticiper au maximum. Cela passe par l’élaboration en amont de plans de lutte pour chaque maladie et la constitution de banques d’antigènes afin de disposer rapidement de vaccins le cas échéant. »

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