Comment l’élevage ovin allaitant a-t-il évolué sur huit ans ?
Le dispositif Inosys – Réseaux d’élevage a publié un rapport synthétisant huit années de suivi technico-économique d’une centaine d’élevages ovins allaitants. Une analyse qui met en lumière les principales évolutions de ces exploitations entre 2016 et 2023.
Le dispositif Inosys – Réseaux d’élevage a publié un rapport synthétisant huit années de suivi technico-économique d’une centaine d’élevages ovins allaitants. Une analyse qui met en lumière les principales évolutions de ces exploitations entre 2016 et 2023.
Aléas climatiques à répétition, forte inflation, crises sanitaires, évolutions de la PAC… L'élevage a traversé une période particulièrement instable entre 2016 et 2023, tout en faisant face à des attentes sociétales croissantes. C’est dans ce contexte que le dispositif Inosys – Réseaux d’élevage a récemment publié une analyse de l’évolution des exploitations ovines allaitantes sur cette période.
Elle met en évidence une baisse du chargement moyen, un développement du salariat et une augmentation des surfaces de prairies permanentes. Entre 113 et 148 exploitations ont été suivies chaque année, recouvrant une diversité de systèmes : spécialisés, en polyculture-élevage, mixtes ovins-bovins... à noter que les systèmes spécialisés sont sur-représentés, les systèmes diversifiés étant plus complexes à analyser.
Un chargement en recul
Sur huit ans, l’effectif de brebis et la productivité numérique demeurent globalement stables. Cette dernière s’établit autour de 1,1 agneau par brebis, atteignant 1,45 dans les systèmes accélérés. Une stabilité apparente, car le nombre de troupeaux en diminution reste supérieur à celui des troupeaux en augmentation. Dans le même temps, le chargement recule, passant de 1,1 à 0,96 UGB par hectare de surface fourragère.
Lire aussi : Améliorer son autonomie alimentaire avec les cultures fourragères d’été
Une évolution à mettre en regard de l’augmentation de la SAU. « Cette tendance à la désintensification du système fourrager a été remarquée depuis quelques années au sein du dispositif Inosys », souligne l'étude. Le nombre d’exploitations présentant un chargement supérieur à 1,4 UGB a ainsi « drastiquement diminué ». En cause : la recherche accrue d’autonomie et de sécurité fourragère face aux aléas.
Un salariat en progression
La structuration juridique des exploitations évolue également. Les exploitations individuelles reculent au profit des formes sociétaires (Gaec et Earl). Le recours au bénévolat diminue, tandis que le salariat progresse nettement : 45 % des exploitations étudiées emploient des salariés en 2023, contre 28 % en 2016.
Lire aussi : Aveyron - « Nous avons investi pour travailler 35 heures par semaine dans notre élevage ovin »
Une augmentation qui pourrait être liée à l’embauche de bergers face à la prédation : « Dans les zones soumises au plan loup, très représentées dans notre échantillon, l’embauche de berger fait partie des moyens de protection financés pour assurer le gardiennage. » Au total, la main-d’œuvre augmente de près de 10 %, alors que la taille des troupeaux reste stable. « Une certaine diminution de la tension au travail semble se dessiner », avancent les auteurs de l'étude.
Davantage de prairies permanentes
La SAU moyenne des fermes suivies progresse de 6 %, mais là encore, les situations sont hétérogènes. Entre 2016 et 2023, la part des prairies permanentes dans les surfaces fourragères augmente continûment, passant de 50 à 60 %, au détriment des prairies temporaires. Une évolution largement liée au verdissement de la PAC, qui « a incité les éleveurs à ne plus retourner les prairies temporaires ». Plus d’une exploitation sur trois mobilise désormais des surfaces pastorales.
Lire aussi : "Nous dégageons deux salaires avec notre système transhumant et nos brebis romanes"
Dans les zones à fort potentiel agronomiques, les surfaces en grandes cultures ont reculé au profit des surfaces fourragères. Deux phénomènes sont à l’œuvre : d’une part, les exploitations s’agrandissent en maîtrisant des hectares supplémentaires de surface fourragère. D’autre part, la sole céréalière est convertie en prairies temporaires.
Pour aller plus loin : Trajectoire des structures d’exploitation des systèmes ovins viande - Analyse des données Inosys 2026-2023