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Partout en France, des prairies grillées par les vagues de chaleur

Après un mois de juin exceptionnellement sec et chaud, la pousse de l’herbe est à l’arrêt dans quasiment toute la France métropolitaine. Une note agro-climatique publiée sur le RMT Horizons Prairies fait le point sur la situation et les mesures d’adaptation mises en œuvre sur le territoire.

Prairie avec une herbe jaunie à cause de la canicule.
L'arrêt précoce de la pousse de l'herbe et la faiblesse des rendements fourragers font craindre des bilans fourragers déficitaires pour la campagne 2026.
© L. Sagot

Le mois de juin 2026 a été un mois de tous les records. C’était le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,8°C aux normales saisonnières. C’était aussi le sixième mois de juin le plus sec, avec un déficit de précipitations atteignant environ 50% à l’échelle de la France. Mi-juillet, près de 80% du territoire est concerné par les restrictions d’usage de l’eau.

Conséquences du changement climatique, les épisodes de forte chaleur sont de plus en plus fréquents et précoces, avec des températures toujours plus élevées, et continueront de l'être à l'avenir. Ces circonstances exceptionnelles ont mis à mal les prairies sur l’ensemble du territoire français en ce début d’été.

 

La pousse de l’herbe est à l’arrêt quasiment partout

Dans une note agro-climatique publiée le 15 juillet, le Réseau mixte technologique (RMT) Horizons Prairies indique que « les surfaces fourragères ont fortement souffert » de ce mois de juin hors normes, « la pousse de l’herbe étant désormais à l’arrêt sur la quasi-totalité du territoire et la plupart des prairies étant totalement grillées ». 

S’appuyant sur un réseau de conseillers, le RMT a compilé des témoignages de toute la France métropolitaine. En Saône-et-Loire, par exemple, « la pousse est quasiment nulle depuis le 10 juin. Le pic de croissance, habituellement attendu entre fin avril et mi-mai, n’a jamais eu lieu ». Dans les pays de la Loire, l’herbe a cessé de pousser avec un mois d’avance. Plus en altitude, l’herbe est davantage épargnée, mais la période d’estivage risque tout de même d’être écourtée. En Occitanie, en zone de montagne, « l’herbe sur pied sèche toutefois rapidement ». En conséquence, « les descentes d’estives risquent d’être précoces cette année, certains éleveurs commencent à les prévoir vers la fin août, peut-être avant selon l’évolution de la situation ».

Lire aussi : Sécheresse 2026 : 56 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Le constat est généralisé : les récoltes de foin ont été exceptionnellement précoces, et les pertes de rendements fourragers vont globalement de 20 à 50%. Les 2e et 3e coupes de fourrages ont été décevantes. Dans ce contexte, les luzernes semblent mieux résister, ainsi que les cultures fourragères estivales, telles que le sorgho, le moha-trèfle et le millet.  

 

Anticiper dès maintenant le déficit fourrager

La priorité est à présent de préserver au maximum les couverts herbacés pour leur permettre de repartir à l’automne. Augmenter les surfaces pâturées pour diminuer la pression de pâturage est une bonne idée, mais ce n'est pas toujours possible ni suffisant. 

  • Tenter le bale grazing

De nombreux éleveurs affouragent désormais avec un râtelier sur une parcelle parking. Mais il est aussi possible de pratiquer la technique du bale grazing. Peu pratiquée en France, cette technique consiste à affourager les animaux directement au pré, avec une rotation rapide entre parcelles, pour éviter d’épuiser la prairie.

  • Miser sur les dérobées estivales

Le RMT Horizons Prairies recommande d’anticiper dès maintenant le manque de fourrage en misant sur les cultures dérobées estivales. « Le retour des pluies pourrait ouvrir une fenêtre de semis pour les dérobées estivales. » Il est rappelé qu’il faut au minimum 20-30 mm de précipitations initiales pour faire lever les dérobées. Sorgho, avoines, moha, ray-grass d’Italie, colza, trèfles et vesces peuvent ainsi être semées. 

Lire aussi : Améliorer son autonomie alimentaire avec les cultures fourragères d’été 

  • Anticiper les semis de prairies en automne

Il est aussi conseillé de planifier des semis d’automne sur les prairies qui ne parviendront pas à repartir correctement. Le guide d’implantation des prairies de l’Association francophone pour les prairies et fourrages propose des espèces pré-ciblées en fonction du contexte pédoclimatique et de l’usage de la parcelle.

Lire aussi : "Face aux sécheresses, raisonner pour des prairies multi-espèces productives et résilientes"

Attention à l'agrostis

L'Observatoire régional de la croissance de l'herbe en Normandie alerte sur l'implantation de l'agrostis : « l’agrostis, une graminée aux propriétés antigerminatives, peut profiter de la mortalité des autres graminées d’intérêt pour se développer grâce à ses stolons ». En l'absence de pluie, il est recommandé de faire un passage de herse étrille pour limiter sa propagation.

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