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« Mon travail ? Des mini-Ovinpiades au quotidien avec les éleveurs ! »

Actrice dynamique de la filière ovine, Claire Genette, 21 ans, est salariée du Groupement de producteurs d’agneaux de plein air du Centre depuis deux ans. Elle nous expose son parcours inspirant et l’intérêt des Ovinpiades dans son travail.

Une conseillère fait l'examen d'une brebis.
L'examen d'un animal point par point est un indispensable et servira de base de discussions avec les éleveurs.
© CFPPA Charolles

Dans l’Allier, Claire Genette, salariée d’un groupement de producteurs depuis la fin de son apprentissage dans la structure, nous accueille avec fierté. Originaire du département, Claire s’est formée ici, à Neuvy, non loin de Moulins. Non issue du milieu agricole, elle décroche un baccalauréat de sciences et technologies de l’agronomie et du vivant, puis un BTS en analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole. Pour parfaire sa formation technique, elle se spécialise dans le mouton en intégrant le Certificat de spécialisation ovin viande (CSO) au centre de formation agricole de Charolles en Saône-et-Loire. Pour développer ses compétences, elle décide alors de réaliser son apprentissage au sein du Groupement de producteurs d’agneaux de plein air du Centre (Gapac). C’est un groupement d’éleveurs créé il y a plus de cinquante ans, reconnu dans l’Allier et la Nièvre. Claire et son collègue Antoine assurent le suivi des agneaux de boucherie chez les éleveurs adhérents, du conseil à la commercialisation.

Une technicienne conseille un éleveur ovin dans une bergerie.

Claire Genette apporte des conseils techniques à chaque visite chez ses adhérents. Ici, chez Mathieu Olivier, éleveur sélectionneur au Gapac. ©CFPPA Charolles 

 Si on lui demande ce qui l’a amenée là, sa réponse est claire : « Les Ovinpiades ! ».

Les Ovinpiades, une tradition depuis plus de vingt ans

Les « Ovinpiades des jeunes bergers » sont une compétition conviviale entre élèves d’établissements agricoles âgés de 16 à 24 ans. L’objectif est d’évaluer les compétences des participants aux divers aspects de la technique ovine : exercices de manipulation et de soin, quizz, tests sur les connaissances génétiques et sanitaires… Depuis vingt ans, cette compétition rassemble chaque année plus de 800 élèves, d’abord au sein de finales régionales puis lors d’une finale nationale à Paris, lors du Salon international de l’agriculture. En plus de cela, une épreuve collective aux sujets aléatoires départage chaque année les classes des établissements agricoles y participant. 

Lire aussi : "Les Ovinpiades m’ont donné la passion de la génétique ovine"

Depuis sa participation en classe de terminale, et la découverte de cette compétition, Claire ne s’arrêtera plus. Pour sa quatrième participation l’année de son CSO, c’est la consécration : elle termine 2e aux régionales et meilleure bergère de Bourgogne ! Elle se qualifie ainsi pour la finale nationale où elle finit 12e du classement général, et 4e meilleure bergère de France. Cette même année, avec sa promo du CSO, elle se place également au 2e rang national pour la participation aux épreuves collectives.

De la compétition à l’engagement professionnel

Hormis la fierté et la confiance procurées par ce titre, Claire est lucide sur ce que lui ont apporté ses multiples participations aux Ovinpiades : un réseau professionnel, des connaissances techniques et une découverte de la filière et de ses acteurs. Du point de vue strictement professionnel, Claire nous l’assure : « Mon travail, c’est des mini-Ovinpiades au quotidien avec les éleveurs. » Elle considère avoir fait de l’expérience des Ovinpiades son modèle de travail de tous les jours, qui la challenge en permanence pour atteindre sa vision de perfection. 

Lire aussi : "Je travaille comme technico-commerciale avant de m’installer en élevage ovin"

L’émulation produite pendant la compétition entre les participants au niveau national perdure. « Cela a créé chez moi une envie plus forte de faire vivre la filière, et de m’engager plus encore pour partager avec d’autres jeunes ce que m’ont apporté ces Ovinpiades », nous confesse Claire. Chose faite en partie, puisque Claire était jury cette année 2024 pour les qualifications régionales, et semble bien partie pour continuer à faire vivre et transmettre sa passion du mouton ! Quand on lui parle de l’avenir, Claire nous révèle son envie de faire carrière au sein du Gapac mais le doux rêve d’une installation est une idée qu’elle rumine régulièrement. Dans un avenir plus proche, une double activité permettrait de concilier projet, travail et passion.

Femme, jeune et légitime parmi les hommes

Claire a trouvé sa place au sein du Gapac même si cela n’a pas été aussi facile qu’on peut le croire au vu de son jeune âge et de son statut de femme dans le milieu agricole. « J’ai l’âge d’être la fille de certains éleveurs, ça a compliqué la tâche par moments pour faire entendre mes conseils de technicienne », se confie Claire. Son ancien statut d’apprentie aurait pu rendre son intégration encore plus difficile. « J’étais la stagiaire », affirme-t-elle. Malgré ces difficultés, le conseil d’administration l’a toujours soutenue tant pour son changement de statut apprentie/salariée, que pour son jeune âge ou sa légitimité en tant que femme dans ce monde majoritairement masculin. Mais rigoureuse et déterminée, elle a acquis une crédibilité pour une grande partie de ses adhérents depuis son embauche. Elle a de quoi être fière car elle possède déjà un joli début de parcours à l’âge de 21 ans.

Rédaction Réussir

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