Aller au contenu principal

Recours aux prestations de services en agriculture : quelles sont les précautions à prendre ?

Avant de signer un contrat de prestation de services, il faut s’assurer de conclure un véritable contrat de sous-traitance et vérifier un certain nombre d’éléments auprès de l’administration et auprès de la société co-contractante.

Taille d'un pommier. Photo d'archives
© Réussir SA

Qu’est-ce que la prestation de services ?

En agriculture, la prestation de service consiste à déléguer tout ou partie des travaux d’une exploitation à une entreprise spécialisée. Le prestataire de services est un professionnel indépendant, qui signe avec l’agriculteur un contrat de prestations de service à la carte. Il doit une garantie de résultat et des prestations assurées. Le recours à un prestataire de services exonère des démarches administratives d’embauche et de surveillance de main-d’œuvre mais n’exonère pas de certaines responsabilités d’employeurs.

Que doit prévoir le contrat ?

La signature d’un contrat de prestation de services est très importante car elle permet d’établir clairement les obligations de chacun et les conditions de la prestation. Celle-ci comporte des tâches spécifiques et bien définies qui impliquent un apport de savoir-faire, d’équipements et de personnel. La rémunération du prestataire de services doit être fixée en fonction de l’importance des travaux et non pas des heures de travail. S’il emploie lui-même du personnel, c’est à lui d’encadrer et d’avoir autorité sur ses ouvriers. A défaut, il pourrait être considéré comme le véritable employeur de la main-d’œuvre et voir sa responsabilité engagée sur le plan civil et pénal, notamment pour travail dissimulé.

Quoi vérifier obligatoirement avant de signer ?

Il est nécessaire de demander au prestataire, pour tout contrat de 5 000 € HT ou plus au moment de la signature, puis tous les six mois jusqu’à la fin de son exécution :

- le document certifiant son inscription au registre du commerce et des sociétés ou à un autre registre professionnel lorsque celle-ci est obligatoire,

- les attestations de déclarations et de paiement des cotisations sociales auprès de la MSA ou de l’Urssaf, selon le régime auquel est affilié le prestataire,

- un document attestant la régularité de son intervention,

- une attestation sur l’honneur stipulant que les salariés seront employés régulièrement avec les copies des déclarations préalables à l’embauche (DPAE).

A noter que l’obligation de vigilance s’applique cependant à tous les contrats quels que soient leurs montants.

Quelles sont les autres obligations ?

Les conditions d’hygiène, de logement et de sécurité relèvent de la responsabilité de l’agriculteur-employeur et les obligations sont les mêmes que pour les propres salariés.

Les services de la « DREETS », qui regroupent différents services administratifs, peuvent aider dans toutes ces démarches.

Source : MSA

Repères

Prestation de services avec des étrangers

Si le prestataire intervient avec des salariés étrangers, il doit alors fournir une attestation sur l’honneur, certifiant notamment que le travail sera réalisé avec des salariés titulaires de titres les autorisant à travailler en France ainsi que la liste nominative de ses salariés.

S’il y a recours à un prestataire établi à l’étranger, celui-ci doit faire une déclaration de détachement temporaire des salariés qu’il fait travailler en France, auprès de l’inspection du travail du lieu d’exécution de la prestation, avant le début de celle-ci. Il a alors l’obligation, pendant la durée de la prestation, de respecter les règles nationales (durée de travail, repos, congés, rémunération…).

S’il y a recours à une société d’intérim installée à l’étranger, outre les vérifications obligatoires précitées, les entreprises intérimaires étrangères sont dispensées de l’obligation de détenir un numéro de TVA car c’est le donneur d’ordre, donc l’agriculteur-employeur est redevable de la TVA. Elles doivent disposer d’une garantie financière auprès d’un organisme financier couvrant en cas de défaillance de leur part le paiement des salaires, indemnités et cotisations liés à l’emploi de salariés. A défaut, l’agriculteur pourrait être tenu au paiement de ces sommes. Il est conseillé de demander une attestation en cours de validité.

Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">Verger agrivoltaïque expérimental en pêches et abricots de la Sefra.</em>
Drôme : après la liquidation de la station expérimentale en fruits, la Sefra, quelles suites pour l’expérimentation ?

La station expérimentale fruits Rhône-Alpes (Sefra) a stoppé son activité début juillet. Une nouvelle structure est en…

Producteur de myrtilles et ingénieur de l'INRAE préparent  préparent un lâcher de Ganapsis kimorum pour lutter contre Drosophila suzukii à Saint-Julien-du-Gua en Ardèche.
Ardèche : lutte biologique contre Drosophila Suzukii sur myrtilles sauvages

En Ardèche, début juillet, un lâcher de Ganapsis kimorum, ennemi naturel de Drosophila suzukii, a eu lieu sur myrtilliers.…

<em class="placeholder">Des branches d&#039;un noisetier, verger de noisettes. </em>
Noisette et acétamipride : le « choc » de la filière après la censure partielle de la loi Duplomb

Plus que jamais politisé et médiatisé, le débat estival sur l’acétamipride a laissé la filière noisette dans une profonde…

<em class="placeholder">Des kiwis verts dans un verger Zespri en France. </em>
Kiwi vert : une allégation santé autorisée par l’Union européenne

L’UE a solennellement reconnu, fin juillet, que le kiwi vert augmente « la fréquence des selles », grâce à un…

<em class="placeholder">Tomasz Spizewski, vice-président de l&#039;Association polonaise des producteurs d&#039;asperges, également chercheur à l&#039;Université des sciences de la vie de Poznań.</em>
L’asperge passe du blanc au vert en Pologne

Que ce soit au niveau de la production ou de la consommation d’asperges, les Polonais délaissent de plus en plus les asperges…

<em class="placeholder">Verger de pommes rouges sur un rang et verte sur l&#039;autre.</em>
Pommes et poires : quelles prévisions de récoltes 2025 en Europe ?

Prognosfruit, qui s’est déroulé début août à Angers, a dévoilé des prévisions 2025 de production de pommes et poires…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes