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Le vrai du faux sur la gestion des parasites en élevage de chèvres

Il existe des bonnes pratiques et d’autres à éviter pour une gestion durable des strongyloses gastro-intestinales chez les caprins. Retours d’enquêtes qualitatives auprès d’éleveurs, vétérinaires et conseillers dans le cadre du projet Eco-Agir.

Le projet Eco-Agir, porté par l’Institut de l’élevage, vise à faciliter le déploiement de la gestion durable des strongyloses gastro-intestinales chez les petits ruminants. Dans ce cadre, des enquêtes qualitatives individuelles ou collectives (sous la forme de groupes de discussion) ont été menées en 2024 et 2025 sur l’ensemble du territoire national pour recueillir les pratiques actuelles et comprendre les attentes et besoins des éleveurs, vétérinaires et conseillers caprins.

1 - Des mesures de gestion durable des strongles gastro-intestinaux

Dans les groupes de discussion, les paroles des éleveurs caprins témoignent de leur prise de conscience de la montée des résistances aux antiparasitaires. « La résistance peut nuire au maintien de ma production », assure un éleveur de chèvres. « Mes antiparasitaires marchent moins bien qu’avant », confirme un autre. L’alternance des antiparasitaires est difficile car il y a peu de molécules autorisées, a fortiori en lactation. Néanmoins, les éleveurs cherchent à limiter le nombre de traitements, en tenant compte de l’état corporel et sanitaire, voire des résultats d’analyses, même si les analyses coprologiques sont peu fréquentes en raison de multiples freins (coûts, difficultés d’interprétation…). Ils axent majoritairement la prévention des strongyloses gastro-intestinales sur une meilleure gestion du pâturage : pâturage tournant (« La rotation rompt le cycle biologique du parasite »), allongement du temps de retour sur la pâture, limitation du surpâturage, mélange avec des espèces non réceptives (chevaux, bovins…), valorisation des ressources arbustives… Les éleveurs caprins enquêtés recourent à la fauche, voire au labour pour assainir les prés. Si les jeunes animaux pâturent, ils ne passent pas après les adultes et sont en général mis « sur des prés sains ».

2 - Trois fausses bonnes idées pour lutter contre les parasites

L’antiparasitaire miracle n’existera pas

Plusieurs éleveurs aimeraient que de nouvelles molécules soient mises à disposition pour « résoudre le problème ». Or, le parasite s’adapte. Dans les quatre à dix ans suivant la mise sur le marché d’une nouvelle molécule antiparasitaire, l’émergence de strongles résistants est systématiquement observée.

Traiter et mettre immédiatement les animaux sur une parcelle saine diffuse les parasites résistants

Parmi les pratiques citées, mettre directement des animaux tout juste traités sur un pré sain est en fait une pratique à risque. Les parasites restants dans l’animal après le traitement sont en général résistants. Donc, les animaux vont contaminer la parcelle saine uniquement avec des œufs issus de ces parasites résistants.

Des mesures de lutte au pâturage dépendant des parasites présents

Au pâturage, certaines pratiques citées ne sont pas efficaces sur les strongles gastro-intestinaux, mais sur d’autres parasites. Le drainage des zones humides, quand celui-ci est autorisé, est intéressant pour limiter les infestations par la grande douve ou les paramphistomes. Le chaulage des parcelles, voire le passage de herse étrille pour éliminer les mousses, a un intérêt dans la lutte contre le ténia car ce parasite a un hôte intermédiaire, l’oribate, un acarien qui apprécie les milieux humides et acides.

3 – Une prise de conscience et des changements de pratiques

La collecte de la parole des éleveurs témoigne de leur connaissance de la problématique et de la nécessité de gérer les strongyloses différemment. Forts de cette prise de conscience, les pratiques durables se développent : gestion différente du pâturage, utilisation raisonnée des traitements et recours aux analyses sont en marche. Les actions de communication et de formation prévues dans le projet Eco-Agir permettront de diffuser les bonnes pratiques et de contrecarrer les idées fausses.

 

Attentes et besoins des éleveurs, vétérinaires et conseillers

Une attente majeure du terrain est résumée dans cette parole d’éleveur : « Il faut qu’on arrive à avoir un discours qui soit le même entre les différentes structures techniques (conseillers, vétérinaires). » Une fois cette première étape franchie, les éleveurs, mais aussi les vétérinaires et conseillers enquêtés, souhaitent disposer d’un guide de synthèse sur les différents axes de la gestion durable des strongles gastro-intestinaux. Ils attendent également différents types de support (fiches, podcasts…) et « quelque chose de plus interactif avec des jeux ou des vidéos, tout en gardant un lien avec les pratiques des éleveurs ». Les vétérinaires et conseillers aimeraient aussi disposer d’« une méthodologie pour convaincre les éleveurs » afin d’améliorer l’impact et la mise en œuvre de leurs conseils dans les élevages.

La mise à disposition d’un discours technique, harmonisé et consensuel, mais aussi adapté aux spécificités des filières, tout comme la centralisation des principales ressources sur les strongles sous différents formats pédagogiques, fait partie des objectifs majeurs du projet Eco-Agir qui dispose d’un mini-site web sur idele.fr/eco-agir/.

Lire aussi : Pour une gestion durable des strongles en élevage caprin

Rédaction Réussir

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