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Bananes : le soutien européen à l’agriculture ultramarine a-t-il vraiment porté ses fruits ?

Dans un rapport, la Commission européenne explique comment les programme de soutien aux agricultures européennes ultramarines ont permis le maintien de la production de bananes européennes. Avec même de meilleurs prix aux producteurs, mais pas pour tous.

En 2021, le marché européen de la banane a atteint 5,8 Mt et représenté une valeur de 3,6Md€.
© Pixabay

Le 29 août, la Commission européenne a publié un rapport sur la situation du marché européen des bananes et des producteurs de bananes de l'UE. Il intervient alors que  le mécanisme de stabilisation de la banane, concernant les importations en provenance des pays d'Amérique latine a expiré le 31 décembre 2019.

Un marché en progression forte depuis dix ans

L'Union européenne est le marché de la banane le plus important au monde. Entre 2012 à 2021, le marché total (importations et production nationale) a progressé de 37 %. En termes de valeur, le marché était estimé en 2021 à 3,6 Md€, soit 35 % de plus qu’en 2012 (2,7 Md€). L’offre a atteint 5,8 Mt en 2021.

La production de l'UE représentait environ 11 %. Les importations se répartissaient entre Amérique latine (74 %) et pays ACP (15 %). Selon la commission, le POSEI (régime de mesures spécifiques pour l'agriculture en faveur des régions ultrapériphériques de l'Union), qui concernent la France, l’Espagne et le Portugal - tous producteurs de bananes -  et les programmes de développement rural (PDR) ont soutenu les producteurs dans les régions ultrapériphériques dans un contexte de plus fortes importations des pays tiers.

 

De fortes variations de prix selon l’origine

Le rapport souligne l'évolution positive des prix pour les producteurs européens au cours des quatre dernières années par rapport aux bananes importées (en particulier d'Amérique latine). Il distingue ainsi trois groupes de prix d’importation des bananes vertes :

•             Les bananes cultivées dans l’UE affichent le prix le plus haut, principalement du fait des prix élevés de l’Espagne et du Portugal, oscillant entre 0,9 €/kg et 1,2 €/kg ces quatre dernières années. Le prix des bananes françaises était bien plus bas, variant entre 0,5 €/kg et 0,6 €/kg.

•             Le prix des bananes ACP a aussi augmenté, en considérant bien qu’il existe quelques différences entre pays d’origine. En moyenne, les prix sont passés de 0,66 €/kg en 2012 à 0,75 €/kg en 2021, avec quelques pics intermédiaires.

•             Le prix des bananes d’Amérique latine est clairement resté inférieur, avec une tendance générale à la baisse, descendant jusqu’à 0,57 €/kg en 2021.

POSEI : 43% du budget à la filière banane

« Cela a permis aux producteurs de l'UE de conserver une part de marché relativement stable en termes de valeur pendant la majeure partie de cette période. Au sein de l'Union, la stratégie de commercialisation et une utilisation efficace des ressources du POSEI et des PDR semblent jouer un rôle important dans la compétitivité du secteur européen de la banane », se félicite ainsi la Commission européenne. Le montant disponible des programmes POSEI pour les trois États membres concernés est de 653 M€ par an, dont 43 % vont au secteur de la banane.

 

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