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« Le bien-être doit être rentable pour l’éleveur de porc »

Leon Trentmann, éleveur de porcs naisseur-engraisseur en Allemagne, s’est engagé dans la démarche ITW. Une subvention a quasiment couvert toutes les dépenses.

Leon Trentmann. «Les enregistrements demandés par ITW me demandent quatre heures de plus chaque semaine.»
Leon Trentmann. «Les enregistrements demandés par ITW me demandent quatre heures de plus chaque semaine.»
© Léon Trentmann

« La filière porcine allemande est en plein bouleversement. Des critères de bien-être animal pourraient rapidement devenir le standard de production », juge Leon Trentmann, naisseur-engraisseur avec 200 truies et 1 750 places d’engraissement à Surwold, dans le nord de la Basse-Saxe.

Son élevage est passé progressivement sous label ITW 2 en 2020-2021. « Mon bâtiment le plus récent date de 2000. Pour arriver à 1,5 % de ma surface au sol en lumière naturelle, j’ai encastré des panneaux translucides au toit et j’ai vitré des portes servant d’issues de secours.

J’ai installé un circuit de distribution de paille pour les truies. Il faut une cinquantaine de kilos sur trois semaines pour 180 truies présentes. En engraissement, j’ai transformé en râtelier des caddies dont j’ai scié les roues. J’en compte un pour deux cases », énumère Leon. L’éleveur a eu le nez creux pour obtenir une subvention qui n’a duré que quelques mois. Elle a presque entièrement couvert ses dépenses de quelque 15 000 euros hors main-d’œuvre.

Du confort de travail avec la lumière naturelle

Si les truies gestantes sont en permanence libres de leurs mouvements, elles restent bloquées pendant leurs 28 jours d’allaitement. « La maternité date de 1980 avec des cases d’environ 7 m². Les aménager aurait été trop compliqué », commente Leon. En engraissement, il n’a pas modifié la densité. « J’accordais déjà plus de place qu’en conventionnel parce que cela améliorait l’indice de consommation. Du coup mes performances techniques ne bougent pas. Le GMQ est de 590 grammes en post-sevrage et de 868 grammes en engraissement. Les animaux sont moins stressés, les problèmes sanitaires ont diminué. Mes collègues labellisés ITW sont d’accord avec moi. Il est aussi plus agréable pour l’éleveur de travailler avec la lumière naturelle. »

Le revers de la médaille, c’est que tous les enregistrements demandés par ITW le mobilisent quatre heures chaque semaine. Il faut leur ajouter « cinq minutes par ci, par-là ». À 26 ans, Leon n’est pas prêt de faire marche arrière. « ITW me garantit un débouché. Ma recette est plus élevée. Et j’espère que les éleveurs qui font des efforts pour le bien-être seront encore mieux payés. À l’avenir, il faudra peut-être proposer un accès à l’extérieur. Cela ne me fait pas peur du moment que c’est compensé et rentable. »

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