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Votre laiterie tient-elle compte des coûts de production dans le prix du lait ?

Votre contrat d’achat de lait fait-il mention des coûts de production pour établir le prix du lait ou pour négocier le prix ?

OUI. Je suis adhérent de l’OP Danone de Haute-Normandie. Déjà l’an dernier, notre formule de prix du lait tenait compte en partie des coûts de production (30 %), et cela nous a permis d’avoir un prix de base plus élevé de 20-25 € de plus par rapport à d’autres laiteries. Depuis janvier, 50 % du prix tient compte des coûts de production. Cela donne 305 € de prix A de base au 1er trimestre et 319 euros au 2e trimestre. Le but est de sécuriser notre prix, et d’éviter d’être complètement livrés au marché alors que nous avons des charges importantes. Mais le problème à mon avis, c’est qu’on n’est pas allé assez loin. Le "coût" retenu n’est pas la moyenne du groupe du centre de gestion, mais le quart le plus performant (320 euros/1 000 l). On aurait dû prendre la moyenne, plus proche de 350 euros, surtout que la main-d’œuvre familiale bénévole est à mon avis sous-évaluée. Les transformateurs peuvent payer mieux le lait. Ils font de très bons résultats. Pour assurer un avenir à toute la filière laitière, il faut que les producteurs puissent à la fois investir, rémunérer leurs salariés et bien vivre de leur métier.

PAS ENCORE. Au sein de Sunlait (1), il y a un groupe de travail sur une nouvelle formule de prix du lait qui va faire des propositions à Savencia d’indices de coûts de production à intégrer dans la formule de prix contractuelle. Actuellement, il n’y a aucune mention de coûts de production dans la clause sur le prix du lait. Par contre, dans la clause de rencontre et dans le dispositif jeune installé, il y a mention d’un indice coût alimentaire/prix du lait. Cela pourrait sans doute suffire pour être en conformité avec la Loi Sapin II. Mais la volonté de Sunlait est de faire évoluer la formule de prix, pour répondre à trois grandes demandes de nos adhérents : un prix plus rémunérateur, plus réactif par rapport aux marchés et en même temps moins volatil. Actuellement, la formule de prix protège les marges de l’entreprise. Nous défendons une formule qui permet de partager les risques et la valeur. Il y a trois indices possibles : Ipampa (indice de charges), Milc (indice de marge partielle), ou un indice "maison" de coût de production moyen comme l’ont fait les producteurs Danone.

(1) Association de douze OP Savencia.

NON. Pour l’heure, notre contrat cadre mentionne la grille Criel Nord Picardie et un complément de prix de 5,85 €/1 000 l pour les adhérents. Toutefois, il y a du dialogue entre notre OP et Novandie. En 2016, il y a eu un ajustement conjoncturel pour soutenir les producteurs. Pour 2017, nous avons trouvé un accord pour un prix minimum garanti de 310 € sur l’année, plus le complément de 5,85 €. En cas de forte variation des marchés, si la grille donne un prix au-dessus de 315 € ou en dessous de 305 €, il y aura un ajustement. À partir de cet été, il y aura des rencontres avec Novandie pour préparer un nouveau contrat. Nous discuterons donc de la prise en compte des coûts de production dans le prix du lait. Ça peut être quelque chose de bien, mais il faut choisir le bon indice, trouver la bonne formule, pour que tout le monde s’y retrouve. Il faut que le système soit réactif : si les marchés remontent, la formule doit permettre une remontée du prix. Et il faut que le mécanisme reste simple pour qu’il soit lisible par tous.

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