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Dans le Cantal, l’Aveyron et le Lot
Vingt-six producteurs lancent leur propre marque de lait

Suite à la dissolution d’un GIE de collecte, des producteurs ont décidé de se lancer dans la commercialisation en direct de lait UHT sous une marque régionale et la certification Bleu Blanc Coeur.

JEAN-PHILIPPE VAYRE
ET VINCENT RAMES,
DEUX DES
RESPONSABLES DE
CANTAVEYLOT. Le
packaging va être
revu afin de mettre
plus en avant les
producteurs.
Et, le lait sera
conditionné dans
une brique slim
(avec bouchon)
qui se démarquera
mieux des premiers
prix.
JEAN-PHILIPPE VAYRE
ET VINCENT RAMES,
DEUX DES
RESPONSABLES DE
CANTAVEYLOT. Le
packaging va être
revu afin de mettre
plus en avant les
producteurs.
Et, le lait sera
conditionné dans
une brique slim
(avec bouchon)
qui se démarquera
mieux des premiers
prix.
© B. Griffoul

Quand le GIE Sud Lait a été dissous en 2010, la plupart d’entre eux auraient pu être repris par un grand groupe laitier. Mais ces vingt-six producteurs du Lot, du Cantal et de l’Aveyron ont choisi de commercialiser eux-mêmes leurs 8,5 millions de litres de lait.

S’ils ont démarré sur le marché spot, aujourd’hui, la majeure partie de la production est contractualisée pour cinq ans avec le groupe italien Inalpi.

Mais leur véritable projet est ailleurs. En 2012, ils devraient embouteiller deux millions de litres de lait UHT sous leur propre marque « Vallée du Lot ». Elle est déjà référencée dans 160 points de vente du grand Sud-Ouest, via les plateformes de distribution de trois grandes enseignes (Intermarché, Leclerc, Géant Casino) et de deux distributeurs locaux. Et à partir du mois de juin, les briques de lait seront estampillées du logo « Bleu Blanc Coeur ».



« Notre objectif est d’embouteiller quatre millions de litres en 2014 », expliquent Jean-Philippe Vayre et Vincent Rames, vice-président et trésorier de Cantaveylot, la SAS créée pour porter le projet. Un important référencement dans un réseau de superettes parisiennes est en cours de finalisation.



Ces producteurs n’avaient tout de même pas froid aux yeux quand ils ont pris la décision de voler de leurs propres ailes, trois jours avant la cessation de collecte, sans savoir à qui ils allaient vendre le lait. Ils ont su s’entourer de personnes compétentes et trouver des appuis logistiques. Un consultant de l’industrie laitière leur consacre la quasi-totalité de son temps. Ils ont bénéficié aussi de l’aide d’un GIE de collecte du Cantal, le GIE Châtaigneraie, qui leur a loué un atelier de dépotage inutilisé et mis à disposition du personnel. Au départ, il assurait même la collecte.

Depuis, Cantaveylot s’est organisé pour ramasser le lait. Quant au conditionnement du lait UHT, il est assuré à façon par Terra Lacta dans son usine de Theix (Puy-de-Dôme). Le groupe effectue en outre la livraison vers les plateformes de distribution et le recouvrement des factures. Ses services marketing ont aidé les producteurs à concevoir le packaging.



La réussite de notre projet passera par les animations commerciales



Reste la commercialisation du lait UHT. Les producteurs ont fait jouer leurs relations pour entrer en contact avec la grande distribution et y sont allés « au culot ». Pour constater finalement que leur démarche d’un « lait paysan » suscitait beaucoup d’intérêt. Et qu’un prix de vente correct n’était pas un obstacle. Les briques de lait sont affichées en rayon entre 0,72 et 0,80 euro.

Tous les week-ends, deux binômes d’éleveurs assurent des animations commerciales dans les magasins. « La réussite de notre projet passera par les animations », sont persuadés Jean-Philippe Vayre et Vincent Rames.

 

 

Vidéo réalisée par les producteurs - sur You tube

 

Quant à la démarche Bleu Blanc Coeur, c’est pour eux un moyen de certifier leur lait et d’obtenir une reconnaissance hors de leur région. Elle devrait permettre de négocier une augmentation du prix de vente. Une grille incitative de paiement du lait est également à l’étude. « Nous payons le lait sur la base de la grille régionale sans aucun problème », précisent les deux responsables de Cantaveylot. « Il est trop tôt pour dire que l’affaire est gagnée. Nous nous donnons quatre à cinq ans pour réussir le projet », ajoutent-ils. Inalpi se prépare à entrer dans le capital de la SAS à hauteur de 25 %. Sans doute un signe de confiance.

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