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Vaut-il mieux viser 35 % que 32 % de matière sèche à la récolte ?

Plusieurs écoles se rencontrent sur le terrain. Mais les recommandations restent inchangées : récolter le maïs ensilage lorsqu’il avoisine 32-33 % de matière sèche plante entière.

Pour les zones où les récoltes se font plutôt en septembre, l’acquisition des 3 points par semaine peut aller très très vite. En octobre, beaucoup moins.
© S. Leitenberger

À la récolte du maïs ensilage, certains producteurs visent davantage 35 % de matière sèche que 32 %. Ils mettent en avant le fait que plus l’ensilage est sec, plus sa valeur d’encombrement est faible, et donc plus les vaches l’ingèrent. « Sur le terrain, nous avons effectivement des remarques d’éleveurs qui préfèrent récolter du maïs fourrage plutôt au-delà de 35 % MS plutôt qu’à 32 % MS plante entière, rapporte Gilles Crocq, expert cultures et fourrages au Clasel. Ce sont souvent des éleveurs qui recherchent la valeur énergétique du maïs fourrage plutôt au travers de l’amidon. » Ces ensilages qui présentent une teneur élevée en amidon (plus de 30 à 35 %) et à forte valeur énergétique sont souvent associés à des ensilages ou enrubannages d’herbe et/ou légumineuses. « Dans ces conditions, ils permettent en général de très bons résultats de performance laitière tant que la quantité totale d’amidon dans la ration ne dépasse pas 27-28 % du total. »

Contrôler la quantité totale d’amidon dans la ration

« Nos préconisations habituelles restent cependant entre 32 et 35 % MS plante entière, précise Gilles Crocq en rappelant que « sur des récoltes en septembre, il est fréquent que la maturité des plantes atteigne plus de 3 à 4 points par semaine au-delà de 30 % MS. Difficile alors de caler précisément sa date de récolte à 2 points près ! ».

De plus, un maïs à 32 % MS plante entière est bien souvent une plante encore verte. Une fois le silo bien tassé et fermé hermétiquement, la respiration du fourrage est encore très intense. En quelques heures, il n’y a plus d’oxygène. Les levures et moisissures n’ont pas pu se développer, les bactéries aérobies n’ont pas dégradé le fourrage.

« À l’inverse, un maïs plus sec, à plus de 38 % MS plante entière, est le plus souvent un fourrage dont la partie tiges feuilles est selon les conditions de végétation desséchée. Même bien tassé au silo, il aura une respiration beaucoup moins intense. L’élimination de l’oxygène pourra s’étendre entre 3 et 8 jours dans le silo. » Autant de temps pour que les levures se multiplient, que les moisissures s’installent…

Mise en garde

L’augmentation des débits de chantier, avec un matériel toujours performant et rapide, le tassement du fourrage au silo devient un facteur limitant. Pourtant il ne faut pas le négliger. Le tassement doit s’effectuer par couche successive de 20 cm maxi d’épaisseur. Si le silo est assez large, mieux vaut utiliser deux tracteurs tasseurs ou prévoir deux silos à remplir en même temps.

Attention à la teneur en amidon

Les vaches laitières valorisent mal l’excès d’amidon vitreux. « Un ensilage de maïs très riche en amidon est généralement la conséquence d’un chantier trop tardif qui a permis à la plante de poursuivre, voire d’achever le remplissage des grains », indique Alexis Férard d’Arvalis-Institut du végétal. Les grains présentent alors une forte proportion d’amidon vitreux. Celui-ci se dégrade moins bien dans le rumen que l’amidon pâteux et laiteux. Les vaches le digèrent moins facilement.

Un maïs en train de mûrir passe par une valeur fourragère maximale obtenue au stade pâteux des grains. « Nos travaux sur animaux en production montrent qu’au-delà de 33 à 35 % d’amidon, la valeur en UFL de la plante entière plonge car l’augmentation de la teneur en amidon ne compense plus la baisse de la digestibilité de l’amidon et des tiges plus feuilles, précise encore le technicien. Dans le cas d’ensilage de maïs riches en amidon vitreux, la gamme de validité de l’équation d’estimation de la valeur énergétique du maïs, s’avère moins précise. Les valeurs énergétiques calculées doivent donc être analysées avec précaution, la baisse de digestibilité de l’amidon dans les ensilages à teneur élevée en amidon vitreux n’étant pas prise en compte. »

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