Aller au contenu principal
Font Size

Collecte laitière
Une sous-réalisation record annoncée à 1,8 milliard de litres

La sous-réalisation française est-elle une fatalité ? Peut-on durablement jouer les prix contre les volumes face à des pays concurrents qui marquent des points à l’export en France ?

© FranceAgriMer

Pour la campagne 2009-2010, la France va enregistrer un triste record, celui d’une sous-réalisation exceptionnelle par son ampleur : près de 1,8 milliard de litres selon les derniers chiffres. La perte de chiffres d’affaires enregistrée par les producteurs de lait français se chiffre à plus de 490 millions d’euros uniquement sur cette campagne s’ils avaient produit le quota français (24,59 milliards de litres). Quelles sont les raisons de cette sous-réalisation?

1 Premier facteur, la crise économique

Il y a peu, les analystes de la Commission européenne vantaient la croissance des marchés, et notamment celui des fromages pour justifier des hausses de quotas. Force est de constater une consommation peu dynamique, et par conséquent des besoins moindres en volume. En France, les fabrications de fromages régressent fortement, ainsi que le lait de consommation, le beurre conditionné, et les poudres grasses pour les produits industriels. Seul l’ultra-frais se maintient au niveau des fabrications. Les français consomment moins… et moins cher, ce qui est pire !

2 Une gestion restrictive des quotas pour maintenir les prix

Vendant moins, les demandes des industriels sont donc forcément plus faibles en termes de volumes, ce qui conduit à une politique resserrée dans la gestion des quotas : mise à zéro des allocations provisoires de fin de campagne, gel du 1% communautaire, dans le seul objectif de maintenir un prix sur la campagne.

3 Des pays concurrents qui jouent les volumes contre les prix

Dans le même temps, les principaux concurrents de la France produisaient à plein régime (Allemagne, Pays-Bas et Danemark notamment où les quotas ont été redistribués) mais à un prix du lait moindre, ce qui leur a permis de se trouver plus compétitifs sur l’export. L’Allemagne est emblématique de cette situation: les producteurs ont été rémunérés 40 euros pour 1000 litres de moins en 2009 que leurs homologues français, et la collecte très dynamique enregistre une hausse de 3,6 % par rapport à la campagne précédente. Globalement, les producteurs laitiers allemands ont généré un CA supérieur à celui des producteurs français (mais pas forcément de beaucoup) en produisant quelques milliards de litres de plus que les producteurs français. Quant au Danemark, il était déjà en dépassement de sa référence au 1er mars, ce qui démontre s’il en était besoin, le dynamisme de leur production.

4 Et des concurrents qui marquent des points à l’export… chez nous

Le meilleur marqueur en est l’évolution du commerce extérieur, où l’on constate que le solde des échanges est négatif sauf pour les yaourts et le beurre vrac… Dans ce contexte, la sous-réalisation française est-elle une fatalité ? Peut-on durablement jouer les prix contre les volumes? Risque-t-on de suivre l’exemple de la Grande- Bretagne ou de la Suède en connaissant un affaissement de la production laitière ? Il est clair que personne n’a aujourd’hui la bonne réponse, surtout dans un marché européen globalisé. Le quota attribué à la France ne correspond plus, aujourd’hui, à une réalité économique d’écoulement de la matière première à un prix «moyenné » acceptable pour les producteurs. Ce qui pose pleinement la question de la segmentation du prix en fonction des valorisations, et donc de la transparence des fabrications au sein des entreprises. N’oublions pas que cette sous-réalisation fait les affaires de certains industriels, trop heureux de pouvoir acheter à la marge du lait moins cher dans d’autres États membres, pour fabriquer dans des usines françaises des produits à un coût matière ultra compétitif…

Quelle production pour la prochaine campagne ?

La France a commencé à réagir, en décidant de redistribuer les 2 % de volumes gelés jusqu’à présent au niveau des régions. Mais ces volumes ne seront pas immédiatement produits. Ne comptons pas sur une hausse de 500 000 tonnes dès la prochaine campagne, mais plutôt sur une hausse autour de 150 000 tonnes.Reste à savoir quel sera l’effet des sorties des stocks d’intervention communautaires sur les marchés et leur impact sur le besoin de matières premières des industriels. L’une des fortes inconnues réside aussi dans la persistance ou non de la crise économique et son effet sur la consommation. Dernier point : le prix du lait influera fortement sur les arbitrages des éleveurs laitiers pour relancer ou non leur production ou… pour cesser définitivement leur activité laitière…

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Le Gaec compte 4 associés, 6 salariés, dont 2 mi-temps, et un apprenti. L’atelier lait emploie 3,5 UTH, la transformation 2,5 UTH et la vente 1,5 UTH.  © V. Bargain
[ Lait bio ] Le Gaec de Rublé veut être autonome à tous les niveaux
Au Gaec de Rublé, en Loire-Atlantique, l’autonomie pour la production, la commercialisation et désormais l’énergie est un point…
Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an. © Ciapa
Être éleveur dans un désert laitier
Être isolé dans une région de grandes cultures pose de nombreuses difficultés : suivis technique et vétérinaire…
Benjamin Boileau, avec sa fille Lily. Cent hectares autour de la ferme sont pâturables. © V. Bargain
Cinq races pour des croisements trois voies
Le Gaec de Rublé en Loire Atlantique a réalisé un gros travail sur la génétique pour l’adaptation du troupeau au…
La laiterie des Montagnes d’Auzances a créé la beurrerie dans des locaux existants pour fabriquer des petits volumes à forte valeur ajoutée. © LMA
Dans la Creuse : Le beurre de baratte pour sortir du marasme du lait UHT
La laiterie des Montagnes d’Auzances a lancé une fabrication de beure de baratte en partenariat avec Montlait pour pérenniser une…
Maïs fourrage: c'est le grain qui dicte le stade de récolte, pas les feuilles !
Récolter au bon stade le maïs fourrage est essentiel : il en va de la qualité et de la conservation  de l'ensilage. Ne vous…
Frédéric Lenglet avec Indienne, une croisée montbéliarde x rouge suédoise x prim’holstein x jersiaise. « Les 110 hectares accessibles depuis le siège d’exploitation ont permis d’accueillir 200 vaches tout en gardant un système très pâturant. » © A. Conté
« Sécuriser le système fourrager pour produire 1 million de litres de lait bio »
Dans la Sarthe, Frédéric Lenglet est en passe de produire 1 million de litres de lait bio avec des vaches à 5 000 litres. Ses…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière