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Une situation financière très tendue pour 40% des exploitations

D’après l’observatoire de l’endettement et des trésoreries, 40% des exploitations laitières cumulent un fort endettement et une trésorerie nette globale négative en 2016.

La situation difficile de bon nombre d’exploitations laitières, mise en évidence les années passées, continue de s’aggraver en 2016. C’est ce qui ressort des résultats de l ’Observatoire de l’endettement et des trésoreries mis en place en 2013 par l’institut de l’élevage et la CNE en partenariat avec quatre centres de gestion(1). Les résultats portent sur 415 exploitations clôturant d’octobre à décembre 2014-2016: 238 élevages du Grand Ouest produisant en moyenne 386 000 litres de lait avec 1,5 UMO et 177 élevages de montagne (Cantal) produisant 287 000 litres avec 1,7 UMO.

L’EBE déjà insuffisant en 2015 est encore en baisse fin 2016 dans le Grand Ouest avec - 65 €/1000 litres en deux ans (soit - 34%). Il se stabilise en montagne avec toutefois une diminution de 54 €/1000 litres par rapport à 2014 (- 30 %). Les annuités sont toujours élevées; elles sont en légère hausse dans le Grand Ouest (27 000 €) et stables en montagne (22 000 €). Quant au revenu disponible, après son effondrement entre 2014 et 2015 où il a quasiment été divisé par deux, il reste faible : 9 000 €/UTH familial dans le Grand ouest, et 12 000 €/UTH en montagne.

Décalage entre les capitaux investis et les résultats obtenus

Les exploitations n’ont donc aucune marge de sécurité depuis deux ans, malgré des prélèvements privés faibles et en baisse. La marge de sécurité correspond à ce qui reste lorsqu’on a enlevé de l’EBE, les annuités, les frais financiers CT et les prélèvements privés. Elle est même négative depuis deux ans dans le Grand Ouest (-13 000 € en 2016). Dans le même temps, les investissements diminuent et les dettes court terme augmentent. « Les éleveurs du Grand Ouest ont refinancé leurs investissements passés et leur trésorerie par de nouveaux emprunts à long et moyen terme, commente Benoît Rubin de l’Institut de l’élevage. Les annuités seront donc en hausse les prochaines années et il faudra de nombreuses années pour que les exploitations retrouvent une situation économique saine ».

L’observatoire met toutefois en évidence des écarts de trésorerie importants entre exploitations. Les résultats ont été analysés par groupes de niveau d’endettement. Trois groupes ont été définis: peu endettés, endettés à long et moyen terme, trésorerie dégradée(2). Entre 2014 et 2016, le pourcentage d’exploitations à trésorerie dégradée est passé de 29% à 40%. Il atteint même en 2016 dans le Grand Ouest 51% alors qu’il se maintient à 27% en montagne. «Certaines exploitations cumulent les difficultés : insuffisance structurelle de résultats, fort impact des effets conjoncturels, questions de gestion des investissements. Les données montrent  que, suite aux crises récentes, ces problématiques concernent un nombre croissant d’exploitations et les impactent plus durement. »

(1) Afocg, AS71, Cogedis, CerFrance-AMC.
(2) Annuités/EBE sup. à 40% ou dettes/actif sup. à 40% et trésorerie nette globale négative

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