Aller au contenu principal

Utilisation des médicaments
Une forte disparité européenne

Une enquête dans seize pays européens a été réalisée par l´Institut de l´élevage pour repérer les actions menées en faveur d´une utilisation raisonnée des médicaments en élevages laitiers.


En matière d´utilisation raisonnée des médicaments vétérinaires, la France n´est pas le dernier élève de la classe. Elle n´est pas non plus en tête de classe. Dans ce domaine, le Nord de l´Europe (la Suède, le Royaume-Uni, l´Autriche, et dans une moindre mesure le Danemark et la Finlande) ont une bonne longueur d´avance. A l´inverse, le Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie) semble peu impliqué dans la promotion de l´utilisation raisonnée des antibiotiques. La France se situe entre les deux, tout comme la Belgique, l´Allemagne et l´Irlande.
Tel est le constat d´une enquête menée par l´Institut de l´élevage en 2004 avec le soutien financier de l´Onilait dans les pays de l´Europe des quinze (et la Suisse). L´objectif était d´inventorier les actions menées en faveur d´une utilisation raisonnée des médicaments vétérinaires en élevages laitiers.
Dans un premier temps, cette étude a été réalisée par le biais d´internet, par envoi de questionnaires d´enquête et par contacts téléphoniques.
Dans une deuxième phase, l´Institut de l´élevage s´est rendu en Suède, en Autriche et au Royaume-Uni. Trois pays où, d´après Philippe Roussel de l´Institut de l´élevage, « on sent une mobilisation de toute la filière pour promouvoir une bonne utilisation des antibiotiques ».
Point commun à tous les pays engagés dans des démarches, les actions concernent surtout les antibiotiques, plus rarement la totalité des médicaments. Quant aux antiparasitaires, ils ne font l´objet d´aucune action nationale ciblée. Par ailleurs, tous les pays semblent mettre la priorité sur la traçabilité des traitements effectués aux animaux.


Quatre éléments clé pour une utilisation raisonnée
« C´est au Danemark que cette traçabilité semble la plus aboutie, souligne Philippe Roussel. Le Danemark a été pionnier au niveau de la mise en place de réseaux de surveillance avec la création du Danmap dès 1995. Aujourd´hui, il dispose d´un suivi de la consommation de médicaments très performant reposant sur le suivi de leur utilisation par les vétérinaires (depuis 2000), l´enregistrement des ventes par les pharmacies et la tenue de registres par les éleveurs. »
Si l´on se penche sur les actions développées par les pays les plus en avance, « on s´aperçoit que l´utilisation raisonnée des médicaments tourne autour de trois-quatre éléments clé, chaque pays se concentrant davantage sur l´un ou l´autre de ses points ». Premier élément : la formation et l´éducation des vétérinaires et des éleveurs, qui sont « particulièrement développées en Suède et en Autriche ».

Le deuxième point est la maîtrise des pathologies, grâce la mise en place de plans de santé dans les élevages. « De tels plans sanitaires sont présents en Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Royaume-Uni, Suède et France, mais avec des taux de pénétration très différents selon les pays : de 50 % des troupeaux au Danemark à quelques centaines en France. Leurs champs d´action sont également très différents : ils peuvent être globaux ou ciblés sur une pathologie ; de même ils peuvent être orientés en curatif ou en préventif. En France, seules les mammites font l´objet d´un plan national de type curatif (GTV Partenaires), alors qu´en Suède et au Danemark, l´ensemble des pathologies sont observées préventivement. »
Troisième point clé : la participation financière de l´État. « En Suède et en Autriche par exemple, les aides sont très importantes. »
Enfin, l´utilisation raisonnée des antibiotiques passe aussi par des plans de prophylaxie. « La Suède ou le Danemark n´hésitent pas à éradiquer une maladie pour résoudre un problème. »

Des plans de santé préventifs sur toutes les pathologies
Parallèlement, un certain nombre de pays utilisent des guides de bonnes pratiques. En Belgique comme au Royaume-Uni, les vétérinaires et les éleveurs ont chacun leur guide. Alors qu´en France, en Finlande et au Danemark, aujourd´hui seuls les vétérinaires disposent d´un tel document.
Au niveau du contenu, il existe aussi des différences importantes. Ainsi aux Pays-Bas et en Finlande, les guides sont très directifs dans le choix de la matière active : pour les principales affections, ils indiquent l´antibiotique à utiliser en première intention, puis en seconde intention. Ils ne se contentent pas de rappeler les grands principes de choix d´un antibiotique. « Il est difficile de comparer les outils des différents pays, ou de les transposer d´un pays à l´autre, conclut Philippe Roussel. Car chaque pays a bâti un schéma d´organisation qui lui est propre, lié au nombre et au fonctionnement des élevages et de la filière. Les problèmes sanitaires ne sont pas les mêmes entre élevages intensifs ou extensifs, ou entre petites et grandes exploitations. » La France pourrait sans doute emprunter quelques idées à ses voisins, et les adapter.

Pour en savoir plus
Voir dossier spécial consacré au médicament de Réussir Lait Elevage de décembre 2005. (RLE nº187, 52 pages en cahier central).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Gaël et Lucia Fortin ont quitté la Vendée pour se ré-installer en Loire-Atlantique. « Ce n’est pas le parcours le plus simple, mais aujourd’hui nous ne regrettons pas ce choix. » © E. Bignon
« J’ai préféré me ré-installer sur une autre ferme »
Suite à une mésentente, Gaël Fortin a quitté l’exploitation familiale en Vendée et s’est ré-installé dans un département voisin,…
Carine Pothier (Limagrain) et Alexandre Maffre (céréalier) lors de la récolte de la luzerne : « Le contrat avec Limagrain permet de sécuriser notre approche ». © Limagrain
Ils sont céréaliers et cultivent de la luzerne pour des éleveurs
Dans le Puy-de-Dôme, sur l'exploitation d'Alexandre et Christophe Maffre, la luzerne est destinée à remplacer la betterave…
Benoît et Xavier Bonnet, cousins et associés du Gaec de la Chevade. « Nous intervenons tout l’hiver pour mener la lutte contre les campagnols. » © B. Griffoul
« Le matin, nous aimons nous lever pour aller nous occuper de nos vaches, brebis et céréales »
Dans le Cantal, à 1 000 mètres d'altitude, le Gaec de la Chevade mêle production laitière, viande ovine et céréales. Conduite…
Après la mort de 400 bovins : l'arrêt du parc éolien est préconisé pendant dix jours
La commission d’enquête mandatée suite aux troubles sur deux élevages laitiers proches du parc éolien des Quatre Seigneurs, en…
Monnaie
Prix du lait : la grande distribution annonce plusieurs accords tarifaires 2021
A 385 ou 386 euros les 1000 litres, toutes primes confondues : c'est le prix du lait que Lidl, Carrefour et Système U annoncent…
Imposante structure de 25 m de haut et de 6,10 m de diamètre, le silo tour date de 1978. © B. Griffoul
"Notre ensilage d'herbe est stocké en silo tour"
Dans le Cantal, le Gaec de la Chevade dispose d'un silo tour de 800 m3 pour stocker l'ensilage d'herbe. Ce système permet aux…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière