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Une appli pour simuler le temps de traite

En fonction de l’installation de traite que vous souhaitez et de vos pratiques, une appli détermine le temps de traite attendu.

FACU--En fonction de votre objectif de temps de traite, l’outil indique vers quel équipement se tourner. En robot, il donne le volume possible de produire jusqu’à saturation.
© F. Mechekour

Vous êtes en pleine réflexion pour renouveler votre équipement de traite ? Pour une salle de traite ou un roto, vous vous demandez sûrement combien durera la traite. Ou, dans le cas d’un robot, quel sera son temps d’occupation… « Les éleveurs en projet nous interrogent forcément sur cette question, mais nous avons parfois du mal à leur donner une estimation précise du temps de traite auquel s’attendre. Jusqu’à maintenant, nous nous basions sur le référentiel de l’Institut de l’élevage (2007), avance Jean-François Julliot du Clasel. Mais il ne répond pas à toutes les situations rencontrées en élevage, et n’intègre pas les temps de sortie et de préparation des vaches. De plus, en matière de traite, il y a autant de pratiques que d’éleveurs ! Entre un éleveur rapide et un autre très méticuleux, il peut y avoir de gros écarts pour un même équipement. »

C’est pourquoi, Conseil Élevage et les chambres d’agriculture des Pays de la Loire ont développé un simulateur de temps de traite sur Excel. Sa conception s’est appuyée sur l’expérience des différents maîtres-d’oeuvre des Pays de la Loire. Et des chronométrages ont également été réalisés sur une dizaine de fermes. « À ce jour, l’outil n’est encore pas parfait mais sa précision va continuer de s’améliorer au fur et à mesure des rétro-contrôles que nous réalisons. »

Quel type d’équipement ? Sur le tableur, l’éleveur et son conseiller commencent à renseigner le type d’équipement envisagé (salle de traite épi 30°, épi 60°, TPA, roto intérieur, roto extérieur, robot), le nombre de quai, le nombre de postes et de places par quai, en simple ou double équipement ainsi que le nombre de trayeur.

Pour quel troupeau ? Le nombre de vaches est ensuite précisé, ainsi que la production moyenne par vache par traite et la quantité de lait annuelle du troupeau. « Pour le débit par vache, nous nous basons sur un temps moyen de 2,1 kg/mn en Prim’Holstein, 1,9 kg/mn en Montbéliarde et 1,8 kg/mn en Normande. Cette valeur est réajustée en fonction des pratiques d’accrochage de la mamelle. » En système robot, le temps de nettoyage est pris en compte (25 mn par lavage en circuit fermé et 12 mn en circuit ouvert).

Quel déroulement de la traite ? L’appli enregistre aussi les différents paramètres liés aux pratiques de l’éleveur et au déroulé de la traite. À savoir : la préparation de la mamelle (sans, essuyage papier, mousse/papier, pulvérisation/papier, lingette jetable, lavette individuelle), le post-trempage, le parc d’attente (avec ou sans barrière poussante), l’entrée des vaches (conique, droit, K-Flow ou I-Flow en robot), l’accrochage de la mamelle (tout de suite, après préparation 2 VL, 3 VL, 4 VL, 5 VL, robot), la désinfection des faisceaux (non, oui pour tous les postes, oui mais seulement les vaches infectées, robot), la présence ou non d’un pont-levis, la sortie des vaches (couloir 0,90 m, couloir 0,80 m, sortie rapide, K-Flow ou I-Flow en robot).

Comment optimiser le nombre de postes ? L’outil permet d’optimiser le nombre de postes par quai en fonction du nombre de trayeurs. On voit jusqu’à combien de postes on peut monter sans que les temps de préparation et de circulation ne deviennent supérieurs au temps de traite du second quai. « En dehors de la simulation, ce qui est intéressant avec cet outil, c’est qu’il nous amène à échanger vraiment avec l’éleveur sur ses pratiques. On discute aussi hygiène de traite, circulation des animaux… et pas seulement la cadence de traite, conclut Jean-François Julliot. C’est une bonne porte d’entrée pour trouver d’éventuelles voies d’amélioration. »

 

Le saviez-vous ?

Le temps de préparation de la mamelle avant l’accrochage du faisceau trayeur a une incidence sur la vitesse de traite. Une vache bien préparée a une vitesse de traite plus rapide, ce qui compense le temps passé à sa préparation. On conseille de brancher une vache seulement après en avoir préparé quatre autres (soit 30 à 45 s). Ce délai favorise la montée d’ocytocine qui, elle-même favorise la délivrance du lait. Pour une vache longue à traire, la montée d’ocyticine étant plus tardive. Du coup, mieux vaut ne pas la brancher en premier, mais plutôt après avoir préparé 5 ou 6 vaches !

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