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Filière Lait et vente directe
Une activité gourmande en main-d´oeuvre

Souvent sous-estimé, le temps de travail est pourtant un critère prépondérant dans la réussite du projet de vente directe. La transformation de 50 000 litres de lait peut nécessiter entre 1 000 et 2 000 heures de travail par an.


«Beaucoup de vendeurs directs avouent après coup qu´ils ont sous-estimé, lors de la mise en route de leur projet, le temps de travail induit par l´activité ». Telle est l´une des principales conclusion d´une étude coordonnée par l´Institut de l´élevage(1).
Cette évaluation est d´autant plus difficile à réaliser précisément que de nombreux facteurs interviennent sur ce critère. Ainsi, l´activité de transformation et de commercialisation de 50 000 litres de lait peut nécessiter « entre 1 000 et 2 000 heures de travail par an selon les cas ». On passe ici du simple au double pour une même quantité de lait transformée et commercialisée. L´enquête a permis d´établir à titre indicatif un temps de travail selon l´activité.

Plusieurs critères permettent d´estimer le besoin en main-d´oeuvre. D´une façon générale, plus le volume de lait transformé augmente, plus le travail par litre de lait transformé diminue. Le temps varie également en fonction du nombre et du type de produits transformés, des circuits de commercialisation, de la fonctionnalité du local de transformation, « ainsi que de la capacité à s´organiser ». Le beurre est par exemple un produit d´appel « facile à fabriquer et peu exigeant en temps de travail ».

La production de yaourts est par contre très gourmande en main-d´oeuvre, avec un temps de travail généralement supérieur à 25 heures/1 000 litres de lait transformés. « Dans les cas extrêmes, il peut aller jusqu´à 100 heures/1 000 l », prévient Emmanuel Béguin. Lequel ajoute : « Si l´éleveur transforme 15 000 litres en yaourts, cela correspond à 1 500 heures de travail. C´est quasiment l´équivalent d´un emploi à temps plein. »
Afficher ses horaires d´ouverture à la ferme
Le temps de travail est minimum lorsque le produit est vendu à un intermédiaire (GMS, affineurs.). Pour les ventes à la ferme, Emmanuel Béguin préconise d´afficher des horaires. « Cela donne de la discipline aux clients ». Par contre les aiguilles du compteurs peuvent s´affoler dès qu´il s´agit d´aller chercher sa clientèle en tournée ou sur les marchés.

« Dans le département du Rhône, les producteurs fermiers font souvent deux ou trois marchés par semaine à Lyon ou dans ses environs. Cela représente un temps de travail d´environ 24 heures dont 15 heures de présence sur le marché, 6 heures de préparation et 3 heures de déplacement », souligne Pierre Desbois de la Chambre d´agriculture du Rhône.
« Les producteurs qui veulent se lancer dans une telle activité ne doivent pas perdre de vue que les marchés mobilisent le week-end. Ce n´est donc pas toujours compatible avec la recherche de temps libre. » Plus on multiplie les circuits, plus on augmente le temps consacré à la commercialisation. Ceci étant, « une fois l´activité bien développée, les producteurs ont tendance à rationaliser leur charge de travail en laissant tomber certains circuits de distribution », souligne Emmanuel Béguin.


(1) La vente directe de produits laitiers : c´est possible, moderne, rentable. Vivre du lait en Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Haute Normandie. Institut de l´élevage, Chambre d´agriculture, ARVD, AVDPL - Juin 2003.

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