Aller au contenu principal

Un test d'ovulation pour inséminer au bon moment

Complémentaire à la détection des chaleurs, le test Predi'Bov proposé par ReproPharm permet de prédire le moment de l'ovulation à partir d'une prise de sang. Avantages et limites de cet outil.

Un test coûte 15,50 euros. Il faut environ 45 minutes pour obtenir le résultat.
Un test coûte 15,50 euros. Il faut environ 45 minutes pour obtenir le résultat.
© ReproPharm

Plusieurs systèmes de monitoring ont été développés ces dernières années pour aider à détecter les chaleurs des femelles dans les troupeaux. Depuis deux ans, la société ReproPharm propose un outil complémentaire pour optimiser les chances de fécondation. Il s'agit d'un test d'ovulation, ou plus exactement d'un test permettant de détecter le pic pré-ovulatoire de l'hormone LH qui va déclencher environ 24 heures plus tard l'ovulation. Ce délai a la particularité d'être assez constant chez les génisses et vaches. Et c'est là que réside le point fort de la détection du pic de LH par rapport à celle des chaleurs. En effet, la durée d'expression des chaleurs peut varier de 0 à plus de 24 heures, et l’intervalle entre le début des chaleurs et l’ovulation peut varier de 2 à 96 heures. « Pour cette raison, de 5% à 20% des vaches(1) ne sont pas inséminées au bon moment, soit environ 10 heures après le pic de LH », explique Laurence Dupuy, chef de projet. Ce délai est nécessaire à la maturation des spermatozoïdes dans le tractus génital de la femelle et à leur remontée jusqu'à l'oviducte (qui dure 6 à 10 heures) où se réalisera la fécondation. Si les spermatozoïdes ont un pouvoir fécondant qui commence à diminuer au-delà de 24 heures, le délai est plus court pour les ovules (6 à 8 heures).

La détection des chaleurs reste impérative

Aussi, pour mieux cibler l'insémination, la société ReproPharm a développé le test Predi'Bov. Il se présente sous la forme d'un coffret de cinq tests vendu 77,50 €. En pratique, le test doit être sorti du frigo une demi-heure avant son utilisation. Sur chaleurs naturelles, c'est l'observation des premiers signes qui donne le top départ. La détection des chaleurs reste donc impérative. En revanche, le protocole diffère après un traitement de synchronisation des chaleurs ou de superovulation d'une donneuse d'embryons (la détection des chaleurs n'est pas nécessaire). Le mode d'emploi du test reste ensuite le même. Il faut prélever environ 0,5 ml de sang à l'oreille ou à la queue de l'animal. L'échantillon est ensuite analysé grâce à un stick que l’on fait réagir successivement dans le sang puis dans deux autres tubes de réactifs pendant 15 minutes d’incubation à chaque fois. « C'est un délai minimum. Mais, si l'éleveur a autre chose à faire, nos essais montrent que le test est fiable même quand l'échantillon reste deux heures dans un tube, et il n'y a pas de faux positif », précise Laurence Dupuy.

 

 

Aucun faux positif

L'échantillon doit être rincé avant d'être transféré dans le tube suivant avec une solution fournie dans le test. Au final, l'opération dure environ 45 minutes. Quand le stick prend une couleur bleue, c'est que le pic d'ovulation a eu lieu et que la femelle va ovuler 24 heures plus tard. « Sur chaleurs naturelles, l'idéal est d'inséminer la femelle dans un délai de 8 à 10 heures après un test positif. Dans ces conditions, nos essais ont montré que l'on pouvait gagner 22 points de fertilité (de 43 à 65 %). En inséminant dans une fenêtre plus large, entre 7 et 15 heures après un test positif, on gagne 10 points de fertilité supplémentaires (de 38 à 48 %). » En termes d'organisation du travail, quand le test est réalisé tôt le matin, c'est jouable. En revanche, c'est plus compliqué l'après-midi. Et que faire quand le résultat est négatif ? « Sur chaleurs naturelles, il est possible de réaliser un second test six heures plus tard. Nous le conseillons surtout pour les vaches 'repeat breeders' et pour les vaches inséminées avec des semences de haute valeur. » Mais le coût global monte alors à 31 €, sans parler du temps de travail. Au vu de ses avantages et inconvénients, l'utilisation de ce test dépendra avant tout des attentes de chacun en termes de gestion de la reproduction, de renouvellement du troupeau, de progrès génétique... mais aussi du niveau de fertilité des femelles de l'élevage et de la disponibilité en main-d'œuvre.

 

Source : étude Fertilia réalisée par l'Unceia (désormais Allice)

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Le chantier du nouveau bâtiment pour les vaches taries du Gaec Losser.
« Avec la hausse des prix des matériaux, notre nouveau bâtiment coûte 20 % plus cher que prévu »
Alexis Losser, un des quatre associés du Gaec Losser, en plaine d’Alsace dans…
« Avec la bio, nous vivons bien avec 60 vaches à 8 500 litres »
« Avec la bio, nous vivons bien avec 60 vaches à 8 500 litres »
Dans la Loire, le Gaec des Gauds a réussi sa conversion bio, sans baisse de productivité laitière, mais avec une profonde…
Le robot d'alimentation sur roues alimenté par une cuisine revient, pour un troupeau de 300 VL, plus cher qu'une remorque mélangeuse ou qu'une désileuse automotrice, selon l'étude.
Combien coûte un robot d’alimentation aux 1000 litres de lait ?
L’enquête sur l’automatisation de l’alimentation en élevage bovin, publiée en 2020 par l’Idele et les chambres d’agriculture des…
HADN : SILpp2, une couverture de silo consommable
HADN : SILpp2, une couverture de silo consommable

« Fini les bâches en plastiques qui font perdre un temps fou et causent de nombreuses difficultés à chaque fois qu'…

camion Biolait
Le lait bio cherche une issue d'urgence
Biolait a lancé un appel aux consommateurs, le 20 octobre dernier, pour relancer la consommation de lait biologique. Une…
Grâce à la caméra time lapse utilisée sur 48h, on peut décrypter si les pratiques d’élevage et les conditions de logement permettent aux veaux d’exprimer leur comportement naturel.
Bien-être des veaux : quels sont les points à améliorer en élevage ?
Observer comment les veaux évoluent dans leur environnement sans les perturber, est riche d’enseignements. Clarisse Frémond,…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière