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«Un quart de notre troupeau est en location»

Dans le Morbihan. Pour faire face à un manque de renouvellement suite à la mise en place d’un robot de traite et à des soucis de reproduction, l’EARL Lavenant a loué quinze primipares à la société Gestel. Un choix qui satisfait pleinement les éleveurs.

Pascal Lavenant : "La location nous a permis de disposer rapidement de primipares prêtes à produire correspondant au type animal que nous recherchions, et avec une mise de fonds limitée, en préservant la trésorerie et la capacité d'emprunt de l'exploitation."
Pascal Lavenant : "La location nous a permis de disposer rapidement de primipares prêtes à produire correspondant au type animal que nous recherchions, et avec une mise de fonds limitée, en préservant la trésorerie et la capacité d'emprunt de l'exploitation."
© V.Rychembusch

«J’avais entendu parler de la location de vaches et je connaissais la société Gestel de nom depuis plusieurs années, mais je n’y étais a priori pas vraiment favorable, reconnaît Pascal Lavenant, installé à Saint Barthélémy, dans le Morbihan, en EARL avec son épouse Françoise. Ce sont les circonstances qui nous ont amenés à nous y intéresser de plus près. »

Depuis fin décembre 2009, le troupeau de l’EARL compte ainsi une soixantaine de Prim’Holstein à 8 000 kg environ, dont quinze sont louées à la société Gestel. À la plus grande satisfaction des éleveurs. « D’ailleurs, si j’avais connu cette possibilité lors de mon installation, j’y aurais eu recours », souligne Pascal Lavenant.

La seule obligation est de maintenir l’effectif loué constant

L’exploitation dispose d’un quota de 353 000 litres, mais en produit environ 480000 litres, l’excédent étant utilisé pour la production d’une centaine de veaux Bretanins. « Nous avons fait appel à Gestel suite à un manque de renouvellement, expliquent les éleveurs. Nous avons installé un robot de traite en mai 2009, ce qui nous a amenés à réformer quelques vieilles vaches. Nous avons eu aussi quelques soucis au niveau de la reproduction. Nous nous sommes ainsi retrouvés avec beaucoup de laitières en fin de lactation sur des lactations longues et un manque de renouvellement pour la suite. Le niveau moyen du troupeau était descendu à 22 kg, remarque Françoise Lavenant. Nous souhaitions donc trouver rapidement une bonne dizaine de femelles prêtes à produire, de préférence des génisses pour faciliter leur habituation au robot. La banque aurait financé l’achat de cheptel, mais je préférais éviter un nouveau prêt ». « Nous avons contacté la société Gestel fin octobre 2009 et les choses se sont ensuite rapidement enchaînées. »

Les éleveurs ont transmis mi-novembre les données techniques, économiques et sanitaires nécessaires à l’étude du dossier. « Celui-ci a été accepté un mois après et nous avons reçu dans la foulée quinze génisses prêtes qui ont commencé à vêler fin décembre, puis sur janvier et février. Faute de temps, je ne suis pas allé moi-même choisir les génisses, remarque Pascal Lavenant. J’ai demandé au technicien de me constituer un lot de femelles avec un niveau de production correct et surtout de bons aplombs et une bonne mamelle, essentiels dans un système comme le nôtre avec logettes sciure et robot. Les vaches louées correspondent à ce que nous attendions. »

Au niveau sanitaire, les animaux Gestel sont systématiquement testés contre la brucellose, l’IBR et la BVD. « Nous avons signé un billet de garantie conventionnelle pour la BVD, la paratuberculose et la néosporose. »

Le loyer des 15 vaches est payé avec 1,5 génisse pleine par an

Un dépôt de garantie de 2025 € a été versé à la signature du contrat. « Nous avons aussi payé 125 € pour l’enregistrement du bail ainsi que le transport des animaux du centre d’allotement à l’exploitation. » À cela s’ajoutent des frais de location pour un total de 800 € l’année (facturés en mars). Le loyer proprement dit sera, lui, à payer à partir de 2012, en génisses pleines (10 % de l’effectif loué) ou leur contre-valeur en argent. « Avec quinze vaches en contrat, nous devrons fournir à Gestel 1,5 génisse pleine par an. Mais le système est assez souple. Nous pouvons donner une génisse et la valeur monétaire d’une demi-génisse ou une génisse la première année et deux génisses l’année suivante, en fonction de ce qui nous arrange. Je n’ai rien changé dans ma conduite d’élevage et je décide de mon renouvellement », ajoute l’éleveur. «Le lait, les réformes, les veaux mâles et les génisses excédentaires m’appartiennent»

Les génisses qui viennent remplacer les vaches louées à réformer et celles qui permettent le paiement du loyer sont choisies avec le technicien Gestel. Le contrat est signé pour dix ans. À l’issue de cette période, l’éleveur peut reconduire son contrat d’année en année, racheter le cheptel ou le restituer. Il doit alors fournir à Gestel le même nombre de femelles que celles au contrat, choisies dans le troupeau avec le technicien de la société. « Dans les années à venir, nous rachèterons sans doute au moins une partie des vaches louées en fonction du contexte, des résultats économiques et du nombre de génisses disponibles. »

Lire le reste de l'article dans la revue n°237, de juin 2010, page 80.

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