Aller au contenu principal

Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Un phlegmon de l’auge

UNE DÉFORMATION DE L’AUGE
n’est pas synonyme de langue de bois.
UNE DÉFORMATION DE L’AUGE
n’est pas synonyme de langue de bois.
© J.-M. Nicol

Il y a des choses qui se repèrent de loin ; une tuméfaction sous-maxillaire par exemple. Elle est même assez bien connue des éleveurs qui ont laissé traîner une vache à langue de bois pendant quelques jours. La vache bave, perd peu à peu de sa production pendant que la tuméfaction de la langue déforme l’auge.

Lorsque ça n’est pas la langue qui grossit, cela peut être un oedème qui occupe cet espace : on le voit parfois au cours de maladies cardiaques et on le voit aussi lorsque une vache est dénutrie par une diarrhée chronique.

Mais ici, la tuméfaction s’est très vite développée puisque personne ne l’avait remarquée avant hier soir et que sa production vient juste de baisser. Pour grossir à cette vitesse, il s’agit parfois d’une glande salivaire dont le canal se bouche et qui enfle très rapidement sans provoquer ni fièvre, ni douleur, ni gène excessive.

RIEN À VOIR AVEC LA LANGUE…

Mais la tuméfaction est très ferme et ma cliente a 39°7. Son coeur est assez rapide mais sans bruits anormaux, son rumen un peu trop tranquille et les ganglions de la tête sont très facilement palpables. Il faut se faire une raison, cette vache ne souffre d’aucune de ces maladies et elle est « secouée ».

J’ouvre la bouche pour palper la langue et voir ce qui s’y passe : la langue est bien normale, juste un peu mordue par les molaires… Son frein est déformé par une boule d’oedème tandis que le plancher de la bouche est bien tuméfié et douloureux. Il s’agit donc d’un phlegmon de l’espace sous-maxillaire qui peut être la conséquence d’une envenimation par une vipère ou d’une inoculation par la bouche, et c’est grave parce qu’il arrive que l’infection file en direction du larynx qui, enflammé à son tour, ne laisse plus passer d’air.

Le traitement est à la hauteur de la menace et va durer douze jours. Au bout de neuf jours, du pus nauséabond et des lambeaux de fibrine sortent par un trou dans lequel je peux enfoncer une pince. Peu après la déformation s’estompe tandis que la vache reprend sa production. Il est heureux d’avoir agi à temps !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Vignette
Réagir dès les premières mouches pour éviter la prolifération
Une lutte réussie contre les mouches doit être anticipée, commencer tôt et s’inscrire dans la durée. Il est illusoire de croire…
Vignette
«Le boviduc ouvre la voie aux pâtures sous la route»
Au lieu de traverser la route, matin et soir, neuf mois par an, les vaches de Philippe et Olivier Postec empruntent désormais un…
Vignette
Production laitière : doper le taux butyreux par l’alimentation
Augmenter rapidement le TB, c’est possible par l’alimentation. Certaines rations sont plus favorables mais il faut surtout…
Vignette
Bien penser l'abreuvement des vaches
Une vache laitière consomme de l’eau en grande quantité et rapidement. La disponibilité en eau peut se révéler un facteur…
Vignette
Utilisez-vous des tests de gestation dans le lait ?
Dosage de protéines spécifiques de la gestation dans le lait ou le sang, progestérone, échographies... Plusieurs méthodes sont…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière