Aller au contenu principal

Dans les Pays de la Loire
Un outil pour analyser son coût de production

Eleveurs et techniciens disposent désormais de repères précis pour analyser le poids de différents postes dans le prix de revient du litre de lait, en fonction du système de production et du potentiel des terres.

© Chambres d'agriculture et Institut de l'élevage

Les éleveurs des Pays de la Loire disposent désormais d’un tableau de bord pour piloter leur exploitation. Les chambres d’agriculture et l’Institut de l’élevage(1) ont en effet élaboré pour les différents systèmes de production de cette région un ensemble de 23 fiches techniques(2) qui détaillent le prix de revient et le coût de production du litre de lait poste par poste.

Ce référentiel technico-économique s’appuie sur les observations réalisées dans les 80 exploitations de référence des réseaux d’élevage de la région. Chaque éleveur peut donc disposer d’une grille de repères correspondant à son système et ainsi, en la comparant avec ses propres chiffres, cerner là où les efforts sont à fournir.

325 À 350 €/1 000 L DE PRIX DE REVIENT

Attention toutefois de bien regarder comment sont calculés certains critères, tels que les amortissements bâtiment et matériel par exemple, pour comparer des choses comparables. Une méthode nationale de calcul du coût de production a été présentée au Space. Cette méthode, mise à disposition des éleveurs et techniciens, est celle sur laquelle s’appuyent les fiches des Pays de la Loire. Ont été retenus pour le calcul du coût de production les charges opérationnelles, les charges de structure, et une rémunération des capitaux (3 %) et du travail (25000 € pour 2200 heures). Rappelons que le prix de revient est calculé à partir du coût de production en enlevant le produit viande et les aides PAC (les DPU liées à la SFP et les aides couplées).

Au final, il y a peu d’écarts de prix de revient du litre de lait entre systèmes, constatent les techniciens qui ont mené cette étude. Dans le contexte de prix des matières premières 2008, le prix du lait nécessaire pour rémunérer l’éleveur 25 000 €/an tourne entre 325 et 350 euros pour 1 000 litres, pour des exploitations avec une conduite cohérente et optimisée.

Par contre les différents postes qui composent ce prix de revient peuvent varier de façon importante d’un système à l’autre. Les systèmes herbagers sont plus économes en charges opérationnelles : l’écart est de 20-25 €/1 000 litres. Le coût alimentaire par exemple passe de 80 €/1000 litres à 72 €/1 000 litres et 66 €/1 000 litres suivant que l’on est en système « silo ouvert » ou « silo fermé » ou « herbager » mais avec des logiques de production différentes (8 000 l, 7 300 l, 6 600 l). Ces chiffres correspondent à un potentiel moyen des sols, mais l’écart est le même pour les sols à bon potentiel.

AU FINAL, PEU D’ÉCARTS ENTRE SYSTÈMES

À l’inverse, les charges de structure (foncier, bâtiment) ont tendance à s’accroître avec les systèmes moins productifs. Au final, les charges de structure tamponnent donc fortement les écarts de charges opérationnelles.

L’impact de l’évolution du coût des matières premières n’est par contre pas le même d’un système à l’autre. L’augmentation de 42 % du prix du correcteur entre 2006 et 2008 a entraîné en système herbager une augmentation du coût alimentaire de 6 % contre 11 % en système silo ouvert.

Ce référentiel fournit des références techniques précises sur le fonctionnement des troupeaux mais également des repères importants sur le travail (3 130 heures/an pour le lait dans notre exemple), les consommations d’énergie (77 équivalents fuel/1000 l dans notre exemple), la préservation de l’environnement et aussi les résultats économiques (jusqu’à l’EBE et au revenu). Il devra être régulièrement actualisé. ■

(1) Initié par le comité de pilotage régional Recherche Lait en 2007. (2) Sept fiches publiées lors d’une journée de présentation le 26 juin dernier, l’ensemble devant être disponible cet automne.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
<em class="placeholder">silo de maïs récolté en 2025</em>
Sécheresse 2026 : reconstituer les stocks de fourrage avec maïs et coproduits

La hausse des coûts engendrée pour reconstituer les stocks de fourrage aura des répercussions sur les revenus des éleveurs sur…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière