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Ration sèche
Un nouveau système d´alimentation en libre-service

Un nouveau concept de ration sèche en libre-service arrive dans deux élevages en France. Il permet de s´affranchir des tâches routinières de l´alimentation du troupeau et de se libérer du temps.


Alimenter ses vaches laitières avec du foin à volonté et un aliment en libre-service grâce à un simple nourrisseur ! Voici le pari lançé en France par la firme-service Trouw Nutrition, filiale du groupe Nutreco. La coopérative de Broons, en Bretagne, ainsi que Cadsar et Nutalest, à l´Est de la France, sont les partenaires de ce nouveau système d´alimentation sèche.
Après trois années d´expérimentation au sein de la station de recherche du groupe aux Pays-Bas, le système a été lançé en Espagne en automne 2002. « Aujourd´hui 5000 vaches laitières dans 90 élevages espagnols sont alimentées selon ce concept, affirme la société. Son principal objectif est de simplifier et alléger le travail de l´éleveur. » Concernant l´alimentation, le rôle de l´éleveur se limite à la surveillance du nourrisseur et du troupeau et à la distribution du foin. Plus besoin de silo ni de désileuse. Ce système permet aussi de répondre à la demande d´éleveurs qui manquent de fourrages et libère des surfaces utilisées en maïs pour d´autres cultures.
Le nourrisseur se place tout simplement devant le cornadis. ©D. R.

7 kg de foin et 18 kg d´aliment par vache
En pratique, la vache ingère quotidiennement 7 kg de foin et 18 kg d´aliment en granulé, en petites quantités, tout au long de la journée. Le foin, de graminées ou de légumineuses, doit être appétent. Un mélange d´enrubannage et de foin peut aussi faire l´affaire. La formulation de cet aliment, faible en protéines par rapport à un aliment classique, comporte très peu de céréales, seulement du maïs associé à des tourteaux, du son, de la pulpe de betterave et d´autres matières premières fibreuses. Le nourrisseur, spécifiquement conçu pour ce système, permet de réguler la consommation d´aliment. L´animal va chercher son aliment avec sa langue, on ne lui en propose pas. « Malgré la forte ingestion de concentré, les vaches ne montrent jamais de signes d´acidose, assure Trouw Nutrition. Le nourrisseur permet en effet de réduire la vitesse d´ingestion et d´augmenter la salivation par rapport à un système de type Dac. » Chaque nourrisseur a une capacité de 1,2 tonne, mesure 2,5 mètres et alimente 25 vaches. Le remplissage peut s´effectuer au godet avec stockage à plat ou avec une vis et stockage en cellule.
Les vaches s´autorégulent en allant chercher elles-mêmes l´aliment avec leur langue. ©D. R.

« Ce mode d´alimentation peut être utilisé toute l´année ce qui évite le stress des transitions et permet de répondre à la demande des transformateurs en linéarisant la production annuelle », déclare la société. Il peut aussi être utilisé en association avec un pâturage, soit uniquement en hiver soit en permettant un accès à la stabulation pendant le pâturage.
L´investissement est de 700 à 800 euros(1) pour un nourrisseur. L´aliment est vendu 200 euros la tonne(1). Trouw Nutrition a mis au point un outil d´audit technico-économique et propose ainsi d´évaluer les conséquences du changement de système.
Au Gaec du Chesnay Chel, deux nourrisseurs alimentent le troupeau. Une certaine concurrence est perceptible entre les génisses et les multipares.©S. Roupnel

(1) Les prix indiqués sont exprimés hors taxes et sont valables pour la Coop de Broons.

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