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Etude de l´Institut de l´élevage
Un fort potentiel de la filière laitière polonaise

Depuis son adhésion à l´UE, la Pologne laitière a su s´adapter sans difficulté majeure à la réglementation. La qualité du lait s´est rapidement améliorée, et le quota a été très vite rempli.


Trois ans après l´entrée de la Pologne dans l´Union européenne, la filière laitière polonaise a connu beaucoup de changements. Sa capacité de croissance semble très forte dans certaines régions. Et elle a su s´adapter sans difficulté majeure à la réglementation européenne, en particulier en matière de qualité du lait où de gros progrès restaient à faire. C´est ce qui ressort d´une récente étude menée par le groupe d´économie bovine de l´Institut de l´élevage.
« L´amélioration de la qualité du lait a été rapide », soulignent les auteurs de l´étude. Au premier janvier 2007, la quasi-totalité des laits collectés était conforme aux normes européennes. A partir de cette date, pour être agréées, les entreprises devaient collecter uniquement du lait de classe Extra (soit 100 000 germes/ml maximum et 400 000 cellules maximum), alors qu´en 2000 seulement 46 % du lait livré était de classe Extra. « A la fin de l´automne 2006, la mise aux normes des installations de traite et des laiteries sur les exploitations était pratiquement réalisée ». Des aides importantes ont été accordées pour réaliser cette mise aux normes (50 % des investissements à condition d´avoir au moins cinq UGB). Les collecteurs ont souvent aussi accordé des surprimes pour inciter à réserver une pièce séparée pour le stockage du lait, avec des murs et sols lavables, un tank, un évier avec l´eau chaude. et tenir un cahier d´élevage. Le paiement à la qualité sanitaire a aussi été un puissant moteur de l´amélioration de la qualité de la collecte.
Un élevage de taille moyenne en Podlachie. Les entreprises laitières comptent sur les élevages de 10 à 50 vaches, pour stabiliser leurs approvisionnements laitiers. ©DR

Contenir la production
La mise en oeuvre des quotas laitiers s´est faite sans grand heurt. « L´organisme public chargé de la gestion des quotas a alloué sans difficulté majeure des références laitières à plus de 300 000 éleveurs laitiers, constatent les auteurs du rapport. Il a su mettre, dès la première campagne laitière, un système de prélèvement efficace des pénalités pour contenir un secteur laitier très dynamique stimulé par un prix du lait à la hausse ». La collecte laitière a en effet rapidement progressé et dépassé le quota national qui a été fixé à un niveau jugé trop faible par tous les opérateurs de la filière.
Cette adaptation de la production laitière polonaise aux normes européennes a accéléré le rythme des cessations laitières. L´obligation de mise aux normes sanitaires a provoqué une véritable hémorragie parmi les nombreux élevages de moins de cinq vaches. Les petits éleveurs ont aussi rapidement tiré parti de l´instauration d´un marché des quotas en vendant leur référence à un très bon prix. Beaucoup se sont orientés vers la production de veaux sous la mère, moins contraignante. Par ailleurs, le dynamisme de l´économie polonaise a favorisé les reconversions hors agriculture.

Des élevages très hétérogènes
Mais l´élevage laitier polonais est malgré tout encore très hétérogène. Le nombre de micro-élevages de moins de cinq vaches reste très important, même si leur nombre a chuté de moitié en dix ans. « Fin 2005, 80 % des 727 000 éleveurs laitiers polonais détenaient encore moins de cinq vaches laitières. `Seuls´ 285 000 éleveurs polonais possédaient un quota livraisons pour la campagne 2005/06, et la moitié d´entre eux détenaient moins de cinq vaches laitières. »
A côté de ces micro-élevages, l´Institut de l´élevage distingue quatre catégories d´exploitations. Les élevages détenant cinq à neuf vaches forment le gros bataillon des éleveurs : un quart des éleveurs collectés pour 20 % de la collecte. Leur nombre, estimé fin 2005 à 73 000, reste stable depuis l´adhésion.
Les éleveurs ayant entre 10 et 20 vaches (estimés à 50 000) sont par contre en nette augmentation. « Ce sont des éleveurs relativement jeunes à plein temps qui ont pris le chemin de la croissance, de la modernisation et de la spécialisation. » Ils contribuent pour près d´un tiers à la collecte nationale.

Un Fort dynamisme
Moins nombreuses (environ 20 000), les exploitations ayant entre 20 à 50 vaches sont les plus dynamiques. Elles réalisent presque le quart de la collecte et leur nombre a doublé depuis l´adhésion. « De nombreux éleveurs qui avaient moins de 20 vaches ont investi massivement et accru rapidement leur cheptel à la veille des quotas ». Elles sont fortement modernisées et sont les principales bénéficiaires des aides européennes et nationales.
Les très grands élevages ne sont guère plus de 2000, « mais ils ont un pouvoir économique important et sont les partenaires privilégiés des industriels comme Danone ou Zott. » Il s´agit pour la plupart d´exploitations familiales, avec des troupeaux de moins de 100 vaches et de la main-d´oeuvre salariée ; leur nombre a doublé. Quant aux 500 exploitations qui comptent plus de 100 vaches, ce sont généralement des entreprises sociétaires qui se sont installées sur les anciennes fermes d´Etat et elles ne sont pas toutes spécialisées.
A elle seule, la région Grande Pologne réunit près de la moitié des 512 élevages de plus de 100 vaches recensés fin 2005. ©DR

Chiffres clés
. 727 000 élevages dont 80 % de moins de cinq vaches
. 285 000 détenteurs de quotas livraison
. 70 000 élevages de plus de dix vaches
. 17 000 élevages au contrôle laitier produisant 6 550 kg
. 12,1 Mt lait produit.
Chiffres fin 2005.


(1) La filière laitière en Pologne « un fort potentiel » : étude réalisée par l´Institut de l´élevage avec le soutien financier de l´Office de l´élevage.

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