Tuberculose bovine : avec quatre cas en un mois, la campagne de prophylaxie démarre mal en Normandie
La campagne de surveillance de la tuberculose bovine, qui a lieu entre novembre et le 15 mai, a déjà identifié quatre foyers dans l'Orne, à deux pas du Calvados. L'inquiétude et la colère montent chez les éleveurs normands.
La campagne de surveillance de la tuberculose bovine, qui a lieu entre novembre et le 15 mai, a déjà identifié quatre foyers dans l'Orne, à deux pas du Calvados. L'inquiétude et la colère montent chez les éleveurs normands.
Alors que la campagne précédente avait donné des résultats prometteurs avec seulement deux cas confirmés en Normandie, la nouvelle campagne de prophylaxie (réalisation de tests de dépistage), qui a lieu de novembre au 15 mai, démarre mal dans cette région. Au 14 janvier, quatre élevages de vaches laitières étaient confirmés atteints par la tuberculose bovine, sur la commune d'Athis-Val de Rouvre, dans l'Orne, « alors que seulement 15 % des exploitations de la zone de prophylaxie renforcée autour d'Athis auraient déjà été dépistés », précise Max Vié, de la FDSEA 61 et éleveur sur la zone. Dans le Calvados, il n'y avait pas encore de cas officiel déclaré. L'inquiétude et la colère montaient chez les éleveurs de la zone, et des manifestations avaient eu lieu.
Les éleveurs pointent la faune sauvage
Ces quatre fermes sont situées dans une zone où il y a déjà eu de la tuberculose au cours des années précédentes. L’enquête épidémiologique est en cours et prendra du temps, car il faut jusqu’à dix mois pour obtenir les résultats du séquençage génétique de la souche de la bactérie Mycobacterium bovis trouvée sur les bovins confirmés, et qui pourra être comparée aux souches trouvées sur la faune sauvage, et aux souches des cas des années antérieures.
« Les années précédentes, les enquêtes concluaient que les contaminations se faisaient de bovin à bovin, notamment entre deux pâtures adjacentes. Mais aujourd'hui, les éleveurs sur le terrain pointent la prolifération de la faune sauvage et notamment des blaireaux. On sait qu'il y a eu des blaireaux testés positifs suite aux campagnes de piégeage sur la zone. Or un blaireau contaminé secrète beaucoup la bactérie », développe Jean-Baptiste Radigue, de la FDSEA 61.
La peur des abattages et de lait non collecté
La colère des éleveurs monte sur la gestion de la faune sauvage et sur les tests, qui manquent de fiabilité et/ou de rapidité. La peur des abattages et des conséquences sur la collecte de lait plane.
L'abattage sélectif a été proposé par le GDS aux quatre élevages touchés. Un l'aurait accepté. « L'abattage sélectif est dur à assumer car durant au moins dix mois, des tests de dépistage sont réalisés régulièrement pour éliminer les seuls bovins positifs aux tests. Durant cette période, tout mouvement d'animaux est interdit sauf pour aller à l'abattoir. Le lait pourrait être thermisé et commercialisé, mais les laiteries préfèrent le détruire, pour des questions d’image. Elles ne veulent donc pas le collecter », décrit Max Vié. La FDSEA 61 veut proposer un système collectif pour assurer la collecte et la destruction de ce lait, pour permettre à des éleveurs de choisir l'abattage sélectif.
Conditions assouplies pour l’abattage sélectif
En novembre, le ministère de l’Agriculture a révisé deux conditions pour pouvoir bénéficier de la dérogation à l’abattage total d’un troupeau touché par la tuberculose bovine : le nombre maximal de bovins infectés au sein du troupeau est relevé et la découverte de certaines lésions évolutives de tuberculose sur des bovins lors de leur abattage n’est plus un frein à l'abattage sélectif.