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PLAN CONSTANT
TROIS LITRES DE BUVÉE ET 600 GRAMMES DE POUDRE PENDANT TOUTE LA PHASE LACTÉE!

Distribuer trois litres de buvée, quel que soit l’âge du veau, cela marche, d’après les expérimentations menées à la station de Mauron.

© A. Conté

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C’est la question que tout éleveur peut se poser au vu des résultats d’essais menés à la station expérimentale de Mauron dans le Morbihan sur l’alimentation des veaux à plan constant et en un repas par jour. Fini les quantités de buvée ajustées en fonction de l’âge du veau ! L’originalité du plan constant consiste à distribuer 3 litres d’aliment d’allaitement contenant 600 grammes de poudre (200 g par litre) pendant toute la phase lactée indépendemment de l’âge.

Classiquement, la quantité de lait évolue de 3 litres la deuxième semaine à 4,5 litres de la quatrième à la sixième semaine pour redescendre à 2 litres avant le sevrage. D’après les essais menés à Mauron sur au total 160 veaux holstein, cette simplification de l’alimentation lactée n’a aucune répercussion sur la croissance des veaux jusqu’au sevrage (à 8 semaines), ni dans les mois qui suivent.

PAS D’EFFET SUR LA CROISSANCE

« Les essais ont été menés avec un lactoremplaceur mais il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas avec une poudre de lait », précise Daniel Le Pichon, responsable de la station expérimentale de Mauron. Les veaux, pour des raisons pratiques, étaient nourris au DAL mais celui-ci était programmé avec un seul repas par jour. Ils avaient à disposition du concentré et du foin à volonté, et de l’eau. Une première expérimentation sur deux bandes d’une quarantaine de veaux a été menée avec un aliment contenant 80 % de maïs grain, 15 % de soja et 5 % de minéral 4-26-5.

Un deuxième essai a été conduit cet hiver sur deux autres bandes de veaux avec un aliment contenant 71 % de blé, 25 % de soja et 4 % de CMV 4-26-5. L’aliment était plafonné à 3 kilos pour la première bande « maïs », et à 2 kilos pour les trois autres bandes. Toutes les quantités ingérées ont été mesurées. Les lots en plan constant ont consommé environ 9 kilos d’aliment d’allaitement en moins que les lots témoins (33 kg au lieu de 42 kg). Mais ils ont mangé davantage d’aliment concentré, entre 9 et 11 kilos supplémentaires suivant les bandes de veaux. « Les veaux ont compensé la moindre quantité d’aliment d’allaitement par une plus grande quantité de concentré », souligne Daniel Le Pichon. Pour que le plan constant marche, il faut tout de même veiller à ce que « le concentré et le foin soient consommables c’est-à-dire propres et accessibles ».

9 KILOS DE POUDRE EN MOINS

« Ce système de plan constant ne fonctionne pas avec du lait entier », a précisé Jean-Yves Porhiel du pôle herbivores des chambres d’agriculture de Bretagne lors de la journée technique lait bretonne « Redastreinte » organisée le 26 février dernier. « Car avec 3 litres de lait entier, les veaux seraient en déficit énergétique pendant les semaines 4 et 5 (ils recevraient l’équivalent de 400 g de poudre de lait). » Un nouvel essai vient de démarrer à Mauron sur l’alimentation des veaux à plan constant. Il s’agit cette fois-ci de comparer un lot disposant d’un concentré maïs/soja à un autre lot consommant un aliment premier âge puis un aliment deuxième âge. ■

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