Aller au contenu principal

"Trois axes pour s'affranchir de notre petite taille"

Propérité fermière Ingredia prépare l'avenir avec sa démarche RSE, sa diversification dans les ingrédients innovants, avec des partenariats.

Sandrine Delory, directrice, et Samuel Bar, président : "Nous avons maintenu les investissements pour assurer l'avenir."
© Prospérité fermière Ingredia
Le résultat 2017 est négatif (-3,9 M€) pour un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros. Pourquoi ?
Sandrine Delory, directrice, et Samuel Bar, président : Le conseil d’administration a fait le choix, pour sécuriser les adhérents (1 500 adhérents sur 914 fermes), d’augmenter le volume A des adhérents. La collecte est ainsi passée de 355 millions de litres en 2010 à 407 millions en 2017 (+15%), majoritairement en volume A (95,5%), ce qui représente un effort important en termes de paiement du lait. À cela s’est ajoutée la fermeture du marché canadien pour les poudres. Enfin, le groupe coopératif a maintenu ses investissements pour assurer son avenir. Pour ses adhérents, la coopérative a décidé d'une ristourne de 5% sur l'agrofourniture et un intérêt aux parts sociales de 2%.
Que faites-vous pour améliorer le résultat ?
S. D. et S. B. : Prospérité fermière Ingredia est une entreprise régionale aux activités internationales (55% du CA fait à l’export), spécialisées dans les ingrédients laitiers protéiques (90% du CA). Nos derniers investissements vont tous à l'amélioration de la valorisation. Ils suivent trois axes stratégiques : augmenter la part de protéines différenciées dans notre mix produits ; poursuivre les partenariats commerciaux à l'international et nouer des partenariats avec la recherche pour optimiser les coûts de RetD ; valoriser notre production régionale par une démarche RSE (responsabilité sociétale et environnementale) différenciante.
Quels sont les investissements ?
S. D. et S. B. : Notre investissement 2017 de 10 millions d'euros permettra de sortir 2 000 tonnes de plus de protéines laitières différenciées dès juillet 2018, soit une hausse de fabrication de 50% (sur environ 100 000 t d'ingrédients laitiers produits chaque année). 

Pour optimiser les coûts de recherche et développement de protéines laitières pour la nutrition santé, nous misons sur les partenariats, par exemple avec l'Institut de recherche Charles Viollette, avec un lancement commercial attendu pour 2019 (lire Réussir Lait de mai 2018, p. 13). Et tout récemment un laboratoire commun avec l'Inra : Protéinolab. Ils ont le matériel et la compétence, et nous apportons une issue concrète à la recherche.

Où en est Via Lacta, votre démarche RSE ?
S. D. et S. B. : Via Lacta représente environ 30 millions de litres aujourd'hui, produits par une centaine de fermes engagées. Nous sommes dans le vrai avec nos engagements sur le pâturage, le non OGM, l'élevage sur paille et la rémunération des éleveurs (lire Réussir Lait de mai 2017, p 20). La démarche plaît à nos clients de l'industrie agroalimentaire, mais cela leur prendra du temps de la valoriser sur leurs produits.  Pour l'heure, nous attendons d'avoir plus de retours sur les débouchés pour relancer de nouvelles conversions d'exploitations. Nous ne valorisons que 5% du volume en lait de consommation à notre marque.
Vous explorez d'autres diversifications ? 
S. D. et S. B. : Oui, vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Nous incitons (équivalent de 15 à 17 €/vache de plus value) nos adhérents et d'autres éleveurs de la région à nous livrer leurs excédents de colostrum et à en produire plus. Entre 2014 et 2017, la collecte a été multipliée par deux, à 300 000 litres . Nous souhaitons encore la multiplier par deux. Nous accompagnons aussi des conversions bios (8 en 2017) pour développer notre collecte bio (3 M l aujourd'hui). L'objectif est de s'autosuffire davantage (aujourd'hui, 20 M l transformés). Enfin, nous accompagnons des projets d'éleveurs qui passent en lait de chèvre, en partenariat avec Eurial.
Prix du lait 2017 : 324 €/1000 l en 38-32 en volume A, toutes primes confondues (290 € en B)

Des partenaires régionaux et internationaux

"Nous achetons du lait à des partenaires régionaux. Cela nous permet d'atteindre une taille critique sur notre unique site de transformation (600 M l transformés).

Et pour atteindre une taille critique sur le plan commercial, nous avons un partenaire suisse depuis 30 ans, australien depuis 15 ans, USA depuis 4 ans. Nous commercialisons leurs protéines. Ce sont des parenariats de long terme : investissement commun, élaboration des recettes. Cela revient pour nous à avoir des lieux de transformation à l'étranger sans investissement lourd. Nous sommes ainsi le numéro trois mondial dans la protéine de lait spécifique."

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

Nicolas et Christelle Braux dans la stabulation devant des vaches simmental
Eleveur lâché par Lactalis : « J’étais prêt à arrêter le lait », en Haute-Marne

Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière