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Simplifier la complémentation et bien évaluer sa rentabilité

L’efficacité du concentré de production est limitée et peut se faire indépendamment du stade de lactation, ou du potentiel laitier des vaches. C’est ce qu’ont démontré deux essais conduits à la station expérimentale de Trévarez.

Les chambres d’agriculture de Bretagne et Idele ont conduit deux essais sur les stratégies d’apport de concentré de production aux vaches laitières. Ils invitent à gérer la distribution du concentré en fonction des opportunités de prix de vente du lait, plutôt que des caractéristiques animales. Ces essais se sont déroulés sur trois années chacun. Les données de 245 lactations ont pu être valorisées.

Le concentré de production : réactif mais peu efficace

L’analyse des courbes de lactation de chacun des essais, montre un effet très réactif de l’apport ou l'arrêt du concentré sur la production laitière (voir graphique). Toutefois, les réponses moyennes restent faibles : environ 0,5 kg de lait par kg de concentré supplémentaire (tableaux 1 et 2). Elles se situent dans la fourchette basse des références publiées. L’effet du concentré de production est identique que l’apport soit en début de lactation (Essai 1, lot M234) en milieu (Essai 1, lot M567), ou bien à un stade plus avancé (Essai 2). La présence de 20 % de tourteau tanné dans le concentré de production du lot expérimental de l’essai 2 ne semble pas avoir amélioré cette efficacité. L’effet du concentré n’est pas différent entre les primipares et les multipares et n’a pas d’impact sur les évolutions de poids vif ou d’état corporel. Il ne varie pas non plus selon le niveau de production des vaches (15 à 42 kg de lait produit en moyenne sur la période expérimentale)

L’effet sur les taux est conforme aux données de la bibliographie : l’apport de concentré de production entraîne l’augmentation du TP et la baisse du TB. L’effet semble moins marqué sur les animaux en début de lactation (2e au 4e mois).
Dans les deux essais, aucun effet significatif n’a été observé sur la reproduction, l’état corporel et la santé des animaux, notamment les infections mammaires.

Un intérêt économique très limité du concentré de production

D’un point de vue économique, les dépenses de concentré de production sont à mettre en regard des produits supplémentaires dégagés : du lait et du TP en plus, du TB en moins. Dans les conditions de l’expérimentation, avec notamment une efficacité aussi faible, le prix de revient maximum du concentré ne doit pas représenter plus de 50 % du prix de vente du lait, pour espérer dégager une marge positive sur les litres supplémentaires. L’historique des prix d’aliment et de vente du lait à Trévarez depuis 2009, montre que les périodes où le prix d’achat du concentré a été proche du prix d’intérêt du lait, sont très limitées.

Simplifier les schémas de complémentation individuelle

Au-delà de la faible efficacité du concentré de production, ces essais soulignent que l’effet de celui-ci est identique entre le début, le milieu ou la fin de la lactation : les schémas de complémentation individuelle peuvent donc être simplifiés sans risque, en apportant par exemple, une quantité identique aux animaux quel que soit leur stade de lactation et quel que soit leur niveau de production. La stratégie d’apport viserait alors, à répondre à une opportunité ponctuelle de produire plus de lait, mais à deux conditions :

-que le prix du lait soit au moins le double du prix du concentré de production apporté ;

- que la ration de base soit de qualité, équilibrée et offerte à volonté à tous les animaux du troupeau, afin que chaque vache consomme selon ses besoins.

Deux essais sur trois années et 245 lactations valorisées

• Les essais se sont déroulés de 2011 à 2013 à la station expérimentale de Trévarez des chambres d’agriculture de Bretagne, en partenariat avec Idele. Ces essais portaient sur les modalités d’apport du concentré de production sur la lactation.

• Un premier essai a porté sur la « modulation des apports sur la lactation ». L’objectif était d’apporter une même quantité annuelle de concentré de production (360 kg/vl/lactation) au-delà de la ration de base équilibrée. Les vaches disposaient chacune de 40 ares d’herbe au pâturage. Un premier lot de 27 vaches a
reçu un apport « classique » positionné en début de lactation, du 2e au 4e mois (lot M234). Un second lot de 27 vaches a reçu la même quantité de concentré de production mais au cours des mois 5, 6 et 7 de lactation (lot M567). Le premier mois de lactation, aucune vache n’a eu de concentré de production, ce mois servant de référence pour la mise en lots. Le concentré de production au DAC était du blé, car la part de pâturage était significative. La ration de base hivernale était enrichie en azote (urée) pour éviter un niveau azoté trop faible avec l'apport de blé.

• Un deuxième essai a mesuré l’effet d’un « apport supplémentaire de concentré de production en phase descendante de lactation », sur deux lots de 25 vaches chacun. Cet apport s’est fait pendant quatre mois, à partir du sixième mois de lactation et à l’issue d’une interruption de 2 mois sans concentré de production. Les animaux de cet essai disposaient de 15 ares d’herbe par vache au pâturage et consommaient donc une plus forte proportion de maïs que pour l’essai précédent. Une partie des vaches étaient conduites en lactations allongées (IVV 18 mois) et une autre en lactation annuelle (IVV 12 mois), avec un protocole ajusté aux durées de lactation.

Les animaux recevaient en hiver, une ration à base d’ensilage de maïs, équilibrée à l’auge par un correcteur azoté à base de tourteau tanné de colza et d’urée, ainsi que d’un complément minéral. La ration n’était donc pas limitante en azote. En période de pâturage, la part de maïs et de correcteur à l’auge était ajustée en fonction de l’offre d’herbe. Les apports différenciés de concentré de production par lot (20% de tourteau tanné de colza et 80% de blé) étaient assurés au DAC.

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