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Séparateur de phase : un coût d’entretien non négligeable

Un séparateur de phase nécessite un suivi et un entretien réguliers. À la ferme expérimentale de Trévarez, dans le Finistère, la maintenance du séparateur à vis installé en 2012 a coûté 1 500 euros par an.

En complément d’un système d’hydrocurage, pour s’adapter à des contraintes d’épandage, éviter de construire une fosse supplémentaire… L’installation d’un séparateur de phase peut permettre de répondre à différentes problématiques. « Mais l’agriculteur qui fait ce choix doit être conscient qu’une fois en place, ce séparateur va nécessiter un suivi et une maintenance réguliers avec des frais associés, un peu comme pour un robot de traite », explique Sébastien Guiocheau, ingénieur d’études bâtiment à la chambre d’agriculture de Bretagne. Équipée depuis 2012, la ferme expérimentale de Trévarez a fait ses comptes. Et sur ses cinq premières années de fonctionnement, le coût de maintenance de son séparateur s’est élevé à 1 500 euros par an. « Ces données correspondent à notre situation : un séparateur à vis Flygt - associé à un brasseur à poste fixe et une pompe hacheuse qui, en hiver, fonctionne une trentaine d’heures par mois. Il sépare environ 300 m3 mensuels d’effluent issu de 120 logettes en conduite lisier avec apport de sciure. Selon le modèle de séparateur, l’utilisation, les coûts peuvent varier. Néanmoins, compte tenu du type d’équipement dont il s’agit, on peut s’attendre à des frais de maintenance non négligeables, de l’ordre de 1 000 euros par an », estime Sébastien Guiocheau.

Brasser le lisier pendant 15 minutes avant de l’envoyer dans le séparateur

À Trévarez, les 7 600 euros de maintenance payés sur cinq ans comprennent un entretien général réalisé par l’installateur au bout de deux ans, le remplacement des pièces d’usure et les réparations qui ont dû être effectuées. Les pièces d’usure sont les pièces en frottement, et/ou soumises à pression comme la spire d’usure de la vis, la grille. « Sur notre modèle, la spire d’usure coûte 500 euros, la grille, elle, coûte près de 3 000 euros. Nous avons également eu 2 400 euros de frais de remise en état du brasseur suite à une entrée de lisier dans ce brasseur en raison de joints défectueux qui n’avaient pas été vérifiés avant la remise en route après une période d’arrêt du séparateur. »

Les cinq ans d’utilisation du séparateur de phase à Trévarez permettent de formuler quelques recommandations pour limiter les risques de problèmes. « Avant de l’envoyer dans le séparateur, le lisier doit être brassé pendant 15 minutes. » Après une période d’inactivité, remettre en charge progressivement, avec une mise en route manuelle de la pompe après un bon brassage. Tous les mois, vérifier qu’il ne s’est pas accumulé d’éléments fibreux autour de la pompe et si c’est le cas les retirer. Autre précaution : ne pas positionner la pompe en fond de fosse, mais légèrement relevée pour ne pas aspirer de cailloux qui endommageraient la grille lorsqu’elle subit la pression de la vis.

Ne pas négliger la maintenance préventive

Au niveau du séparateur, la grille, protégée par un capot, doit être retirée, mise à tremper et nettoyée au jet haute pression afin d’éviter les colmatages. « Il est aussi judicieux de prévoir au niveau des canalisations des T de dégorgements pour pouvoir intervenir plus facilement en cas de bouchage », relève Sébastien Guiocheau.

Une fois par an, sortir et vérifier visuellement la pompe hacheuse et le brasseur (état des joints), les vidanger et changer le bain d’huile. « La fréquence de ces interventions dépend de l’utilisation qui est faite du séparateur, remarque Sébastien Guiocheau. À l’achat, l’agriculteur a intérêt à demander au fabricant ou à l’installateur un manuel d’entretien qui précise les opérations de maintenance à réaliser en fonction du nombre d’heures de fonctionnement. Dans nos coûts, nous n’avons pas pris en compte le coût de la main-d’œuvre pour le suivi et la maintenance préventive. Quand toute se passe bien, le temps nécessaire n’est pas forcément très élevé, une petite heure par mois. Mais c’est une routine supplémentaire à mettre en place et il faut y penser car lorsqu’un problème survient, il y a souvent plusieurs heures de perdues à la clé… À Trévarez, nous avons quand même dû faire face à plusieurs pannes mécaniques à des moments où la disponibilité en main-d’œuvre n’était pas forcément là !… »

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