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Savoir composer avec les attentes des jeunes vétérinaires

Plus féminines et plus urbaines, les jeunes générations de vétérinaires ont des attentes pouvant être assez différentes de celles de leurs aînés. 

Quel sera le profil des vétérinaires qui interviendront dans les élevages dans les années à venir ? À l’occasion de la dernière conférence annuelle du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaire, Christine Fourichon, enseignant-chercheur à Oniris (école vétérinaire de Nantes) a rappelé que les jeunes générations de vétérinaires actuellement en cours de formation ou fraîchement diplômés ont des visions de l’élevage souvent très différentes de leurs aînés qui s’apprêtent à partir en retraite. La profession s’est clairement féminisée et à l’image du reste de la population, les nouvelles générations de vétérinaires connaissent moins bien le monde rural dont elles sont aussi de moins en moins souvent issues.

En caricaturant volontairement la situation, Christine Fourichon a expliqué que les nouvelles promotions sont à 75% féminines. Au moins au début de leur cursus de formation, ces étudiantes envisagent de façon prioritaire leur carrière dans les soins aux chevaux, chiens ou chats. Quant aux 25% d’hommes, la médecine vétérinaire rurale est elle aussi souvent loin d’être leur priorité. «Nous avons souvent des réflexions de la part de jeunes en cours de formation qui nous disent : ‘Il n’est pas normal que vous nous appreniez à soigner des animaux élevés dans des conditions d’élevage que nous désapprouvons par conviction’. »

Des mises en situation sur le terrain

Sans forcément atteindre la situation de la médecine humaine où trouver un successeur est devenu problématique pour bien des médecins de campagne, les choses n’évoluent pas dans la bonne direction pour les vétérinaires ruraux. Dans certaines zones rurales déshéritées, il est difficile de trouver de jeunes vétérinaires désireux de s’installer.
Favorisée par sa situation géographique au cœur d’un bassin d’élevage conséquent, l’École vétérinaire de Nantes a pris le parti de former tous ses étudiants à la médecine de troupeau, même ceux qui n’entendent pas exercer plus tard en rural ! Cela passe par des mises en situation sur une exploitation où, à côté des connaissances purement techniques, on leur apprend d’abord à dialoguer et être à l’aise avec les éleveurs. « Ce n’est pas simple de leur faire comprendre les réalités économiques d’une exploitation agricole, et de leur donner le goût et l’envie d’aller travailler dans ce secteur. »

Donner envie aux étudiants de travailler en rural

« Aujourd’hui notre intérêt est que les éleveurs comprennent mieux le métier de vétérinaire et la réciproque est vraie également », soulignait Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA et éleveur en Vendée dans le cadre d’un Gaec associant lait, viande bovine et porc. Cela signifie davantage de complicité avec l’éleveur avec une approche plus globale de l’exploitation.

Il est important que le véto connaisse bien des aspects basiques de l’alimentation et du rationnement en élevage bovin. Les formations éleveurs infirmiers organisées par différents GDS ont été citées en exemple. Elles permettent d’éviter les  « frontières » entre le métier des uns et celui des autres pour aller au contraire vers davantage de « complicité ». « On a besoin d’anticipation et de prévention pour lutter contre les pathologies affectant nos élevages. » Et Joël Limouzin de mettre en avant les différents messages à faire passer auprès des éleveurs pour lutter contre la problématique de l’antibiorésistance et faisant de la prévention et en ayant pour cela plus largement recours à la vaccination.

Une féminisation du métier

D’après les statistiques du SNVEL (Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral), il y avait 16 747 vétérinaires inscrits à l’Ordre au 31 décembre 2012 et 680 nouvelles inscriptions dont 64,3% de femmes ont été enregistrées cette même année. Pour autant, à l’échelle de la totalité des effectifs, les femmes restent minoritaires. Leur proportion est de 44%.

65,8% des inscrits déclarent une compétence principale ou secondaire pour les animaux de compagnie, alors qu’ils ne sont que 24,2% à en mentionner une pour les espèces de rente. « Sans surprise, les consœurs sont faiblement représentées dans le secteur Animaux de rente : 13% déclarent une compétence pour ces espèces, contre 33% des vétérinaires hommes. La proportion des deux sexes est équivalente dans l’espèce équine. Les femmes sont en revanche plus des trois quarts (77%) à déclarer une compétence en animaux de compagnie contre 56% des hommes », précise le SNVEL.

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