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RoboMat valorise les données de votre robot de traite

Développée par Seenergi, cette application utilise des données des robots de la plupart des marques pour optimiser les conseils en élevage. Démonstration au Gaec Crespin dans le Calvados.

Analyser les évolutions de production, du nombre de traites, du poids vif, repérer les problèmes de reproduction… vache par vache et à l’échelle du troupeau, comparer son élevage avec des systèmes similaires (race, part du pâturage…), tel est l’objectif de RoboMat. Lancée lors du dernier Space, cette nouvelle application développée par Seenergi commence à être utilisée par les consultants robot dans les élevages. « Nous avons besoin de valoriser les données issues des robots de traite de manière uniforme quelle que soit leur marque pour optimiser nos conseils », précise Stanislas Desvois, référent robot à Littoral Normand.

L’application est destinée aux consultants. Elle leur permet de préparer en amont la visite d’un élevage. « Le montant facturé aux éleveurs sera le même. Mais l'outil améliore la pertinence de la visite. Il réduit aussi son temps de préparation au profit du temps consacré à la visite de l'élevage. »

Des visites mieux préparées et du e-conseil

Le e-conseil n'est pas en reste. « J’interviens sur plusieurs départements. Cette application me permet de suivre les élevages tous les sept à quinze jours, même s'ils sont éloignés. C'est important notamment lors de périodes à risques comme les transitions alimentaires. Si l’éleveur ne peut pas nous recevoir, nous pouvons lui envoyer une alerte ou des bilans par mail entre deux visites. » 

Stanislas Desvois s’est rendu début janvier, pour une de ses premières utilisations, au Gaec Crespin, à Treprel dans le Calvados. L'élevage a investi en juillet 2017 dans deux robots Lely A4 pour traire une centaine de Normandes. Les associés ont opté pour six contrôles de performance par an et dix visites du conseiller. Denis Crespin, associé avec son frère Frédéric et leur mère, a participé aux tests de développement de l’application. Cette fois, il va découvrir la version finalisée.

Installé avec son portable dans le bureau du Gaec, Stanislas Desvois ouvre un premier écran sur lequel figure un document de synthèse. Ce dernier fournit un panorama clair sur les évolutions constatées dans l’élevage.

Moyenne à 24 kg de lait, en hausse de +1,6 kg 

Au Gaec, le 11 janvier 2019, la production journalière moyenne par vache était de 24 kg, soit un gain de 1,6 kg par rapport à la moyenne de la semaine précédente. Le nombre moyen de traites était de 2,8 (+0,2). La durée de traite moyenne stagnait à 4,7 minutes. Le poids vif moyen des vaches atteignait 728 kg (+2,2 kg) avec 40 % de primipares. « Il y a du gabarit dans le troupeau. » Les Normandes restent en état malgré un niveau de production de 8 700 kg de lait standard (7 250 kg brut à 45 de TB et 37,6 de TP). Le rang de lactation moyen était de 176 jours (+4,7). Deux courbes illustrent l’évolution de la production journalière et du nombre moyen de traites sur 18 mois glissants.

Deux menus sont proposés. L'un est dédié à la production (quantité de lait, nombre de traites…). Le second à la fréquentation des robots et leur saturation. « Un onglet permet de voir s’il y a trop de vaches et lesquelles on peut envisager d’éliminer. » Les vaches vides sont repérées sur l’écran par un point de couleur rouge.

« Pour chaque menu, il est possible de sélectionner un sous-menu dédié au cheptel et un autre à l'ensemble des élevages suivis par Seenergi », explique Stanislas Desvois. Ce deuxième sous-menu permet de se comparer avec des élevages ayant un système similaire. Un benchmarking réduit actuellement à une quinzaine de troupeaux en race Normande contre une cinquantaine pour le groupe Prim’Holstein à 9 000 et 10 000 kg. « 150 élevages sont présents actuellement dans l'application parmi nos adhérents robot. Ce nombre va augmenter au fur et à mesure que nous aurons de nouveaux élevages dont les données seront traitées par Ori-Automate et avec l’arrivée de Seenorest (quatre départements du Nord-Est de la France) dans le groupe Seenergi. »

L’outil est appelé à évoluer. L’intégration du TP et TB et de données économiques est programmée. « Nous n’avons pas voulu faire de doublons avec nos outils actuels de gestion technico-économiques », précise Stanislas Desvois.

Les objectifs de production suivis de très près

L'application permet de se fixer un objectif de production par semaine et par lactation et de voir quels sont les animaux qui s'en écartent. À l'aide d'un filtre, il est possible de séparer les primipares des multipares. « Quand un robot est saturé, ce sont souvent les primipares qui sont brimées », souligne Stanislas Desvois.

Le Gaec Crespin a une référence de 700 000 litres de lait. Un manque de génisses et la mise en route des deux robots en juillet 2017 n'ont pas permis de produire la référence en 2018 (670 000 l produits). Quel niveau de production moyen par vache faut-il atteindre pour rentrer dans les clous ? Pour répondre à cette question, il faut tenir compte de plusieurs éléments. Le Gaec distribue environ 30 000 litres de lait entier aux veaux en complément de la poudre de lait. Si on y ajoute un pourcentage forfaitaire de 1,02 % pour le lait écarté, le Gaec doit produire 768 430 kg de lait. Avec une moyenne de 95 vaches traites, il faut atteindre un niveau de production de 8 100 kg par vache. C'est 500 kg de plus que le niveau actuel du troupeau.

Les primipares décrochent à 50-60 jours

Grâce à une courbe théorique, il est facile d'identifier les animaux qui s'écartent de l'objectif de production. « Nous disposons de courbes théoriques pour des niveaux de production allant de 5 000 kg à 12 000 kg par paliers de 500 kg. »

La courbe théorique à 8 500 kg montre que certaines multipares décrochent entre 50 et 100 jours de lactation. " Il faudrait peut-être leur distribuer plus de protéines », suggère Stanislas Desvois. 

Certaines primipares ont également tendance à baisser en lait entre 50 et 100 jours de lactation. Par ailleurs, elles continuent à perdre du poids. « La préparation au vêlage des primipares est peut-être à revoir, analyse Stanyslas Desvois. Ce type de diagnostic, je peux le faire seul et cibler les conseils en fonctions des évolutions. »

Échanges d’infos via le logiciel Ori-Automate

« RoboMat permet de récupérer les données de l’élevage et de les traiter sans avoir besoin de mobiliser du temps et de monopoliser l’éleveur », souligne Stanislas Desvois. L’application est alimentée en données via la plateforme Ori-Automate créée par France Conseil élevage. Cette plateforme permet de récupérer les données de production laitière journalière. « De notre côté, nous l’enrichissons en exportant les données d’identification et de reproduction (date d’insémination, diagnostic de gestation…). Nous devons encore tester des solutions de connexion avec la plateforme Ori-Automate pour les robots de marque Sac. »

Le saviez-vous

RoboMat n’utilise pas Teamviewer, une application permettant d'intervenir à distance sur un ordinateur. Avec RoboMat, toutes les données transitent via la plateforme Ori-Automate. Elles ne peuvent donc pas être modifiées. " La procédure d’échange de données est alors sécurisée et non intrusive sur l’outil éleveur. "

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