Aller au contenu principal
Font Size

Revenu 2013: un léger mieux pour les spécialisés

Estimations sur les exploitations des Réseaux d’élevage des chambres d'agriculture. L’augmentation du prix du lait au second semestre permet une progression du revenu. Celle-ci est limitée par le contexte de charges toujours élevé.

© A. Conté

L’Institut de l’élevage a comme chaque année établi des estimations du revenu 2013 à partir de 250 exploitations laitières issues des Réseaux d’élevage des chambres d'agriculture. Il s’agit d’une estimation du résultat courant avant impôt et cotisations sociales (RCAI). L’objectif est d’évaluer l’impact de la conjoncture sur les systèmes de production à partir d’indices de prix et de volumes de lait appliqués sur les postes de charges et de produits de l’année 2012.

Les dates de clôture comptables sont comprises entre le 30 septembre 2012 et le 31 mars 2013. Voici les grandes tendances extraites du nouveau dossier annuel bovin lait (1).

Laitiers de plaine spécialisés : légère hausse du revenu

Ces systèmes, dans les réseaux d’élevage, sont surtout présents sur la façade Ouest (du Sud-Ouest à la Normandie) et dans le Nord et Nord-Est. Le maïs compte régulièrement pour plus de 30 % de la SFP. En 2013, l’augmentation du prix du lait à partir du mois de juin a été bénéfique sur le résultat courant avant impôt (32800 €/UMO). Il progresse de 9% par rapport à celui de 2012, fortement pénalisé par la baisse du prix du lait combinée à l’augmentation des coûts de production.

Mais il reste en retrait par rapport à 2010- 2011. Cette moyenne cache des écarts entre zones climatiques. Sur le premier semestre, les livraisons sont en baisse dans toutes les régions en raison de la qualité des ensilages de maïs 2012, du printemps 2013 froid et humide, du prix du lait bas et des concentrés chers. Elles se redressent sur le dernier trimestre grâce aux bons maïs 2013, à la hausse du prix du lait et aux allocations supplémentaires.

Lait et viande bovine : un contexte de prix plus favorable

L’amélioration du revenu est due à la progression du prix du lait et de la viande bovine. L’augmentation des produits des deux ateliers est supérieure à l’augmentation des charges qui ont continué à progresser. On retrouve ses systèmes en Pays de Loire, Lorraine, Normandie, Picardie, Bretagne…, avec des troupeaux de vaches allaitantes, parfois des boeufs ou taurillons. Le résultat courant avant impôt progresse de 14 % pour atteindre 42 300 €/UMO.

Lait et cultures de vente : baisse des revenus

La détérioration est essentiellement due à la baisse de 10 à 20 % des prix des céréales et des oléagineux, après les records de 2012. L’atelier grandes cultures représente 30 à 40 % du produit hors aides. Les rendements sont en hausse dans le Nord et l’Est, et en baisse dans le Centre, l’Ouest et le Sud-Ouest. Les livraisons de lait peinent à atteindre les droits à produire (saturation des bâtiments, qualité des fourrages, manque de vaches…). Malgré tout, le produit lait augmente de 7% grâce au prix du lait. Côté charges, la mauvaise qualité des fourrages a conduit à complémenter davantage. Au final, le résultat courant avant impôt (42200 €) baisse de 20 %, tout en restant supérieur à celui des systèmes spécialisés.

En montagne : des revenus très inférieurs à la moyenne

Les élevages de montagne ont été pénalisés par le printemps 2013 froid et humide, avec une pousse de l’herbe très tardive et des ensilages réalisés dans de mauvaises conditions. Dans les zones herbagères d’altitude du Massif central et des Vosges, les aléas climatiques pèsent sur le revenu depuis 2010. Les baisses de livraisons en 2013 sont estimées à 3% (trésoreries tendues, prix élevé de l’aliment). En 2013, malgré une progression de 8 %, le résultat reste en dessous de la barre de 20 000 €/UMO.

Sur les bordures Est et Sud du Massif central et les piémonts alpins et pyrénéens, les sytèmes maïs-herbe de moyenne montagne voient leur revenu repartir à la hausse sans pour autant repasser la barre des 20 000 €/UMO. Les stocks sont de qualité inférieure à la normale et le volume de lait produit évolue peu: la majorité a renoncé à faire des achats suplémentaires de concentré.

En Franche-comté, 2013 est la troisième année consécutive de diminution des revenus. Malgré tout, ces exploitations herbagères dont le lait est valorisé en AOP résistent : le résultat (41 000 €/UMO) reste comparable à celui des élevages de plaine.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Les systèmes avec litière malaxée compostée réclament des bâtiments très ouverts.  © C. Pruilh
« En litière malaxée, la clé est un couchage sec pour les vaches »
L'EARL Dijs dans le Calvados et le Gaec de Goirbal dans le Morbihan ont opté pour des plaquettes de bois, avec un objectif de 15…
Le Gaec compte 4 associés, 6 salariés, dont 2 mi-temps, et un apprenti. L’atelier lait emploie 3,5 UTH, la transformation 2,5 UTH et la vente 1,5 UTH.  © V. Bargain
[ Lait bio ] Le Gaec de Rublé veut être autonome à tous les niveaux
Au Gaec de Rublé, en Loire-Atlantique, l’autonomie pour la production, la commercialisation et désormais l’énergie est un point…
Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an. © Ciapa
Être éleveur dans un désert laitier
Être isolé dans une région de grandes cultures pose de nombreuses difficultés : suivis technique et vétérinaire…
Sorgho fourrager sursemé dans une prairie permanente après un travail superficiel du sol au covercrop. Par son effet sur la plisse de la prairie, il permet une meilleure implantation du sursemis prairial réalisé ensuite  à l'automne.  © S. Guibert
Du sorgho sursemé et pâturé pour le creux d’été
Comment rendre les prairies productives pendant les quatre mois d'été? Frédéric Lenglet, dans la Sarthe, a sursemé en juin 2019…
Benjamin Boileau, avec sa fille Lily. Cent hectares autour de la ferme sont pâturables. © V. Bargain
Cinq races pour des croisements trois voies
Le Gaec de Rublé en Loire Atlantique a réalisé un gros travail sur la génétique pour l’adaptation du troupeau au…
Un matériel d’épandage doit être capable « d’approcher la dose moyenne préconisée à tout moment du chantier d’épandage, explique l’Institut de l’élevage. Cet objectif est difficilement accessible. » © CA Bretagne
Le DPA, un réel progrès pour l'épandage du fumier
La maîtrise du dosage du fumier épandu reste perfectible. Le DPA, qui tend à se développer, apporte un réel gain de précision.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière