Aller au contenu principal

Grand Ouest
Rendre compétitif le secteur des produits industriels


« Quand l´interprofession parlait du secteur des produits industriels il y a un an, elle avait tendance à en avoir une vision négative. A l´image des pays du Nord de l´Europe, elle a pris conscience aujourd´hui que les produits industriels sont stratégiquement indispensables. Et qu´il ne faut en aucun cas renoncer à être compétitif sur ce secteur au niveau mondial », a affirmé Louis Guillemant, directeur du cabinet Sofra le 10 février dernier. L´Union européenne devra en effet être capable d´exporter ses excédents (9 à 10 % de la collecte laitière en 2010) sous forme de produits transportables. Et il restera toujours un volume incompressible lié à la saisonnalité de la production et à la production de co-produits. Bref, il n´est pas question de tirer un trait sur les produits industriels, même si à l´avenir leur volume va diminuer.
Une stratégie industrielle concertée
La baisse des prix d´intervention a fragilisé les entreprises impliquées dans la fabrication de produits industriels. Vient s´ajouter en perspective une suppression des restitutions à l´exportation en 2013. Le grand Ouest, qui produit 65 % de la poudre de lait nationale, 68 % du beurre et 82 % de caséines est en première ligne. Dans ce contexte, les interprofessions laitières de Basse-Normandie, Bretagne, Poitou-Charentes et Pays de la Loire, ont décidé l´été dernier d´engager une réflexion prospective sur l´adaptation des outils industriels beurre et poudre. L´enjeu est de mettre en oeuvre des mesures pour être durablement compétitifs au moment où se pose pour certains outils vétustes, la question de réinvestir.
Le cabinet Sofra, épaulé par un comité de pilotage(1), a été chargé de cette étude pour promouvoir une stratégie industrielle concertée. Vingt-sept entreprises laitières se sont impliquées dans ce travail qui concerne 42 ateliers de productions. Elles représentent la quasi-totalité de la production beurre et poudre (+ 95 %) de la région grand Ouest. La première étape s´est terminée fin 2005. Elle repose sur une consultation des entreprises volontaires : celles-ci ont répondu à des questionnaires précis sur leurs activités, et soumis leurs sites à l´évaluation d´experts.
Les entretiens conduits avec les dirigeants ont permis de distinguer trois types d´entreprises. Les « opérateurs produits industriels leaders », qui se développent et investissent en R & D et tire ce secteur vers le haut. « Les entreprises exposées », qui ont une part importante de produits industriels (jusqu´à 35-40 %); elles auraient besoin d´investir mais n´ont pas de ressources financières. Et « les transformateurs de co-produits », n´ayant pas les mêmes contraintes en volume et prix d´achat. Ces derniers disposent d´une souplesse d´adaptation.
Pour les produits gras, la restructuration est bien avancée : les leaders représentent 60 % des volumes et les exposés moins de 5 %. Elle l´est moins pour les produits secs avec 50 % des volumes traités par les leaders et 27 % par les exposés. Quant aux sites de production expertisés - 14 en produits gras et 33 en produits secs - environ la moitié nécessite un investissement de mise à niveau.

La moitié des sites à améliorer
Après cet état des lieux, la seconde étape décisive a démarré début février. L´objectif est de réunir les opérateurs partageant une vision stratégique autour de projets commerciaux et industriels : mise en commun de la commercialisation à l´export, regroupement et spécialisation de sites, création à plusieurs d´outils de transformation en nouveaux produits(2)... « La dynamique existe, nous voulons la faciliter, l´amplifier, mais aussi l´organiser », a expliqué Roger Folliot, président du comité de pilotage et de l´interprofession laitière Bretagne Pays de la Loire. La finalité du cabinet Sofra est d´aboutir à des avant-projets « dans un délai court, d´ici deux mois ». Car à partir du 1er janvier 2007, les règles d´égibilité pour bénéficier des fonds européens (15 à 18 % de l´investissement) seront modifiés et la plupart des entreprises de transformation ne rempliront plus les critères.
(1) Associant l´interprofession et les services du ministère de l´Agriculture.
(2) Comme la construction d´une usine de mozzarella par Eurial Poitouraine, Terrena-Laïta et Celia.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Maïs après destruction de prairie par une succession de passage d’outils de travail du sol. © Arvalis
Détruire une prairie sans labour ni glyphosate, c'est possible
Une enquête menée dans le cadre du projet Praigly auprès de dix fermes montre que des solutions mécaniques existent pour détruire…
Olivier Thibault. « J’ai fait le choix du maïs grain humide pour limiter aussi la dépendance au concentré énergétique. » © E. Bignon
Prix du soja : « Je limite l’achat de correcteur en complémentant les vaches en acides aminés »
L’EARL de la Grandinière, en Mayenne, n’a pas attendu la flambée du prix des matières premières pour chercher des leviers de…
Lucie Prunier, de la ferme de la Talboisière, dans l'Orne
« Où sont les porteurs de projet en élevage laitier ? »
Lucie Prunier, de l'EARL de la Talboisière, à Saint Jean des bois, dans l'Orne, n’arrive pas à trouver son futur associé, après…
La réduction du correcteur azoté de la ration est possible grâce à un meilleur équilibre en acides aminés et la prise en compte de la vitesse de dégradabilité des sources azotées. © E. Bignon
Prix du soja : Six leviers pour réduire le correcteur azoté
Comment faire face à la flambée du prix du tourteau de soja à plus de 400 €/t ? Avant de chercher à optimiser le prix d’achat du…
Vincent Philippeau, François Giard et Alain Philippeau, les trois associés. « Nous voulons continuer à faire pâturer nos vaches tout en maintenant un bon niveau de production pour ne pas devoir investir dans un nouveau bâtiment. » © F. Mechekour
[Élevage laitier] « Notre exploitation a des atouts pour attirer des jeunes »
Au Gaec Philippeau, dans le Maine-et-Loire, le chiffre trois s’applique au nombre d’associés, d’ateliers, de semaines de congés…
[Contenu partenaire] Fullwood Packo - « Nous avons installé deux robots dans un bâtiment de 1979 sans tout casser »
Le GAEC de la Fonderie (Vosges) a robotisé sa traite grâce à Fullwood Packo. Avec seulement 90 vaches pour deux robots M2…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière