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REGROUPEMENT DE TROUPEAUX
REGROUPEMENT DE TROUPEAUX - Faites un audit pour limiter les risques sanitaires

Réalisé quelques mois avant un regroupement, l’audit fusion permet d’évaluer le statut sanitaire des troupeaux et les conditions d’élevage de la future structure pour limiter l’apparition des troubles de santé.

LA VISITE D’ÉLEVAGE EFFECTUÉE AVANT
LE REGROUPEMENT a notamment pour
objectif de s’assurer que la future
structure permettra d’accueillir
les animaux dans des conditions
optimales.
LA VISITE D’ÉLEVAGE EFFECTUÉE AVANT
LE REGROUPEMENT a notamment pour
objectif de s’assurer que la future
structure permettra d’accueillir
les animaux dans des conditions
optimales.
© V. Rychembusch

Adaptation des animaux à de nouvelles conditions, mélange de microbismes, risque de transmission de maladies d’un élevage à l’autre… Un regroupement de troupeaux est toujours une opération à risque sanitaire élevé.

« L’objectif de l’audit avant fusion est d’abord d’éviter les gros soucis et les mortalités, mais aussi de faire en sorte que les résultats zootechniques donc économiques de la future structure ne soient pas pénalisés par la recrudescence, souvent observée, de divers troubles comme les mammites, diarrhées des veaux, maladies respiratoires, boiteries… », explique François Guillaume, vétérinaire conseil au GDS du Morbihan.

La démarche proposée en Bretagne depuis plusieurs années comprend deux actions principales :

1 - une série d’analyses pour déterminer le statut sanitaire des deux troupeaux qui vont se regrouper vis-à-vis de certaines pathologies, et

2 - une visite d’élevage, en présence des éleveurs et du vétérinaire traitant de la future structure.

Pour être efficace, la démarche doit être effectuée suffisamment tôt de façon à pouvoir réaliser toutes les analyses et commencer à mettre en place les mesures nécessaires: vaccination, élimination des animaux positifs, mise en place d’un plan de maîtrise, modification de certaines pratiques d’élevage…

« Mais dans l’idéal, il faut aussi que toutes les installations qui doivent accueillir le troupeau regroupé soient prêtes afin de pouvoir les passer en revue lors de la visite et vérifier qu’elles permettent de conduire le troupeau dans de bonnes conditions ou au contraire préconiser les modifications à apporter pour limiter les risques sanitaires. Un délai de trois à six mois avant le regroupement physique des animaux semble un bon compromis », estime François Guillaume.

En pratique, la demande d’audit déclenche le passage du technicien GDS du secteur sur les élevages pour le prélèvement des échantillons de lait à analyser. En Bretagne, les analyses portent sur la fièvre Q, la néosporose, la paratuberculose et, au niveau parasitaire, la douve. « Les analyses BVD sont rarement réalisées lors d’un audit fusion, car le suivi régulier des laits de tank permet de connaître le statut des troupeaux et d’intervenir si besoin en amont. Les seules situations où des analyses BVD sont réalisées concernent des élevages dont le taux d’inhibition a brutalement augmenté lors du dernier contrôle avant audit ou pour lesquels une séroconversion a été observée suite à un avortement. »

Les analyses sont réalisées sur des laits de mélange

Dans ce cas, des analyses sont effectuées pour éviter d’introduire dans le troupeau fusionné un ou des animaux IPI ou virémiques transitoires.

Par contre, hors Bretagne, dans toutes les zones où il n’y a pas de lutte collective contre le BVD et/ou de suivi des statuts BVD des troupeaux, la circulation éventuelle du virus doit être contrôlée pour, au besoin, protéger un troupeau « naif » par vaccination. Afin de limiter les coûts et contraintes de prélèvement, les analyses sont réalisées sur des laits de mélange (voir tableau). « Lorsqu’un échantillon de mélange est positif, chaque animal qui le compose est repris en sérologie individuelle sur sang. » Les résultats sont interprétés et complétés en fonction de ceux éventuellement déjà disponibles au GDS. Ils sont ensuite présentés aux éleveurs lors de la visite d’audit, avec les actions à mettre en oeuvre pour limiter l’impact des maladies éventuellement détectées.

Si l’un des deux troupeaux a un statut défavorable en fièvre Q, par exemple, on préconisera la vaccination avant la mise à la reproduction des génisses des deux troupeaux et des vaches du troupeau « naif ». Si des endométrites sont observées après la fusion, un traitement antibiotique sera conseillé sur les vaches concernées. « Si les deux troupeaux sont positifs à la fièvre Q, la plupart des multipares sont immunisées et on peut se contenter d’une vaccination des génisses avant mise à la reproduction. »

En cas de statut néosporose défavorable, comme il n’existe pas, pour l’instant, de vaccin, on préconisera de ne pas garder les femelles positives ni leur descendance (réforme ou croisement industriel selon la prévalence). « Les éleveurs concernés devront être vigilants sur les mesures d’hygiène au vêlage, en évitant notamment que les chiens, et tout particulièrement les jeunes, n’aient accès aux délivres. Si ces mesures sont respectées, il ne doit pas y avoir suite à une fusion de flambées d’avortements due à Neospora. » Dans tous les cas, si l’un ou l’autre des troupeaux ou les deux présentent un statut défavorable vis-àvis d’une maladie abortive, les éleveurs devront être très attentifs et réactifs aux cas d’avortements qui pourraient survenir dans le troupeau fusionné.

Un compte-rendu récapitule les actions à mettre en place

L’audit peut également mettre en évidence la présence de paratuberculose dans l’un ou les deux troupeaux. Les mesures préconisées seront fonction de la situation. S’il apparaît que seuls quelques animaux sont concernés, la recommandation sera de les éliminer ainsi que leur descendance. « Tout bovin séropositif est en effet susceptible de déclarer la maladie. Et le stress lié à la fusion est un facteur de risque. » Si la prévalence est plus importante, ...

MISE EN GARDE

L’audit fusion proposé par les GDS bretons existe également dans d’autres départements. N’hésitez pas à vous renseigner car cette démarche préventive peut vous éviter des déboires. D’autant que son coût est souvent réduit. En Bretagne, le coût de la visite est inclus dans la cotisation GDS et le coût des analyses est partiellement ou complètement pris en charge selon les départements.

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