Aller au contenu principal

Sursemis
Redonner du «peps» aux prairies

Les conditions sèches du printemps ont dégradé des prairies. L’été est la bonne époque pour les sursemer sans détruire le couvert prairial en place.

TOUT EN INSTALLANT LA NOUVELLE FLORE, il faut continuer d’exploiter
la parcelle pour maintenir un accès à la lumière au jeune semis.
TOUT EN INSTALLANT LA NOUVELLE FLORE, il faut continuer d’exploiter
la parcelle pour maintenir un accès à la lumière au jeune semis.
© B. Osson

Certaines prairies ont souffert au printemps dernier, suite à la disparition d’espèces sensibles à la sécheresse ou au surpâturage. « On ne s’en rend pas forcément compte au premier coup d’oeil car les prairies sont redevenues verdoyantes avec la pluie tombée cet été, indique Bruno Osson, du Gnis. Pourtant, énormément de pâturins communs ont poussé. Ils donnent l’allure de jeunes semis appétants mais n’offrent pas de réel intérêt pour les éleveurs. » C’est une espèce de fond prairial classique qui s’installe dès lors qu’un vide apparaît. Et même si elles présentent une bonne valeur alimentaire, ces plantes se caractérisent par un enracinement superficiel, qui les rend sensible à la sécheresse et à l’arrachement.

Favoriser l’accès à la lumière dès que la graine a germé

C’est le bon moment pour le sursemis car la végétation en place pousse moins vite et se montre moins concurrentielle qu’au printemps pour les jeunes plantules. La terre est chaude et les pluies suffisent à la germination des semences. « La période est d’autant plus propice cette année que les prairies ont pris un coup dans l’aile au printemps, estime le technicien. Une flore à bout de souffle facilite le sursemis. Sans compter qu’à l’emplacement où les plantes sont mortes, les vers de terre ont commencé le travail d’ameublissement du sol. » Même si les meilleurs résultats sont obtenus avec du matériel de sursemis spécialisé, il est possible de le remplacer par du matériel présent sur l’exploitation.

« Le choix du matériel ne conditionne pas la réussite du sursemis », rassure Bruno Osson, en rappelant que « les principales causes d’échec proviennent avant tout d’un mauvais positionnement des graines ou d’un accès à la lumière insuffisant ». Il faut commencer par un pâturage ras de la parcelle à moins de 5 cm, puis ouvrir le sol avec une herse à dents rigides ou étrilles. « Ce hersage détermine la profondeur du semis, il est donc important de bien régler l’agressivité. » Le recours au semoir à céréales est un bon moyen d’obtenir une répartition des graines régulière et un bon dosage. La graine doit venir se loger au bon endroit: dans la matière minérale et pas dans le feutrage. « N’hésitez pas descendre de tracteur pour vérifier le bon positionnement. »

Le semoir à céréales fait très bien l’affaire

Il est indispensable ensuite de bien rappuyer le sol pour ancrer la graine et assurer sa germination. « Prévoyez un passage des animaux, souvent plus efficace, ou le passage d’un rouleau cambridge, cultipacker ou croskillette. » Reste à vérifier enfin que le semis lève et que l’ancienne flore ne se développe pas trop. « Les graines de céréales n’ont pas de réserve d’énergie. La première feuille qui sort est pour la graminée sa seule chance de se développer ! » Un coup de broyeur un mois après le sursemis est nécessaire ou un passage des vaches sur la parcelle.

Les cinq points clés pour réussir son sursemis

Intervenir sur une végétation rase et un sol ouvert

Choisir des espèces à installation rapide

Semer dans des conditions optimum de germination

Semer le plus en surface possible et recouvrir les semences de terre

Bien rappuyer le sol après le semis

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

vaches laitières au pâturage dans une prairie permanente du Grand Est
PAC et prairie permanente : quelles sont les règles de retournement ?

Dans quel cas un agriculteur peut-il retourner une prairie permanente ? En France, la conditionnalité de la PAC impose un…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">RGI et colza fourrager pâturés à la ferme de Trévarez dans le Finistère</em>
Sécheresse : que semer pour refaire du stock de fourrage rapidement ? 

Face à des stocks qui diminuent, des prairies qui peinent à reverdir et pousser, et un début de mois de septembre encore peu…

<em class="placeholder">Cet été, malgré la sécheresse, les vaches ont continué de recevoir quotidiennement 3 kilos de matière sèche de fourrage vert.</em>
« Je cultive de l’orge hydroponique pour apporter du vert toute l’année à mes vaches », dans le Jura

Le Gaec des Champs Matin dans le Jura expérimente la production et la distribution en vert d’orge hydroponique, cultivé hors…

vaches laitières avec broc et verre de lait, une courbe et l'indication "baromètre du prix du lait"
Prix du lait : quelle évolution par laiterie ?

Reussir Lait publie chaque mois un baromètre des prix de base pour un lait avec 38 g de matière grasse et 32 g de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière