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Recourez-vous à un conservateur pour vos ensilages d’herbe ?

Certains éleveurs le systématisent par sécurité, d'autres n'en utilisent jamais... L’ajout d’un conservateur ainsi que son choix se raisonne en fonction des conditions climatiques, des caractéristiques et de la qualité de l’herbe récoltée. 

 

Didier Plasse, éleveur dans le Rhône

 © DR

NON

Nous nous sommes posé la question avec mon fils mais je ne pense pas que cela nous apporterait une réelle plus-value. Nous avons un bon fourrage, appétent et de bonne valeur (0,96 UFL, 15 % MAT). Nous récoltons les prairies multiespèces à l’autochargeuse autour de 45 % MS. C’est le meilleur compromis entre l’appétence, la conservation, la valeur alimentaire et la réponse en lait. Un tel taux de matière sèche nous assure une conservation avec un minimum de pertes. On pratique aussi un tassage régulier du silo. Le fait d’empiler successivement, en tas, les couches d’ensilage d’herbe et de maïs à l’automne, recréé une compaction de masse. Le silo est fermé hermétiquement avec un double-bâchage dessus et des bâches latérales de chaque côté pour une étanchéité parfaite sur les bords. Grâce au silo sandwich, je gère un seul front d’attaque au quotidien et l’avancement est rapide. En respectant tous ces points, nous obtenons une bonne conservation, sans rien ajouter d’autre.

 

Jérôme Bourgault, éleveur dans le Calvados

 
 © DR

OUI

L’ensilage d’herbe représente un tiers de la ration hivernale de 60 laitières depuis cinq ans. Pour améliorer sa conservation, j’utilise depuis deux ans un conservateur d’herbe biologique. Je suis en zone AOP camembert et je préfère mettre toutes les chances de mon côté pour avoir un fourrage de qualité. Le conservateur n’est pas un améliorateur de fourrages, je le vois plus comme une assurance qualité qui accélère l’acidification naturelle et aide à atteindre plus vite un pH stabilisé. Cela limite les pertes de matière sèche et maintient les valeurs azotées et énergétiques. J’utilise trois sachets de 150 g (150 €) pour 200 tonnes de matière verte. Visuellement, il n’y a pas de pertes. Je suis également vigilant sur le tassage et la protection du silo.

 

 

 

Joris Mertens, éleveur en Corrèze

 © DR

OUI, MAIS... 

Désormais j’utilise du kéfir, une boisson fermentée fabriquée à partir de fruits et de sucre. J’étais satisfait du conservateur que j’achetais, il n’y avait pas de pertes visibles, pas de butyriques, ni d’échauffement à l’ouverture, mais son prix me paraissait excessif. J’ai testé le kéfir de fruits l’an dernier et ça a bien marché : le silo est bien conservé et on tourne à 80 de butyriques cet hiver. J’ai trouvé du kéfir dans une biocoop et je l’ai multiplié. Le principe est le même que pour faire du yaourt. J’utilise des récipients de 100 l et une pièce tempérée (20°C). La base se prépare avec 500 g de sucre roux, 5 kg d’eau tiède, cinq figues séchées (pectines) et trois cuillères à soupe de kéfir en grain. Le lendemain, je filtre la solution et les grains sont mis de côté pour renouveler l’opération. Chaque jour, je double les quantités que j’ajoute au mélange préalablement fermenté. Il m’a fallu une semaine pour obtenir le volume nécessaire. J’ai utilisé 200 l de kéfir pour traiter 70 tMS de fourrage. C’est économique, mais cela exige de la manipulation et de l’anticipation avant le chantier. Je renouvellerai l’expérience cette année.

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