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Ravageur du maïs : trois moyens de lutte contre la pyrale

La zone de développement de la pyrale s’étend, en tendance, vers le nord et l’ouest. Les dégâts de papillon actif la nuit peuvent être significatifs même en maïs fourrage. Dans les situations les plus à risque, une intervention avec des trichogrammes ou un insecticide permet de préserver rendement et qualité sanitaire.

Panicules ou tiges cassées, épis perforés… La présence de la pyrale peut être observée dans de nombreux secteurs de culture du maïs fourrage, y compris au nord de la France. La pression plus faible de la dernière campagne ne doit pas conduire à relâcher la vigilance. « On pourrait penser que l’impact de la pyrale est moins important sur maïs fourrage que sur maïs grain compte tenu de la précocité de la date de récolte, avance Michel Moquet d’Arvalis. Mais nos essais montrent cependant une nuisibilité non négligeable. En situation de pression moyenne, en absence de traitement, on enregistre une perte de rendement de l’ordre de 5 % (moyenne 10 essais), soit 750 kg MS pour un maïs à 15 t MS/ha. En situation très infestée, la perte de rendement peut être supérieure à 1 t MS/ha. » Avec des teneurs en mycotoxines qui peuvent poser des problèmes d’utilisation par les animaux. Les moyens de lutte sont efficaces à condition d’être bien positionnés.

1) Broyage et incorporation des cannes

La lutte nécessite d’abord une bonne gestion des résidus de récolte. En effet, la pyrale hiverne à l’état de diapause dans le bas des tiges de maïs et passe très bien l’hiver, même les plus froids. Pour réduire les populations, un broyage des cannes, fin et au ras du sol, est indispensable, sitôt la récolte des parcelles de maïs grain. L’enfouissement des résidus réduira encore les chances de survie des larves. « Pour être pleinement efficace, cette technique doit être mise en oeuvre sur toutes les parcelles de maïs grain dans un secteur donné, voire même sur les chaumes des parcelles de maïs fourrage les plus infestées. »

2) Biocontrôle à l’aide des trichogrammes

 

 
L’autre levier d’action consiste à détruire les œufs et les larves au printemps. « La décision de traiter doit être prise en fonction des observations réalisées l’année précédente, précise l’expert. Les situations les plus à risque concernent les parcelles avec un historique de dégâts, les parcelles en succession maïs/maïs ou avec une gestion insuffisante des résidus. » Le Bulletin de Santé du Végétal fournit des informations pour caractériser le risque à l’échelle d’une petite région en fonction du nombre de larves ou de galeries observé par plante à la récolte.

 

Une solution de traitement totalement biologique, à base de trichogrammes, est au point depuis plusieurs années. Ces micro-hyménoptères (taille inférieure à 1 mm) pondent dans les œufs de pyrale, empêchant ainsi la naissance des chenilles ravageuses. Pour une bonne efficacité de cette technique, il faut absolument viser les premières pontes et positionner les capsules au tout début du vol de papillons de pyrale. Une fois les larves sorties, les trichogrammes n’ont plus d’effet. Les diffuseurs déposés sur les plantes contiennent des oeufs à différents stades. La sortie échelonnée des trichogrammes adultes permet ainsi de mieux couvrir la période de ponte des pyrales.

Les trichogrammes sont sensibles aux conditions d’application. « Au contact du sol, exposés à la chaleur, leur efficacité peut être fortement réduite, indique Michel Moquet. En cas de lâchers précoces, sur des maïs peu développés, les diffuseurs doivent être accrochés sur des tuteurs ou protégés par un étui. Dans ce cas de lâchers sur maïs peu couvrants, la forme capsules est déconseillée. »

3) Pulvérisation d’insecticides

Les insecticides ont une action essentiellement larvicide. Ils doivent être positionnés au plus proche du pic de vol de pyrale afin de toucher le plus grand nombre de larves possible. Après leur éclosion et avant que celles-ci ne se réfugient dans la plante Les informations sur la dynamique du vol de pyrale (piégeage de papillons, suivi de chrysalidation) sont fournies par le BSV et autres réseaux d’observations. « Par rapport aux insecticides pyréthrinoïdes (Karaté Zéon dans les essais), la solution Coragen est plus onéreuse, mais est un peu plus efficace. Elle offre surtout un peu plus de souplesse en termes de positionnement par son action à la fois ovicide et larvicide. Success 4 est au même niveau d’efficacité que Karaté Zéon, mais nettement plus cher. Dipel DF obtient un niveau d’efficacité insuffisant, de l’ordre de 30% seulement. »

Combien ça coûte ?

D'après Arvalis, dans des bonnes conditions de mise en oeuvre, la lutte par biocontrôle avec les trichogrammes présente une efficacité comparable aux insecticides conventionnels. Le coût est de l’ordre de 38 à 45 €/ha en application manuelle (environ 5 ha/h), contre 25 à 50 €/ha avec les insecticides de synthèse, coût du passage compris. La solution la plus utilisée est sous forme de diffuseurs à accrocher à l’aisselle des feuilles. Les formes capsules peuvent être distribués mécaniquement par drone (+15 €/ha).

Pour plus d’informations, reportez-vous aussi à la fiche accident sur la pyrale

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