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Aliment du bétail
Rations enrichies en acides linoléiques conjugués

Des apports de sels de calcium d´acide linoléique permettent
de faire chuter le TB de 15 % et d´augmenter le lait, selon des essais réalisés en Bretagne par Xeris.


Compléter la ration des vaches laitières avec certains acides gras pour diminuer le taux de matière grasse du lait et augmenter la production laitière. Tel est l´objectif de Xeris. Ce projet se situe dans un contexte purement zootechnique. La société Xeris s´appuie sur des résultats de recherches publiés depuis le début des années 2000 au Canada, aux Etats-Unis,
en Australie. et sur ses propres essais menés dans six élevages bretons pour conclure que c´est possible et rentable.
Concrètement, il s´agit d´enrichir la ration des vaches avec des sels de calcium d´acide linoléique conjugué (voir encadré) répondant
au nom commercial d´Im´prouve ALC. Invité à la conférence organisée par Xeris le 19 mai à Vannes, Yvan Chouinard, chercheur canadien, a confirmé l´impact des acides linoléiques conjugués sur le TB. « L´administration d´ALC a diminué la teneur en matière grasse du lait de 16 à 29 % selon la dose dans nos essais. »
Par contre, et contrairement aux essais menés par Xéris en Bretagne ou d´autres études américaines, le chercheur québécois n´a pas constaté d´influence de l´apport d´ALC sur la production laitière. Cette différence serait attribuable à des différences de systèmes d´élevage et surtout au fait que « les Canadiens ont utilisé une formulation différente de la nôtre », souligne Yvon Raoul, directeur de Xeris.
Plus 10 % de lait produit sur la lactation
Selon les essais bretons, l´utilisation de sels de calcium Im´prouve ALC s´est traduit par « une augmentation de +10 % de lait produit sur la lactation, une baisse de 15 % du TB et une augmentation d´un point de TP sur les 150 jours premiers de lactation », affirme Jean-Jacques Mottais, responsable essais élevage à Xeris. Ce produit a « permis de limiter la perte de poids en début de lactation ». Ces résultats méritent cependant d´être confirmés. Pour répondre aux difficultés liées aux expérimentations menées en élevage, le protocole s´écarte parfois d´une rigueur scientifique irréprochable.
Pour Yvon Raoul, directeur de Xeris, « l´utilisation d´Improuve ALC offre une possibilité d´améliorer le revenu des éleveurs », notamment dans un contexte « de baisse du prix du lait » et de remise en cause « du paiement de la matière grasse ».
Reste un dernier élément : l´impact sur la santé humaine. Certains acides gras n´ont pas bonne réputation. Et c´est notamment le cas d´un des deux acides gras de synthèse (C18 : 2 trans-10, cis-12), présent dans Im´prouve ALC (voir encadré). « Nous devons rester prudents. Cet acide gras n´est pas souhaitable en alimentation humaine », prévient Jean-Michel Chardigny, chercheur au laboratoire de nutrition lipidique à l´Inra de Dijon. Ce dernier s´interroge notamment sur les effets bénéfiques pour l´homme des ALC synthétiques en regard « du risque potentiel » qu´ils représentent. Même questionnement au sujet de « la dose maximale admissible ». Il semblerait toutefois que l´apport alimentaire de sel de calcium Im´prouve préconisé par Xeris (20 g/j/vache pendant les 200 premiers jours de lactation) ne s´accompagne pas d´une élévation significative dans le lait du taux de cet acide gras de synthèse. C´est du moins ce que semblent montrer des essais réalisés au Canada. Après avoir évalué l´effet zootechnique de l´apport de sel de calcium d´acide linoléique conjugué, Xeris compte analyser le lait pour évaluer les conséquences sur la composition de la matière grasse du lait et la santé humaine « en collaboration avec l´Afssa ».

Xeris s´intéresse à deux formes particulières d´acides linoléiques conjugués
L´acide linoléique conjugué(1) qui nous intéresse ici peut revêtir 28 formes différentes. Deux formes de cet acide gras sont particulièrement mises en avant par Xeris. Il s´agit de l´acide ruménique (produit naturellement dans le rumen et surtout la mamelle) dont les propriétés anticancéreuses restent à démontrer chez l´homme. Le second ne possède pas encore de nom autre que celui répondant à la nomenclature des chimistes à savoir le « C18 : 2 trans-10, cis-12 ». C´est celui qui est justement décrit comme étant favorable à la baisse du TB chez les vaches laitières. Ce dernier « ne se rencontre pas ou très peu dans la nature », souligne Jean-Michel Chardigny, chercheur à l´Inra de Dijon.

(1) Attention, les acides linoléiques conjugués n´ont rien à voir avec l´acide linoléique que l´on trouve dans l´huile de tournesol, si ce n´est une structure chimique (nombre d´atomes de carbone.) proche.
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