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Quels critères suivre au quotidien avec un robot et comment réagir en cas d’alerte ?

Il ne s’agit pas de consulter tous les résultats en détail, mais seulement les vaches pour lesquelles ceux-ci diffèrent fortement par rapport aux traites précédentes.

© E. Bignon

À la ferme expérimentale de Derval, où un robot effectue 150 traites quotidiennes pour 72 vaches en moyenne, une seule personne s’occupe du robot (à tour de rôle une semaine sur deux).

Le matin, une visualisation rapide permet de se faire une idée du déroulement des traites de la nuit, de savoir comment a commencé la journée et si tout est en ordre côté « traite ». Ce contrôle peut se faire depuis le domicile via internet. En arrivant, nous savons par où commencer. Si certaines vaches sont en « doute » (mammite ou autre) depuis la veille, une consultation de leur dernière traite est impérative pour intervenir immédiatement si la situation s’est dégradée. Elles peuvent alors être poussées au robot. La consultation plus en détail des traites peut se faire pendant la traite d’une vache en traitement pour « ne pas attendre la fin de la traite à ne rien faire » ou après le travail d’astreinte (paillage, aliment, soins…). Cela représente 10 à 20 minutes de consultation.

En début d’après-midi, nous faisons systématiquement un tour dans la stabulation pour visualiser les chaleurs et surveiller le troupeau (métrite, état général, rumination, boiteries…). Ce passage se termine par une consultation succincte sur l’ordinateur du déroulement des traites de la matinée. Une analyse plus complète intervient vers 17h pour surveiller l’état des fraîches vêlées, des vaches en traitement et le déroulement global des traites de la journée. Les traitements antibiotiques des vaches en mammite sont appliqués matin et soir. En journée et la nuit, ces vaches sont interdites de traite, c’est aussi plus facile pour s’organiser.

Tout au long de la journée, de brefs passages permettent de s’assurer du bon déroulement des traites grâce aux indicateurs « couleur » sans aucune analyse de donnée de traites.

« Les vaches ont toutes leurs heures de passage »

Nous portons notre attention en premier sur la production du jour par rapport à ce que le robot avait estimé. Aussi, nous sommes équipés d’un compteur de cellules dont les résultats sont comparables aux repères du contrôle laitier. Une analyse quotidienne nous aide pour détecter les vaches élevées en cellules mais attention cela n’aboutit pas systématiquement à un traitement mammite : un choc, la chaleur, une infection dont le système immunitaire a pu se débarrasser… peuvent provoquer des augmentations de cellules. Ensuite, l’intervalle de traite nous indique si une vache se décale ce qui peut indiquer un problème de santé. En routine, elles sont régulières, elles ont toutes leurs heures de passage au robot. Enfin, en cas de doute, nous allons voir plus en détail avec la conductivité par quartier, et si le doute persiste, nous terminons systématiquement par un examen visuel et un test au Teepol (CMT, test au plateau). Nous utilisons peu les indicateurs pré calculé du logiciel de traite. Depuis janvier 2015, ces données sont complétées par celles du Herd Navigator (dosages de progestérones pour la reproduction, de LDH pour l’état inflammatoire et de BHB pour les acétonémies).

Finalement, une bonne partie des vaches passent inaperçues, notre attention est portée seulement sur celles mise en avant par le logiciel. Mais rien n’empêche, une ou deux fois par semaine, de passer toutes les vaches en revue pour mieux les connaitre.

L’évolution du critère plus que la valeur

En traite robotisée nous disposons de beaucoup d’informations individuelles allant jusqu’aux quartiers. Notre robot génère une vingtaine de données par traite soit 3 000 données par jour : impossible de tout compiler sans l’aide d’un logiciel. Ce qui nous intéresse en robot c’est l’évolution du critère plutôt que la valeur. C’est une erreur de vouloir comparer par rapport à un seuil commun. La visualisation sous forme de courbe ou le calcul des écarts en pourcentage permet de cibler les animaux douteux. Mais c’est le diagnostic sur l’animal qui conclut.

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