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Quelles évolutions avant et après passage au robot ?

Passer de la salle de traite au robot impacte l’élevage tant au niveau technique, économique qu’humain. Une enquête menée en Bretagne objectivise les résultats obtenus sur 43 exploitations qui ont fait le choix du robot.

L'enquête se base sur des données récoltées sur une période d’un an avant et après le passage au robot.
L'enquête se base sur des données récoltées sur une période d’un an avant et après le passage au robot.
© E. Bignon

D’après les chiffres du Crocit, en 2013 en Bretagne, une installation de traite neuve sur deux est un robot. « Pour approcher l’incidence d’un tel changement dans les élevages, nous avons réalisé une enquête l’hiver dernier auprès de 43 exploitations qui ont investi dans un robot de traite entre 2006 et 2011 », avance Marion Fleuret, des chambres d’agriculture de Bretagne. La comparaison se base sur des données récoltées sur une période d’un an avant et après le passage au robot. Un correctif conjoncture est appliqué pour tenir compte de l’évolution des prix des aliments. Premier constat : les élevages analysés se distinguent par une taille plus importante en surface (123 ha) et en nombre de vaches (80 VL) que la moyenne régionale, ainsi qu’un niveau d’intensification alimentaire plus élevé.
Sans surprise, après passage au robot, la production augmente de 550 litres par vache et le système alimentaire s’intensifie encore avec un recours plus important aux concentrés (225 kg/VL). Au niveau fourrager, le chargement reste inchangé mais le système évolue au profit du maïs et au détriment du pâturage. Le passage au robot implique aussi une augmentation du nombre d’élevages ne fermant plus leur silo et de ceux pratiquant l’affouragement en vert. En moyenne, le coût fourrager moyen progresse de 2 €/1 000 l, et le coût alimentaire de 12 €/1000 l.
Les frais vétérinaires ramenés aux 1 000 litres ne connaissent pas d’évolution majeure. La même tendance s’observe pour les frais de reproduction ; ils se limitent à 10 € supplémentaires par vache en moyenne après passage au robot.

 

La principale difficulté tient à la gestion de la qualité du lait

 

La qualité du lait, par contre, se voit pénalisée. « C’est la principale difficulté citée par les éleveurs, avant les problèmes de conduite d’élevage et de remplacement. » Un quart des exploitations de l’échantillon connaît une augmentation significative du nombre de cellules. Sur ces élevages, elles augmentent en moyenne de 77 000 par millilitre. À noter que ces résultats sont issus d’analyses de lait de tank, et non d’analyses de lait individuelles, et ne tiennent donc pas compte du tri que peuvent pratiquer les éleveurs. La hausse de la lipolyse concerne près des deux tiers des élevages (0,25 mEq/100 gMG). Enfin, les butyriques et les germes augmentent aussi, respectivement dans 21 et 25 % des cas, mais sans causer d’incidence sur la paye de lait.
Côté travail, le passage au robot est vécu de deux manières distinctes. Avec d’un côté, les éleveurs qui considèrent que le robot engendre autant de travail qu’une salle de traite mais qu’il permet plus de souplesse et une meilleure qualité de vie. Et de l’autre, les éleveurs qui estiment qu’« avec un robot, ce n’est jamais fini ». Quoi qu’il en soit, au quotidien, le gain de temps relatif à la traite et l’observation des vaches s’élève à près de 4 minutes par jour et par vache avec l’arrivée du robot. Le plus souvent, les éleveurs passent entre 20 et 30 minutes par jour devant l’ordinateur, mais ce temps de suivi varie toutefois fortement : de 10 à plus de 100 minutes par jour.

La principale difficulté tient à la gestion de la qualité du lait

 

La qualité du lait, par contre, se voit pénalisée. « C’est la principale difficulté citée par les éleveurs, avant les problèmes de conduite d’élevage et de remplacement. » Un quart des exploitations de l’échantillon connaît une augmentation significative du nombre de cellules. Sur ces élevages, elles augmentent en moyenne de 77 000 par millilitre. À noter que ces résultats sont issus d’analyses de lait de tank, et non d’analyses de lait individuelles, et ne tiennent donc pas compte du tri que peuvent pratiquer les éleveurs. La hausse de la lipolyse concerne près des deux tiers des élevages (0,25 mEq/100 gMG). Enfin, les butyriques et les germes augmentent aussi, respectivement dans 21 et 25 % des cas, mais sans causer d’incidence sur la paye de lait.
Côté travail, le passage au robot est vécu de deux manières distinctes. Avec d’un côté, les éleveurs qui considèrent que le robot engendre autant de travail qu’une salle de traite mais qu’il permet plus de souplesse et une meilleure qualité de vie. Et de l’autre, les éleveurs qui estiment qu’« avec un robot, ce n’est jamais fini ». Quoi qu’il en soit, au quotidien, le gain de temps relatif à la traite et l’observation des vaches s’élève à près de 4 minutes par jour et par vache avec l’arrivée du robot. Le plus souvent, les éleveurs passent entre 20 et 30 minutes par jour devant l’ordinateur, mais ce temps de suivi varie toutefois fortement : de 10 à plus de 100 minutes par jour.

Attention aux frais de maintenance

Chiffrée à 5800 € par stalle, la moyenne des frais de maintenance cache de gros écarts entre élevages. Le tiers inférieur obtient une moyenne de 7 €/1000 l contre 17 €/1000 l pour le tiers supérieur. Ces différences ne sont pas en lien avec l’âge des robots ni le nombre de stalle. « Globalement, les contrats de maintenance sont difficiles à décrypter
et les éleveurs ne savent pas exactement ce qu’ils incluent. D’où de mauvaises surprises parfois », alerte Marion Fleuret.

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