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Quel est le coût de production marginal de mes derniers litres de lait ?

Les simulations des réseaux d’élevage des Pays de la Loire montrent que bien souvent le coût marginal peut, selon la stratégie adoptée, osciller entre 220 et 250 E/1000 litres, à condition de partir d’une situation optimisée.

Ai-je intérêt à produire du lait supplémentaire au prix B si la laiterie m’en propose et si je peux le faire sans investir ? À l’inverse, ai-je intérêt à produire tout le contrat : mes derniers litres ne me coûtent-ils pas plus cher que le prix auquel je les vends ? Les réseaux d’élevage des Pays de la Loire proposent une méthode et des repères pour définir une stratégie de production cohérente. Une approche destinée avant tout à susciter discussions et échanges.
Les données chiffrées proposées ci-dessous s’appuient sur l’exemple d’une exploitation laitière produisant 550 000 litres de lait avec 68 vaches à 8100 litres (28 l/VL/jour - 150 g concentré/l -100 g PIE/UFL). Une exploitation qui a la possibilité de produire un volume de lait supplémentaire sur 6 mois de 50 000 litres au prix de 250 E/1000 litres.

1- Faire le point sur l’efficacité de la ration actuelle

« Il faut commencer par un état des lieux, notamment sur le niveau de production par vache et l’efficacité de la ration actuelle. C’est essentiel, insiste François Battais, des réseaux d’élevage des Pays de la Loire. L’analyse des pratiques peut mettre en évidence un coût de concentré élevé ou une faible efficacité alimentaire. Dans ce cas, un ajustement des pratiques est souhaitable avant toute décision d’accélérer ou décélérer en termes de production. De la maîtrise de la situation initiale dépend l’intérêt économique des leviers activés pour produire les derniers litres de lait ».

Le tableau ci-contre compare cinq stratégies de rationnement :
METTRE LE TABLEAU (CINQ STRATEGIES DE RATIONNEMENT)

- la solution « optimisée » (centrale) correspond à une ration complète équilibrée à 100 g de PDI/UFL.

- pour augmenter la productivité des vaches, les rations « sécurisée » et « généreuse » s’appuient sur une complémentation en concentré de production. Chaque kilo de concentré s’accompagne d’une substitution fourrage/concentré. Au final, les réponses en lait peuvent être faibles (0,7 l de lait/kg de concentré).

- À l’inverse, les rations « économe » et « réductrice » correspondent à des réductions d’apports protéiques.

« Mieux vaut éviter les situations extrêmes qui vont pénaliser trop fortement la productivité des vaches ou au contraire vont entraîner une dépense trop importante en aliment. Il faut rechercher l’optimum zootechnique avec une densité protéique dans la ration de 100 g de PDI/UFL. »

2- Choisir les leviers que vous comptez activer

Il y a deux façons d’accélérer (ou décélérer) la production. Soit en jouant sur la productivité des vaches en distribuant davantage de concentré de production ou davantage de concentré azoté. Soit en jouant sur les effectifs animaux en gardant des vaches qui auraient pu être vendues en lait, en repoussant des réformes ou en achetant des amouillantes.

3- Analyser la situation en termes de moyen de production

Ai-je la place pour loger plus d’animaux ? Ma trésorerie permet-elle de retarder les réformes ou garder des vaches en lait ? Y a-t-il un risque de dégradation de la qualité du lait ? Ai-je assez de fourrages ? Quels impacts en termes de travail ?...

4- Estimer les impacts des leviers

Des simulations ont été réalisées sur l’exploitation pour quatre leviers :

- Augmenter la quantité de concentré de production de 1 kg : dans notre exemple, ce levier permet de vendre 11 000 litres de lait supplémentaires. Le calcul est détaillé dans l’encadré ci-contre.

- Augmenter la densité protéique de 10 g de PDI/UFL de la ration ( soit +1 kg soja ou +1,5 kg colza): ce levier permet de vendre 10 500 litres de lait supplémentaires.

La variation de coût marginal est principalement liée au coût du correcteur ; les réponses en termes d’ingestion de lait et de taux sont bien connues (1). Avec un correcteur azoté à 345 E/t, le coût marginal est estimé à 361 E/1000 litres. «Dans la gamme de prix étudiée (correcteur variant de 305 à 385 E/t), le coût marginal est toujours au-dessus de 300 E/1000l. Il est inutile cet hiver de chercher à produire du lait en renforçant la densité protéique au-dessus de 100g de PDI/UFL ».

- Conserver 10 vaches laitières : ce levier permet de vendre 45 000 litres de lait supplémentaires.

La rentabilité de ce levier est liée à l’efficacité des vaches conservées mais aussi au différentiel de valorisation des réformes entre le moment où l’on décide de les garder et leur vente. Avec un différentiel de 100 euros et des vaches produisant 25 l/jour, le coût marginal est estimé à 220 E/1000 litres. Si le marché des réformes est stable, le coût marginal reste inférieur à 250 E à condition que la production des vaches conservées soit supérieure à 18 l/jour.« Cette stratégie est la plus sûre pour produire plus de lait mais c’est aussi celle qui ramène le plus de travail. »

- Acheter 5 amouillantes (25 litres/jour): ce levier permet de vendre 22 500 litres de lait supplémentaires.

La rentabilité de ce levier est liée à l’efficacité des amouillantes achetées, à leurs prix d’achat et à la valorisation des réformes supplémentaires en fin de campagne. Si la valorisation des vaches est inférieure de 100 E au montant d’achat des amouillantes, avec des amouillantes produisant 25 litres/jour, le coût marginal est estimé à 200 E/1000l. « Le coût marginal reste inférieur à 250 E si le différentiel vaches/amouillantes est inférieur à 300 E et si la production des amouillantes est supérieure à 24 l/jour ».

(1) + 0,9 l/kg, -0,3 TB et +0,6 TP en passant de 100 à 110 g de PDI/UF et -0,7 kg MS ingérée.Pour avoir avoir les calculs d'impact des différents leviers: www.paysdelaloire.chambagri.fr

Exemple de calcul avec le levier coût de production

Il convient dans un premier temps d’estimer l’impact technique du levier sur la production laitière, puis l’impact économique à l’aide d’un budget partiel. En divisant le solde du budget partiel par le volume de lait supplémentaire obtenu, on obtient le coût marginal. La méthode proposée s’intéresse ensuite à la variabilité du coût marginal.

° Impact technique d’une augmentation d’1 kg de concentré sur une ration équilibrée : + 0,8 litre de lait, -0,2 g/l de TB, + 0,1 g/l TP, et - 0,6 kg MS fourrages/VL.

L’impact sur la production de lait est égal à 65 VLx 0,9 l  x180 jours = 11 016 litres produits en plus.

° Impact économique : METTRE TABLEAU BUDGET PARTIEL Dans notre exemple, avec un concentré de production à 260 E/t, le coût marginal est estimé à 245 E/t.

° Le graphique  montre la variabilité du coût marginal en fonction de la réponse en lait par kilo de concentré de production supplémentaire. Pour un coût marginal de 250 E/1000Litres, on peut accepter au minimum une réponse de 0,7 l /kg de concentré avec un concentré de production à 230 E/tonne. Avec un concentré  à 290 E/tonne, la réponse doit être au minimum de 1 l /kg de concentré. « L’intérêt du levier concentré de production est aléatoire avec une rentabilité très liée à l’efficacité du concentré ».
METTRE LE GRAPHIQUE : SENSIBILIT2 DU COUT MARGINAL....

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