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Quel emplacement pour ma salle de traite ?

Un compromis à trouver. La place du bloc traite par rapport à la zone de couchage et d’alimentation est à raisonner en fonction de vos objectifs prioritaires et de vos contraintes.

vec l’agrandissement des troupeaux, le bâtiment ne se conçoit plus de la même manière qu’il y a dix-vingt ans. "On raisonne par zone ou bloc : couchage, alimentation, traite, etc. Il ne faut pas s’interdire pas de ne pas tout mettre sous le même toit. Cela peut aller jusqu’à ne pas couvrir l’aire d’attente. Et on raisonne circuits, des animaux et des hommes", plantent les conseillers bâtiment contactés. "Le fait de prendre indépendamment les blocs peut aussi être intéressant pour répartir les investissements dans le temps." Et parmi ces blocs, la salle de traite est centrale.

"Pour un projet salle de traite et bâtiment, on part des objectifs des éleveurs : traire rapidement, améliorer le confort de traite et de déplacement dans le bâtiment pour l’éleveur, pouvoir trier seul ses vaches en sortie de traite, faire de la conduite en lots, etc.", indiquent les conseillers. Selon Sylvain Kientz, de la chambre d’agriculture de Normandie, le premier critère qui détermine l’emplacement de la salle de traite par rapport au reste du bâtiment et au reste de l’exploitation, c’est la conduite du troupeau : en lots ou tout le troupeau, avec un système très pâturant ou pas.

Ensuite, ce sera l’environnement des bâtiments : la distance vis-à-vis d’autres ouvrages, des tiers, d’une route ou d’un cours d’eau, la topographie et son influence sur les coûts de terrassement mais aussi la qualité de la ventilation, l’accès de la laiterie pour le camion de collecte, etc. Mais ce sera aussi la recherche de la meilleure circulation possible des animaux, à l’entrée et en sortie de traite ; une circulation des hommes aisée et sécurisée ; le tout, raisonné économiquement. Cet ensemble de critères conduira l’éleveur à placer sa salle de traite : au milieu du bâtiment, au bout d’un des pignons, sur un des côtés latéraux, ou déconnecté du bâtiment.

Autre élément déterminant, "il faut obtenir un bâtiment évolutif, et prévoir une possibilité d’extension des zones de couchage, de l’aire d’attente, de la salle de traite, de la laiterie, des box d’isolement, de la gestion des effluents", insiste Bertrand Flament, de la chambre d’agriculture des Hauts de France.

Dans ce dossier, nous verrons quatre élevages qui, pour leur projet d’agrandissement, ont dû changer de place leur salle de traite par rapport au reste des bâtiments, ou envisager une nouvelle disposition dans de nouveaux bâtiments. Ils exposent les compromis qu’ils ont choisi de faire, entre leurs contraintes et leurs objectifs. Car, dans la vraie vie, aucun bâtiment n’est idéal, l’important est de s’y sentir bien.

La salle de traite à un pignon, rien à l’autre pignon !

La salle de traite en pignon est un classique, très simple, où les vaches circulent bien. Pour une conduite en lots, on positionnera la salle de traite en position centrale (voir plus loin), avec deux couloirs de retour. Dans cette configuration, on se garde la possibilité d’allonger le bâtiment par l’autre pignon. On pourra étendre l’aire d’attente sur l’aire d’exercice. "Quand l’extension n’a pas été prévue (la fosse à lisier à un pignon, la salle de traite à l’autre pignon), la tendance est d’agrandir par le long pan. Élargir la partie couchage est déconseillé au-delà de 30 mètres de largeur, à cause des difficultés à ventiler le bâtiment. On peut le faire à condition d’avoir un environnement favorable (pas d’obstacle à la ventilation à proximité immédiate du bâtiment), d’ouvrir sur un des longs pans, de créer un décrochage de toiture pour créer un relais de ventilation, etc.", rappelle François Gervais, de l’Institut de l’élevage.

Le bloc traite disposé sur le long pan permet l’extension du bâtiment par les deux pignons. L’aire d’attente peut s’étendre sur l’aire d’exercice. "J’ai un exemple d’agrandissement dans cette configuration. La salle de traite a été agrandie sur la laiterie. Et la laiterie a été déplacée sur la façade latérale de la salle de traite. Cela a permis de ne pas toucher à la nurserie située à côté de la salle de traite. C’est un cas de figure transposable dans bon nombre de fermes", raconte Bertrand Flament.

Le bloc traite indépendant est rare en France, et se rencontre plus fréquemment dans les grands troupeaux d’Europe du Nord gérés en lots. Des couloirs de circulation non couverts relient le bloc traite aux blocs couchage et alimentation. L’intérêt est que l’évolution future de l’élevage est aisée et illimitée. "Économiquement, cela vaut le coup en cas d’évolution future", indique Bertrand Flament.

Cas particulier, la laiterie est à quelques dizaines de mètres de la stabulation où se trouve la salle de traite. Un transfert de lait est aménagé. "J’ai un exemple où l’objectif était d’optimiser la circulation des animaux et des hommes autour de la salle de traite, et que les circuits (du lait, des déjections, de l’alimentation) ne se croisent pas. Si la laiterie avait été collée au bâtiment, le circuit du lait croisait celui des déjections. Donc elle a été déconnectée du reste du bâtiment", cite Sylvain Kientz.

Attention à la circulation des vaches et des hommes !

Un objectif commun à tous les projets est la circulation rapide et fluide des vaches. Sinon l’éleveur est obligé d’intervenir. "Si un couloir (ce peut être un couloir d’alimentation ou d’exercice) amène les vaches jusqu’à l’aire d’attente, pour faciliter la circulation et prévenir les blessures, il faut éviter toute forme d’obstacle ou de parties saillantes. L’idéal est d’avoir une continuité de largeur entre ce couloir et l’accès à l’aire d’attente. Si un rétrécissement de couloir est inévitable, surtout ne pas le faire dans un angle, le réaliser en ligne droite et progressivement, par exemple de 4,50 mètres de large à 3,50 m", insiste François Gervais, de l’Institut de l’élevage. Dans un couloir de retour plus étroit (0,90 m), les angles à 90° ne posent pas de problème.

Comme autre obstacle, "on évitera les marches. S’il faut en faire, l’idéal est de combiner pentes et petites marches de 5 à 7 cm de haut". Il faut chasser les zones sombres et de lumière. "La règle d’or est une paroi pleine non réfléchissante et une lumière régulière sans zone d’ombre, pour ne pas perturber la vision de la vache."

Éviter les couloirs de retour trop larges

Une erreur est de faire des couloirs trop larges en sortie de salle de traite. "Trois mètres de large c’est bien pour sortir vite, mais attention à la propreté de la zone ! Si c’est trop large, les animaux peuvent se mettre à tourner en rond. On prévoira un entonnoir pour rétrécir rapidement le couloir de retour. Les vaches sortent bien même avec une porte de sortie de 0,90 m en bout de quai. Pour réussir la sortie de salle de traite, il faut respecter la formule suivante : largeur de la porte de sortie + largeur du couloir de retour après la porte = 2 mètres. Donc avec une porte de 0,90 m, le couloir de retour fait 1,10 m de large après la porte et se réduit ensuite en entonnoir jusqu’à 0,90 m."

Avec l’agrandissement des troupeaux, les locaux d’isolement deviennent fondamentaux. En sortie de salle de traite, il faut prévoir un ou deux couloirs de retour. Ces couloirs doivent être étroits (0,90 m de large) si on utilise des portes de tri automatiques, pour que les vaches restent bien l’une derrière l’autre. Il faudra bien placer les portes de tri en bout de couloir, avant ou après un angle, pour ne pas perturber la circulation des animaux.

Enfin, attention à ne pas oublier la circulation des hommes. "J’ai vu dans plusieurs élevages avec conduite en lots, un couloir d’homme avec des passages d’homme, en parallèle du couloir des vaches, pour que ce dernier reste accessible aux éleveurs pendant la traite", termine François Gervais.

La conduite du troupeau est un critère déterminant

Si l’objectif est de faire de la conduite en lots

Pour le bien-être des vaches et des trayeurs, et l’économie d’équipement et d’eau. "Avec l’agrandissement des troupeaux, la taille des aires d’attente et des blocs traite est plus importante. Le coût d’investissement et d’entretien augmente, le temps d’astreinte pour traire et nettoyer s’allonge. Les animaux piétinent plus longtemps dans l’aire d’attente, ce qui est très préjudiciable à l’aggravation des boiteries. La conduite en lots apporte une réponse à ces inconvénients, et certains éleveurs ne la pratiquent que pour la traite", expose François Gervais, de l’Institut de l’élevage. L’aire d’attente et la salle de traite sont moins grandes, ajustées à la taille du lot. "La contrainte, c’est qu’il ne faut pas être seul à la traite. À l’étranger, où cette conduite est plus courante, ils font des lots de 80 à 130 vaches. Une personne trait et une autre peut gérer les lots. Avec un temps de traite total long, ces personnes changent de rôle en cours de traite entre les lots. Cet allégement de l’astreinte de la traite demande une organisation du travail. Il faut aussi que la configuration du bâtiment s’y prête."

Voici trois configurations pour de la conduite en deux lots.

La salle de traite intégrée dans le bâtiment

Cette disposition ne nécessite pas de couloir de retour, sauf si on veut trier automatiquement les animaux. Les circuits sont bien séparés. L’inconvénient est la largeur du bâtiment, et l’hiver, le trayeur peut subir le froid.

Schéma 1 de la position intégrée

Le bloc traite en position centrale

En sortie de salle de traite, chaque lot sort de son côté. Quand l’éleveur veut agrandir, il peut étendre la partie couchage de chaque côté. L’aire d’attente peut être intégrée dans le bâtiment. La circulation des vaches peut s’avérer plus délicate en raison de la présence de couloirs pour amener les vaches jusque dans l’aire d’attente.

Schéma 2 de la position centrale

S’il y a plus que deux lots, le bloc traite doit être raisonné indépendamment.

Le bloc traite indépendant

Cette disposition permet de court-circuiter la stabulation lors du pâturage. Du côté des inconvénients, "il faudra faire attention à la gestion des circuits de déjection par rapport aux circuits d’alimentation", indique Bertrand Flament, de la chambre d’agriculture des Hauts-de-France. Les circuits sont plus longs. Les couloirs et aire d’attente découverte génèrent plus d’effluents (eaux brunes) mais il existe des solutions de traitement plus économique que le tout stockage : systèmes avec décantation puis épandage sur prairies ou lagunage ou filtres plantés…

Schéma 3 du bloc de traite indépendant

Si l’objectif est d’éviter de passer par la stabulation

En système pâturant, le bloc traite se raisonne à part du reste du bâtiment, et il se positionne en fonction des accès aux pâtures. "Pour éviter de salir la stabulation en pleine période de pâturage, on prévoira de positionner la salle de traite à un endroit où les vaches pourront aller des prairies jusqu’en salle de traite, et vice versa, sans passer par la stabulation, indique Sylvain Kientz. Si on veut complémenter en période de pâturage, pour que les vaches n’entrent pas dans la zone de couchage après la traite, on prévoit une zone d’alimentation indépendante du couchage."

Si la priorité va à l’économie et au gain de place

L’aire d’attente est intégrée au couloir d’exercice. "Ce cas de figure est plutôt adapté à la salle de traite rotative, car les vaches entrent en file indienne dans le roto. L’avantage de cette configuration est l’optimisation du coût d’investissement en bâtiment mais aussi l’économie de nettoyage du sol " (lire page xx). Mais ce n’est pas toujours adapté à une conduite en lots car cela risque de perturber l’activité du lot où est située l’aire d’attente, soit au niveau de l’alimentation soit au niveau du couchage", indique François Gervais, de l’Institut de l’élevage.

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