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Profiter de l’herbe en hiver sans matraquer les prairies

L'art du pâturage hivernal est de profiter de l'herbe sans abîmer les prairies.

PATRICE PIERRE. « Les
vaches adaptent leur
ingestion au temps
de présence dans la
parcelle, et à la quantité
d’herbe disponible. »
PATRICE PIERRE. « Les
vaches adaptent leur
ingestion au temps
de présence dans la
parcelle, et à la quantité
d’herbe disponible. »
© C. Pruilh

Patrice Pierre, conseiller prairies à la chambre d’agriculture, sur la Mayenne et le Maine-et-Loire, a livré quelques repères de conduite du pâturage d’hiver (décembre à fin février), lors d’une journée « Les bio pratiquent », organisée par le Civam bio de Mayenne.

L’art du pâturage d’hiver est de surmonter le défaut de portance des sols. En condition défavorable, « on préférera les prairies les plus séchantes et les prairies permanentes. Une prairie temporaire jeune est sensible au matraquage. On adaptera le temps de présence des animaux afin de limiter le piétinement. Il ne faut pas hésiter à limiter le temps de sortie en cas de conditions de portance difficiles. Les vaches s’adaptent au temps de présence dans la parcelle, et à la quantité d’herbe disponible. Une vache peut ingérer 3 kg MS d’herbe en deux heures ».

On peut opter pour une rotation rapide sur tous les paddocks, ou pour une rotation lente en regroupant plusieurs paddocks. Patrice Pierre insiste sur l’arrêt du pâturage en cas d’épisode pluvieux. « Il ne faut pas matraquer la prairie, si on veut qu’elle récupère au printemps. »

Dans tous les cas, il est conseillé d’observer une période de repos qui sera bénéfique pour la reconstitution des réserves des espèces prairiales. « Difficile de dire pendant combien de temps. On entend dire de 1 à 2 mois. »

Une piste pour mieux pâturer l’hiver pourrait être de diversifier les prairies multiespèces en y introduisant des espèces plus tolérantes au froid (fétuque des prés, fléole…), plus précoces pour démarrer plus vite en fin d’hiver. Une question qui reste à étudier, selon Patrice Pierre.

En sortie d’hiver (février-mars), « les vaches peuvent pâturer ras (3 cm), sans impact sur la prairie. C’est une herbe avec un taux de MS plus élevé qu’au printemps, et beaucoup de feuilles de qualité (0,96 UFL, 140 g PDIN). »

« Il n’y a pas d’effet sur le rendement de la prairie au printemps suivant. Par contre, il y a un décalage dans la reprise de la pousse : chaque semaine de pâturage hivernal représente un jour de décalage au printemps. Faut-il des prairies multiespèces plus précoces pour démarrer plus vite en fin d’hiver ? La question reste posée. »

Enfin, Patrice Pierre indique « qu’il n’y a pas d’effet sur le lessivage d’azote avec un chargement modéré, sans hivernage ». Et « il n’y a pas d’effet sur le plan parasitaire ».

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