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Prévoir sa trésorerie pour éviter de casser sa tirelire

Faire face à des fluctuations de trésorerie sans y être préparé peut compliquer la gestion de l’exploitation au quotidien. Un outil simple sous forme de tableau de bord peut vous aider à anticiper.

Exemple : Le report de trois mois d'échéances d'emprunt permet de maintenir le cap
Exemple : Le report de trois mois d'échéances d'emprunt permet de maintenir le cap
© Chambre d'agriculture du Finistère

"Dans les mois à venir, de plus en plus d’exploitations risquent de se trouver dans une situation tendue en termes de trésorerie », indiquent de concert les conseillers. Il faut explorer sans attendre les pistes pour anticiper une dégradation de la trésorerie. Même si elle n’est pas flagrante, une certaine tension est déjà palpable, comme l’indique le niveau des dettes fournisseurs de certaines exploitations et les indicateurs de fonctionnement de compte.

Le Crédit Mutuel de Bretagne enregistrait fin juin une augmentation de 10 points de la mobilisation des encours liés aux ouvertures de crédit par rapport à la même date l’année précédente. « N’attendez que les factures commencent à s’entasser pour faire le point avec votre banquier sur la situation, et lui présenter les difficultés attendues, suggère Yves Champion, responsable du marché agriculture au Crédit agricole d’Ille-et-Vilaine. Mieux vaut mettre en place un plan d’action le plus en amont possible. »

UN OUTIL POUR SUIVRE LA TRÉSORERIE

À court terme, la première étape consiste en un état des lieux précis avec une prévision des recettes et des dépenses à venir. Afin d’aider les exploitants à effectuer cette prévision et le suivi de leur trésorerie, la chambre d’agriculture du Finistère propose le programme Tréso-Lait.

Construit sous Excel, ce tableau de bord s’appuie sur la conduite au jour le jour de l’exploitation : livraisons mensuelles de lait, calendrier prévisionnel des vêlages et des réformes, consommation de concentrés, itinéraire technique des cultures, quantité d’engrais commandée… Mais aussi sur un ajustement des charges de l’année précédente pour ce qui est des charges fixes. « Le programme permet de prévoir les périodes de l’année où la trésorerie risque d’être tendue et de préciser l’importance et la durée des déficits, explique Isabelle Pailler, de la chambre d’agriculture du Finistère. C’est le point de départ avant de décider des mesures pour limiter les frais financiers qui en découlent. »

Selon la situation et le niveau d’endettement, différentes solutions sont envisageables pour passer ce cap : ouverture de crédit, court terme bancaire, report d’échéances, rééchelonnement des emprunts, reprise d’autofinancement par du financement bancaire, demande d’avance sur les DPU, etc…

« Tréso-Lait permet d’être plus réactif et de tester facilement l’impact des décisions de gestion sur la situation de trésorerie, poursuit Isabelle Pailler. De plus, l’anticipation des mouvements de trésorerie permet de se rassurer en offrant une meilleure visibilité. »

ATTENTION AUX COÛTS DE PRODUCTION

Autre point clé à déterminer : le coût de production du litre de lait produit. « On suivra les producteurs qui affichent une volonté claire de mettre en oeuvre des solutions techniques concrètes pour maîtriser leurs coûts de production », assure Yves Champion. « Approcher ce coût est un impératif !, rappelle Michel Hobé de Cogédis. Il permet à la fois de connaître ses points forts et d’identifier les risques de dérive. Il est ainsi plus facile de cibler au plus juste les leviers technico-économiques à actionner. De plus, à terme, ce coût servira aussi de repère pour décider de produire plus ou moins en fonction des propositions de la laiterie et du coût marginal du lait supplémentaire. » ■

 

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