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Près de 200 000 veaux bretons garantis non IPI dès la naissance

Grâce à un dispositif de lutte contre la diarrhée virale bovine basé sur le suivi des laits de tank et quelques critères, une bonne partie des veaux laitiers bretons peuvent être garantis non IPI (non infecté permanent immunotolérant) dès la naissance. Sans avoir à faire de tests individuels et avec un risque d’erreur inférieur à 0,02 %.

« Cette femelle déclarée il y a quelques jours bénéficie déjà de la garantie non IPI, sans que j’ai rien eu à faire de particulier », explique André Briend, éleveur à Lanouée et président du GDS du Morbihan. « Comme 40 % des cheptels laitiers bretons, le troupeau de l’EARL des deux villes satisfait en effet aux conditions définies par les GDS bretons pour pouvoir bénéficier de la garantie non IPI des veaux à naître », précise Alain Joly, vétérinaire au GDS. Ce dispositif constitue la dernière étape franchie dans la lutte contre la BVD (diarrhée virale bovine), engagée il y a une dizaine d’années dans la région.
Les premières actions ont débuté en 2001, avec la mise en place d’analyses sérologiques régulières et généralisées des laits de tank. Ce suivi a permis d’évaluer le statut des troupeaux vis-à-vis de la BVD et d’engager des actions spécifiques dans les différentes catégories d’élevage (A, B, C, D ou E). Au fil des années, la proportion de cheptels indemnes (A) a fortement progressé, celle des troupeaux infectés a diminué, de même que la prévalence des IPI, qui s’établit maintenant à moins de 0,2 %. « Cette très faible prévalence et l’arrivée sur le marché de tests sérologiques très sensibles ont permis de réunir les conditions nécessaires à la mise en place du système actuel, plus performant en termes de garanties individuelles apportées aux animaux », explique Alain Joly.


Quatre niveaux de garantie sur des bovins plus ou moins jeunes


« En effet, s’il a permis de bien progresser dans la maîtrise de la BVD, le suivi sérologique des laits de tank tel qu’il était pratiqué depuis le début des années 2000 avait ses limites », reconnaît le vétérinaire. Seules les vaches en lactation pouvaient être garanties via ces résultats « lait de tank ». « Pour les autres catégories de bovins, il fallait recourir à des analyses individuelles, ce qui n’était pas complètement satisfaisant. » D’autant que, compte tenu des caractéristiques du virus responsable de la BVD, il paraissait possible —en ajoutant certaines conditions — de garantir d’autres catégories d’animaux. Encore fallait-il le vérifier…


Tous les veaux qui naissent dans les trois mois jusqu’au contrôle suivant


Des travaux de recherche ont donc été menés en partenariat avec l’UMR BioEpAR (Oniris-Inra) dans le cadre de l’UMT santé des bovins. Différents critères, déterminés en fonction des connaissances sur la BVD (pathogénie du virus, modes de transmission…), ont été testés pour s’assurer qu’ils permettaient bien de qualifier des animaux non IPI, sans test spécifique et avec un risque d’erreur très faible, inférieur à 1/5 000. « Cette validation s’est faite grâce à des modèles et à la création d’un fichier des anomalies où sont répertoriés tous les animaux qualifiés à tort », explique Alain Joly. Toujours en place, ce fichier permet de s’assurer en permanence que le risque d’erreur est bien inférieur au seuil de 0,02 %. Une fois les critères validés, il a été possible de proposer le système actuel, avec différents niveaux permettant de garantir des bovins plus ou moins jeunes.

Ce système original, sans équivalent en Europe, ne manque pas d’intérêts, notamment sa simplicité. À partir du moment où un élevage satisfait les conditions requises, tous les veaux qui y naissent dans les trois mois, jusqu’au contrôle sérologique suivant, bénéficient automatiquement de la garantie non IPI. Comme la garantie non IPI d’un animal est valable à vie, le système évite d’avoir à faire un contrôle individuel si le bovin est vendu, ce qui est aussi intéressant en termes de coût. En effet, « les quatre analyses sérologiques annuelles de lait de tank à la base de ce système qui peut permettre de garantir l’ensemble des bovins d’un troupeau reviennent à moins de 15 € », précise Alain Joly. À titre de comparaison, un test avec une boucle auriculaire, par exemple, avoisine 12 € pour un seul bovin. L’intérêt économique est donc réel. « De plus, ajoute André Briend, il est probable que la suppression des quotas amène un certain nombre d’éleveurs à déléguer l’élevage de leurs génisses. Et dans cette optique, la garantie non IPI des veaux à la naissance présente un réel intérêt. » En 2013, environ 40 % des cheptels laitiers bretons satisfaisaient aux conditions requises et 196 000 veaux ont été garantis non IPI par ce dispositif.


Une garantie non IPI à vie évitant un contrôle individuel en cas de vente


En 2014, plus de la moitié des cheptels devraient être concernés avec plus de 250 000 veaux garantis. Les élevages qui ne respectent pas toutes les conditions pour voir leurs veaux certifiés non IPI dès la naissance peuvent utiliser les outils plus classiques qui étaient déjà disponibles, comme les tests individuels. « Mais l’objectif est vraiment que le maximum d’élevages laitiers entrent dans le cadre de la garantie des animaux par les critères épidémiologiques. » Un travail interrégional en collaboration avec les Pays de la Loire, la Normandie et la région Centre a par ailleurs démarré afin de voir comment le même type de démarche pourrait être appliqué aux cheptels allaitants à partir des résultats sérologiques de prophylaxie annuelle.

Des résultats probants en Bretagne

Lorsque les plans BVD ont démarré, on dénombrait en Bretagne un peu moins de 40 % d’élevages laitiers en catégorie A (indemnes). Ils représentent maintenant près de 80 % du total. À l’inverse, la proportion d’élevages infectés avec une forte circulation virale, qui était de 38 % au début de l’action, n’est plus que de 7,7 %. « Et la majeure partie (85 %) de ces élevages classés en D ne détiennent plus d’IPI. L’éradication de la BVD est donc en bonne voie, même si quelques cantons présentent une situation plus délicate », relate Alain Joly. Des actions spécifiques seront également nécessaires vis-à-vis des filières d’engraissement (veaux de boucherie et broutards).

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