Aller au contenu principal

Désherbage du maïs
Pas d´échecs retentissants après l´interdiction de l´atrazine

Un coût du désherbage du maïs sensiblement plus élevé, mais des résultats globalement corrects. Tel est le bilan tiré après deux années d´interdiction de l´utilisation de l´atrazine.


« Pour l´heure, les conséquences liées au retrait de l´atrazine sont plus d´ordre économique que technique, estime Thierry Juszczak, de la chambre d´agriculture de la Meuse. En 2002, avant l´interdiction de l´utilisation de l´atrazine, le coût du désherbage sur le département s´élevait en moyenne à 50 euros par hectare. Sur la dernière campagne, il a atteint 69 euros, et représente désormais 20 % des charges opérationnelles de cette cultures. » De son côté, Arvalis évoque une augmentation des coûts de désherbage de l´ordre de 15 euros par hectare. « Il s´agit là d´une estimation réalisée à partir de la progression du chiffre d´affaires des firmes phytosanitaires », indique Bertrand Carpentier, d´Arvalis-Institut du végétal. Dans le Finistère, l´augmentation apparaît plus sensible, affichant 20 euros supplémentaires par traitement. Pour les techniciens, cette hausse s´explique tout d´abord par une augmentation des doses apportées. « Les éleveurs recherchent la sécurité, ils ne lésinent pas sur les quantités », constate Thierry Juszczak.
Le manque de rémanence des désherbants de post-levée est aussi en cause. « Cela contraint à multiplier les passages en cas de levées échelonnées, note René Diverrès, de la chambre d´agriculture du Finistère. D´autre part, les « trous » de certains herbicides nécessitent aussi d´associer différentes molécules pour venir à bout des adventices rebelles. »
Le spectre de deux herbicides associés ne correspond pas toujours à l´addition des spectres des deux produits utilisés individuellement. ©S. Roupnel

Traiter avec le bon produit au bon moment
Certes, le coût du désherbage a augmenté, mais l´efficacité du désherbage est-elle au rendez-vous ? « Globalement, elle l´est, répond en substance Bertrand Carpentier, en rappelant que les deux dernières campagnes ont été assez favorables au désherbage. Toutefois, il est indéniable qu´à la récolte, les parcelles sont plus sales qu´il y a trois ans. » Sur ce point, les mentalités évoluent. Aujourd´hui, les éleveurs admettent plus facilement un salissement des parcelles en fin de cycle de la culture ; ils apprennent aussi à gérer les adventices à l´échelle de la rotation.
Côté flore, l´évolution redoutée avec l´absence d´atrazine ne s´est pas faite attendre. « En dehors des chénopodes et morelles, on observe tout un cortège de mauvaises herbes que l´on ne voyait pas auparavant, relève René Diverrès. Les mercuriales, véroniques, renouées des oiseaux, renouées liseron et persicaires, mourons, séneçons, capselles, matricaires, gaillets et autres fumeterres sont bien présents. »

L´année 2005 semble cependant marquer une pause dans la diversification. La diversité de la flore est la même qu´en 2004, mais avec une densité de population plus faible. Une constatation, certainement liée aux conditions sèches de l´année.
« Face à cette nouvelle flore, nous disposons de solutions chimiques pour la quasi-totalité des cas, souligne Bertrand Carpentier. Mais encore faut-il parvenir à bien identifier les adventices, et à les traiter avec le bon produit au bon moment. » Sur la dernière campagne, les échecs de traitement ont surtout concerné les stratégies de post-levée. Notamment si l´éleveur s´est limité à un seul passage, ou s´il est intervenu trop tard par rapport au stade des plantules. « Sur les mercuriales et renouées par exemple, il est impératif d´agir au stade 2-4 feuilles », rappellent les techniciens. D´où la nécessité d´une reconnaissance précoce des adventices. Autre erreur rencontrée : l´impasse d´un passage en post-levée si le traitement de pré-levée a bien fonctionné.

Sur le terrain, la stratégie la plus sécurisante, alliant un traitement de pré et post-levée, a la côte. « En 2005, elle a concerné la moitié des parcelles en maïs du département », précise Thierry Juszczak. Le « tout en pré-levée », par contre, semble perdre du terrain, représentant seulement 13 % des surfaces traitées. Selon une autre enquête réalisée par Arvalis, un hectare de maïs sur deux ne recevrait qu´un seul traitement herbicide.
En savoir plus
Les chambres d´agriculture de Bretagne, en collaboration avec Arvalis-Institut du végétal, viennent de publier un guide sur le désherbage du maïs. Bien conçu et riche en informations, il présente un panel de solutions et de conseils pratiques.
Tél. 02 98 52 49 11.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">collecte de lait sur une ferme</em>
Début mai, la collecte de lait française confirme sa baisse par rapport à 2025
En France, la collecte de lait de vache en mars a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans. Mais en avril et début mai, la…
<em class="placeholder">Nicolas Bazart, éleveur laitier au milieu de ses vaches en préparation au vêlage.</em>
Prépa vêlage : « Nous utilisons un capteur de phosphore pour nos vaches », dans la Meuse

Le Gaec de l’Épine dans la Meuse a modifié la conduite de ses vaches en prépa vêlage. La ration n’est plus préparée sur la…

Publicité
Titre
VENTE FLASH
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[VENTE FLASH] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière