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Par terre, terrassée...

Quelle raison a-t-elle de se trouver par terre et dans l’incapacité de se relever ? Elle est jeune, elle est seule dans une parcelle, elle est en bon état corporel, elle a de quoi manger - et que des bonnes choses - et elle vient d’être tarie. Jacques ne voit pas très bien où peut être le problème. Et tous cas, son problème n’a probablement pas une origine traumatique. On a beau être dimanche soir, j’y vais voir.

De ce coup-là, elle est allongée sur le flanc en triste état, elle émet une plainte à chaque expiration. Pas de fièvre mais une diarrhée, pas comme de l’eau mais bien fluide quand même et avec une odeur désagréable ; un coeur rapide, ce qui n’est jamais très bon signe ; les muqueuses rouges malgré le froid ; le rumen en grève et une mamelle bien souple. La dégringolade est bien rapide pour une vache qui a été tarie hier matin de très bonne humeur et qui se retrouve ce soir en état de choc.

Péritonite aiguë ? Salmonellose? Mammite toxinique ? Il ne faut pas se fier aux apparences. J’attrape donc le trayon avant gauche qui se trouve à portée de main et je tire dessus. D’abord quelques grains puis un lait altéré, jaunâtre. Bonne pioche. Inspection des trois autres quartiers. J’ai un doute pour le quartier arrière droit. Je prélève le lait de mammite dans un flacon stérile parce qu’il sera nécessaire d’y voir plus clair…

EAU CHAUDE ET JAVEL

Malgré un traitement offensif, elle meurt le lendemain. Le labo met la main sur un pseudomonas, tueur bien connu qui opère généralement au moment au tarissement. Reste à savoir si cette bactérie est entrée avec une souillure en même temps que la crème à tarir, le samedi matin, ou si elle était dans la mamelle depuis déjà plusieurs semaines et qu’elle a simplement profité de l’arrêt de la traite pour se multiplier frénétiquement en sécrétant ses toxines tueuses.

Quelques questions me mettent sur la voie d’incidents possibles. La procédure utilisée au moment de la mise en place des tubes à tarir me paraît bonne mais celle qui concerne au quotidien les lavettes me laisse quelques doutes car en fin de traite Jacques les essore dans de l’eau chaude puis les laisse tremper entre deux traites dans de l’eau javellisée mais chaude.

Eau bien chaude et javel ne font pas bon ménage, le chlore s’évaporant très vite. Je retourne quelques jours plus tard dans l’exploitation pour prélever le lait de cinq vaches. Pas de pseudomonas. Mais désormais, l’eau dans laquelle trempe les lavettes est froide.

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