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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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« Nous avons mis des plaques en béton préfabriquées rainurées »

Dans le Nord, le Gaec des Epeches a profité de sa proximité avec la Belgique pour trouver une solution compatible avec le confort des 120 Prim’Holstein du troupeau et un projet de méthanisation.

Hubert Raviart et son frère Yves-Marie ont beaucoup cogité avant de signer leur bon de commande pour la construction de leur nouveau site. Finalisé en 2015, le projet portait sur la construction d’une stabulation (66 m de long, 22 m de large, 1 % de pente) avec 120 logettes et deux robots de traite. « Au départ, nous avons pensé à des logettes paillées. Mais cela faisait beaucoup de paille à rentrer et stocker. Pour notre projet de méthanisation, le lisier frais est plus adapté », souligne Hubert Raviart. Exit également les systèmes caillebotis. « Ils coûtent cher et peuvent poser des problèmes d’ambiance dans les bâtiments. » L’éleveur s’est également interrogé sur leur avenir en France, compte tenu de l’évolution de la réglementation aux Pays-Bas. « Les caillebotis classiques ne sont plus subventionnés mais sont toujours autorisés aux Pays-Bas », précise cependant Bertrand Flament, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture du Nord.

Des dalles posées sur des longrines en béton

Les deux associés ont finalement trouvé une solution en Belgique. « Nous avons visité des élevages qui avaient des couloirs d’exercice en béton préfabriqué rainuré. La société Cobefa nous a amené les plaques et les a installées. Les dalles sont posées sur des longrines en béton (30 cm x 30 cm) coulées de chaque côté des couloirs. La préfosse (100 m3) et la fosse sont à l'extérieur du bâtiment », souligne Hubert Raviart. Entre les longrines, le sol est en terrain stabilisé.

Les racleurs à chaîne passent toutes les deux heures dans les deux couloirs. « Cette fréquence est primordiale pour que les vaches aient les pieds propres », insiste Hubert Raviart. Les racleurs sont équipés de peignes en caoutchouc. Ils poussent les urines et les bouses à l'extérieur de la stabulation vers un canal avec un tuyau de 600 mm de diamètre. Ce dernier est relié à la préfosse. « Une pompe à deux voies permet de renvoyer un peu de lisier dans le canal pour faire effet chasse d’eau. Cela facilite l’évacuation du lisier vers la préfosse puis la fosse située à une trentaine de mètres de la stabulation », explique l’éleveur.

Pas de caillebotis devant les deux robots

Globalement, les deux frères sont très satisfaits de leur choix. Petit bémol cependant, ils regrettent de ne pas avoir suivi un des conseils du service bâtiment de la chambre d'agriculture. « Il nous avait conseillé d'installer des caillebotis avec une préfosse au niveau des deux robots de traite. Mais comme cela représentait un surcoût, nous n’avons pas retenu l’idée. On nettoie donc cet espace deux fois par jour, mais ce n'est pas idéal. »

Les éleveurs n'ont également pas retenu les dalles avec un revêtement en caoutchouc. " Cette solution était trop coûteuse, mais nous regretterons de ne pas l'avoir choisie car pour le confort des animaux cela doit être bien. Par contre, nous avons des matelas sur les logettes ", précise Hubert Raviart..

Par ailleurs, conscients de l’impact d’une bonne ventilation sur l’ambiance générale du bâtiment et la vitesse d’assèchement des sols, les associés n’ont pas lésiné sur les investissements dans ce domaine. « Nous avons installé des rideaux amovibles de chaque côté du bâtiment et un système de ventilation dynamique, couplés à une station météo. » Désireux d’aller encore plus loin dans la lutte contre les problèmes de santé du pied, les éleveurs projettent d’installer un système de désinfection des pieds au niveau des robots.

Le saviez-vous

Vu en Belgique

Suite à des visites d'élevages en Belgique, les éleveurs ont décidé de surélever le sol côté cornadis d'une petite dizaine de centimètres sur 40 cm de long. « Les vaches y posent leurs pattes avant. Quand le racleur passe, elles n'ont que les pattes arrière à lever », souligne Hubert Raviart.

Avis d’expert

Bertrand Flament, chambre d’agriculture du Nord

« Ce sont des produits de qualité et rapides à installer »

« L’idée est de limiter le temps de contact des pieds des vaches sur des zones humides grâce à un rainurage profond (profondeur variable selon les modèles et fabricants). Les dalles préfabriquées sont proposées avec une largeur minimale de 2 m, et jusqu’à 4 m (hausse par paliers de 25 cm). Elles mesurent 1,20 m de long. Lorsqu’elles sont posées sur des longrines (indispensable quand la fosse est à l’extérieur), l’étanchéité entre les dalles est assurée par la pose d’un joint en silicone. Ces dalles sont fabriquées en usine dans des conditions idéales de coulage et séchage. Les rainures sont plus profondes et régulières que celles effectuées après coup. Cela permet d’utiliser un racleur droit équipé de bandes en caoutchouc avec des doigts qui épousent la forme des rainures. Elles coûtent environ 20 euros de plus au mètre carré que les caillebotis. Il existe une version avec des caoutchoucs pour améliorer le confort des animaux, notamment du côté des cornadis. Il existe d'autres solutions que ces dalles qui selon les contextes peuvent être mieux adaptées. »

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