Aller au contenu principal

Mutualiser les moyens des éleveurs transformateurs bio

Le réseau national Invitation à la Ferme, lancé officiellement au Salon de l’Agriculture, vise à développer les ventes de produits laitiers bio fermiers en grande distribution.

© V. Bargain

Créé en novembre 2014, le réseau Invitation à la Ferme rassemble pour l’instant cinq exploitations bio de Loire-Atlantique, Vendée, Ille-et-Vilaine et Finistère. Toutes transforment 100 000 à 250 000 litres de lait en yaourts et desserts lactés qu’elles commercialisent en restauration collective, GMS, magasins spécialisés… « En grande distribution, les produits fermiers représentent une très petite partie des ventes de produits laitiers, constate Jean-Michel Péard, ancien associé d’une des fermes, devenu salarié du réseau. Plusieurs freins expliquent cela : le prix plus élevé des produits, leur goût plus typé, les variations de qualité, les investissements et le temps de travail nécessaires, le manque de moyens pour entrer en grande distribution, communiquer… Nous avons donc souhaité mutualiser nos moyens pour agir sur tous ces points et développer les ventes de produits laitiers bio fermiers en GMS. »

Pour cela, les éleveurs ont créé la SAS Invitation à la Ferme. La structure emploie deux salariés, Jean-Michel Péard en développement et marketing et Guillaume Antoine, ingénieur production issu de l’industrie laitière. Chaque exploitation est actionnaire de la SAS et lui verse un pourcentage de son chiffre d’affaires. Pour harmoniser les produits, les éleveurs se sont mis d’accord sur les recettes et ont établi un cahier des charges qui implique 70 % d’herbe minimum dans l’alimentation, l’utilisation exclusive d’arômes naturels, des emballages fabriqués en France… Ils se sont aussi organisés pour avoir les mêmes ingrédients et emballages, ce qui leur a permis d’harmoniser la présentation des produits, d’avoir accès à de nouveaux fournisseurs et de baisser les prix. « Tous les élevages ont aujourd’hui les mêmes pots et les mêmes cartonnages, qui portent le logo du réseau mais aussi le nom de la ferme, souligne Jean-Michel Péard. Le but est que les produits se ressemblent et soient identifiables partout en France, mais qu’ils gardent aussi leur identité et leur typicité ». Pour les confitures utilisées dans les yaourts, le réseau a trouvé un fabricant français qui leur fournit des produits élaborés à partir de fruits français en poches de 5 ou 12 kg, alors que la plupart utilisaient des pots de 750 g. Et pour leurs commandes, ils utilisent tous désormais l’outil en ligne Panier Local.

Étendre le réseau sur toute la France

Les éleveurs ont aussi développé des outils de communication communs. Et, en plus de rationaliser leurs achats, ils ont travaillé sur la rentabilité des exploitations, pour pouvoir proposer des prix harmonisés. Chacun continue par contre à gérer seul ses fabrications et sa commercialisation, même si des synergies sont envisageables localement. L’objectif aujourd’hui est d’étendre le réseau pour atteindre si possible 100 fermes en 2017-2018. Pour cela, en plus des outils marketing, le réseau propose aux éleveurs un appui technique et un partage des compétences leur permettant d’aller plus vite dans leur développement. « Le but est que les éleveurs évitent les erreurs que la plupart font quand ils démarrent seuls, précise Guillaume Antoine. Nous pouvons par exemple proposer un laboratoire type, pour éviter les erreurs d’investissement, ou encore aider les éleveurs dans leurs recettes, la mise au point d’une gamme, les démarches commerciales… ». Tous les éleveurs bio ou souhaitant se convertir sont les bienvenus, sur toute la France.

Une gamme de vingt références

La gamme de produits Invitation à la Ferme compte pour l’instant vingt références de yaourts nature, yaourts aux fruits ou aromatisés (abricot, fraise, cerise, framboise, myrtille, vanille), desserts lactés (riz au lait, crème chocolatée…). Toutes sont à base de lait cru, non standardisé ni homogénéisé. Chaque éleveur du réseau peut piocher dans la gamme (recettes, emballages) et met ses recettes à disposition du réseau s’il crée de nouveaux produits. À terme, le réseau pourrait être étendu aux yaourts au lait de chèvre ou de brebis.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Magalie Lelong. « Grâce aux robots, je peux consacrer plus de temps aux vaches. Je les connais aussi bien que quand j’étais en salle de traite. »
« Avec un robot, c’est 360 jours de bonheur par an »
Au Gaec de la Rue, dans la Manche. Ayant 700 000 litres de lait en plus à produire et 160 vaches à traire, les associés ont opté…
Quelle que soit la longueur de coupe, elle doit être franche pour ne pas défibrer le maïs, et les grains doivent être pulvérisés pour optimiser leur digestion et limiter le gaspillage d’amidon.
Gare aux effets de mode sur la longueur de coupe des ensilages de maïs
Brins courts, brins longs… Le choix de la longueur de coupe est propre à chaque élevage. Il n’y a pas de recommandation…
Les trois associés, Hélène et Flavien Servot et Maguy Maury, peuvent gérer seuls le fonctionnement des robots.
Deux robots et du pâturage pour 136 vaches
Le Gaec de la Berquerie, dans la Manche, a conçu son bâtiment et son système pour que les vaches soient toujours libres d’aller…
tourteau stocké à la ferme
Dépendance au soja : La diversification des ressources protéiques s'accélère en filière bovin lait
Répondre à la demande en "zéro déforestation". Réduire l'exposition à la volatilité prix. Améliorer le bilan carbone. La…
La collecte laitière française reculait moins la première semaine de mars : -1,3 % par rapport à 2020.  © J. Chabanne
Prix du lait : la Coopération laitière prévoit une hausse de 13 à 15 €/1000 l sur 2021
«Nous prévoyons une hausse du prix du lait payé aux producteurs adhérents des coopératives de 13 à 15 euros les 1000 litres pour…
Un projet bâtiment, ça ne s’improvise pas
Un projet bâtiment, ça ne s’improvise pas
Une enquête auprès de 456 éleveurs laitiers français ayant construit un bâtiment depuis moins de dix ans a été menée au printemps…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière