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« Modlait nous aide à définir notre stratégie » affirme le président de la fruitière de Plasne-Barretaine

Pour réguler la production après les quotas laitiers, les AOP de Franche Comté misent sur la pédagogie et l'autodiscipline. Exemple de la coopérative de Plasne-Barretaine dans le Jura qui a mis en place une stratégie pour anticiper les changements.

Claude Paget, président de 
la coopérative de la Plasne-Barretaine. « Il ressort de notre enquête producteurs une hausse de la collecte de 11 % à l’horizon 2018. »
Claude Paget, président de
la coopérative de la Plasne-Barretaine. « Il ressort de notre enquête producteurs une hausse de la collecte de 11 % à l’horizon 2018. »
© C. Pruilh

La coopérative de Plasne-Barretaine (Jura) compte 23 exploitations livrant 6 millions de litres de lait (1,7 million en bio). La coopérative fabrique du comté : 90 % est vendu en blanc au bout de trente jours en cave, et 10 % est affiné à façon et vendu en circuit de vente de proximité. Elle fabrique aussi du morbier et d’autres pâtes pressées non cuites (PPNC), équivalent de 450 000 litres.
« Notre coopérative a bien anticipé la sortie des quotas en préparant un système de volumes-prix différenciés dès 2010, expose Claude Paget, président de la coopérative. Il n’a pour l’instant pas servi, vu que nous manquions plutôt de lait. Notre volume A est le volume «plaqué» , déclinaison du plan de régulation de comté (lire encadré). Le prix A est fonction de la valorisation du comté. Le volume B correspond à nos marchés en PPNC. Le prix B est le même que le prix A, car notre morbier est aussi bien valorisé que le comté. Le volume C part sur le marché spot. Le prix C est celui du spot auquel on retire 100 % des charges de la coopérative ; c’est très dissuasif. » La coopérative a fait le choix de soutenir le facteur humain ; la répartition des volumes B entre les exploitations est faite suivant la main-d’œuvre travaillant sur l’atelier lait.


Favoriser le facteur humain dans les attributions de volume


La coopérative teste la prévision de production. Un tableau à remplir est envoyé trois fois par an à chaque exploitation. La première ligne rappelle à l’éleveur ses livraisons mensuelles de la campagne précédente. L’éleveur remplit son prévisionnel mensuel, et une troisième ligne sert à renseigner le volume réellement livré. Un deuxième tableau indique la situation globale de la coopérative. « Notre objectif est d’envoyer chaque mois le tableau, pour affiner la prévision en cours d’année », souligne Claude Paget.

Nous affinons notre projet d’investissement


« Il y a deux ans, une baisse de la production laitière (conjoncturelle liée au climat et structurelle avec une conversion en viande et une vente d’exploitation), associée à une hausse de nos marchés morbier et autres PPNC et à une hausse de nos références comté (plaques vertes), nous a amené à une réflexion sur notre politique pour les cinq ans à venir.
Entretemps, est arrivé Modlait. À l’issue des enquêtes producteurs, en retenant les projets les plus sûrs, il en ressort une hausse de la production, entre 600 et 800 000 litres de plus, à l’horizon 2018 (+11 %). Nous manquerions alors à peine de lait, avec une prévision de marché qui poursuit les tendances actuelles, ce qui n’est pas gagné ! Au final, nous avons décidé d’investir. Soit nous ne ferons que des caves supplémentaires pour les PPNC. Soit nous investirons pour augmenter nos capacités de fabrication et de caves en PPNC. Le choix final dépendra de l’étude de marché et des montants d’investissement. »

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