Aller au contenu principal

Mieux piloter son irrigation en groupe et avec des sondes

Dans le Sud de la Sarthe, neuf exploitations se sont regroupées pour mieux piloter leur irrigation à l’aide de tensiomètres.

Le coût des six sondes s'est élevé à 1700 euros, subventionné à hauteur de 50 % par l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne. L'abonnement GPRS et la révision du matériel coûtent 50 euros par an.
© AGR'Eau Val de Loir

Créé en 2012, le groupe AGR’Eau Val de Loir regroupe neuf exploitations de polyculture-élevage avec irrigation et adhérentes à un GDA du Sud Sarthe. « Ces exploitants voulaient mieux gérer l’irrigation principalement sur maïs, explique Laëtitia Temen, de la chambre d’agriculture de la Sarthe, intervenante technique pour le groupe. Ils souhaitaient aussi avoir des références et pouvoir mieux communiquer sur l’irrigation auprès des non irrigants et du grand public. »

En 2013, les exploitations se sont équipées de tensiomètres pour lesquels ils ont reçu une aide de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne. Chaque exploitant dispose d’un ou deux jeux de six tensiomètres, trois à disposer à 30 cm de profondeur et trois à 60 cm de profondeur. Une formation leur a été apportée par le fournisseur, Challenge Agriculture, et par la chambre d’agriculture sur la façon de poser les sondes et l’emplacement à choisir, qui doit être représentatif de la parcelle. L’agriculteur entre ensuite sur un serveur quelques données sur la parcelle (texture du sol, variété, date de semis, date de floraison, durée du tour d’eau, stade de la culture lors de la pose) qui permettent l’établissement de courbes avec des seuils de déclenchement et des seuils de stress hydrique. Les données des sondes sont transmises à un boîtier puis, par GPRS, à un serveur où elles sont traduites sous forme de courbes.

Chaque agriculteur peut en permanence consulter ses courbes sur son ordinateur ou son smartphone. Les données sont consultables aussi par Laëtitia Temen qui envoie chaque semaine aux membres du groupe un bulletin faisant le bilan sur les neuf exploitations. Les données d’AGR’Eau Val de Loir servent aussi pour le conseil à l’irrigation du maïs pour l’ensemble des irrigants sarthois. Quatre fois par an, des rencontres du groupe sont organisées : en début de campagne pour faire le point sur le matériel qui est révisé chaque année, en cours de campagne pour un profil de sol, à l’arrêt de l’irrigation, et à l’automne pour un bilan de campagne.

Un ou deux tours d’eau en moins

Depuis 2013, les neuf exploitations irriguent donc leur maïs à partir des tensiomètres et des échanges au sein du groupe. En 2017, quatre exploitations ont également installé des sondes sur du blé. « Les courbes sont très visuelles et faciles à interpréter, souligne Guillaume Loyer, agriculteur référent du groupe. Elles permettent d’utiliser moins d’eau et de l’apporter mieux. Pour ma part, je démarre l’irrigation un tour plus tard qu’avant et je fais le premier tour à demi-dose. Et en fin de campagne, j’arrête en général un tour plus tôt. » En moyenne, de 2013 à 2016, les neuf exploitations ont démarré l’irrigation du maïs 8-10 jours plus tard, économisé un ou deux tours d’eau et réduit les quantités apportées. Les quatre exploitations ayant utilisé les tensiomètres sur blé en ont également été très satisfaites.

« Aucun de nous ne reviendrait en arrière, assure Guillaume Loyer. On est plus serein et plus efficace. C’est un outil d’aide à la décision très bénéfique. Le fait de travailler en groupe est aussi très intéressant. Comme nous avons différents types de sol, équipements, techniques, cela permet d’échanger, de comparer, de réfléchir. » Les neuf exploitations communiquent aussi plus facilement sur leurs pratiques d’irrigation, dans des journées techniques et des comices agricoles.

Véronique Bargain

"Un système fiable et pratique"


Nicolas Courtois, éleveur à La Bruère-sur-Loir dans la Sarthe, irrigue 40 ha de maïs. « L’irrigation est nécessaire pour sécuriser le fourrage. J’avais déjà des tensiomètres mais il fallait aller les relever au champ et comme il y en avait peu, les données étaient moins fiables. Avec AGR’Eau Val de Loir, j’ai pu m’équiper de deux jeux de six sondes car je cultive du maïs sur deux sites aux sols très différents. Je regarde les courbes trois fois par semaine. Je m’en sers notamment pour déclencher le premier tour d’eau et après les pluies, pour savoir quand recommencer. Cela permet aussi de savoir si j’ai apporté assez d’eau. Cette année, avec 30 mm, la courbe n’a pas bougé car les sols étaient très secs. Mais en moyenne depuis 2013, j’économise au moins un tour d’eau. C’est intéressant aussi de pouvoir échanger dans le groupe, de travailler ensemble sur les chiffres, de voir comment on peut s’améliorer. »

Les plus lus

<em class="placeholder">vache couchée dans logette au Gaec de Veline (Meuse)</em>
Quatre leviers pour améliorer la longévité de vos laitères en limitant les réformes subies

Une vache n'est rentable qu'à partir de sa troisième lactation. Pour y parvenir, il est nécessaire de réduire le nombre de…

<em class="placeholder">« Pour bâtir notre système, nous avons beaucoup investi. Cela a été un sacrifice mais la moitié des emprunts s’arrêtent dans trois ans », confient Pascale et Pascal ...</em>
« Nous ne produisons pas plus de lait que ce que notre surface en herbe peut donner », dans les Ardennes

À l’EARL des Quatre Pâquis, dans les Ardennes, Pascal et Pascale Colson misent tout sur l’herbe, que ce soit pour l’…

Mathis Pétron
Mathis Pétron, salarié en élevage laitier dans l'Orne : « J'ai envie de faire des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes »

Mathis Pétron est salarié depuis un an et demi à l'EARL Toutain JM, un élevage laitier de l'Orne. Il apprécie les…

<em class="placeholder">troupeau de vaches laitières à la traite </em>
Une collecte de lait de vache et un prix du lait au sommet en 2025, avant un retournement en 2026

En France, l’année 2025 a été marquée par une collecte et un prix du lait en hausse comparé à 2024. Décembre amorçait un repli…

<em class="placeholder">silo d&#039;ensilage de ray-grass d&#039;italie</em>
Ensilage d'herbe : l’intérêt économique du recours à un conservateur se calcule
Arvalis met en perspective les coûts des conservateurs par rapport aux gains potentiels qu’ils peuvent offrir sur la base des…
<em class="placeholder">Jérémy Moy devant la table d&#039;alimentation de la stabulation</em>
« +104 €/1 000 l de marge brute tout en maîtrisant l’empreinte carbone de l’exploitation laitière », en Loire-Atlantique

Au Gaec Le Pré des chênes en Loire-Atlantique, l’empreinte carbone de l’atelier lait a diminué de 9 % en dix ans.…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière